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Association pour l'Histoire du Scoutisme Laïque

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La prochaine « journée de la mémoire » aura pour thème la laïcité…

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… et l’histoire de la laïcité dans notre scoutisme

 

 

Le Comité Directeur des EEDF a accepté le principe de l’organisation en commun d’une nouvelle « journée de la mémoire du scoutisme laïque », en principe le 23 novembre prochain à la maison des Éclés à Noisy.

 

L’articulation en sera, comme les années précédentes, partagée entre nos deux associations :

-   le matin, la partie "historique" sera assurée par l’A.H.S.L. et proposera une série d’interventions sur les définitions de la laïcité dès 1911 par les Éclaireurs Français et les Éclaireurs de France, les évolutions de ces définitions et leur place dans le scoutisme international,

-   l’après-midi, la partie "actuelle" sera assurée par les EEDF avec le pilotage de l’Observatoire de la laïcité et des discriminations, par des interventions sur la situation actuelle et une "table ronde" d’échanges avec les intervenants et les participants.


En effet, ce thème est, à la fois, historique et actuel :

-   historique car notre Mouvement a "introduit la laïcité dans le scoutisme… où elle n’était pas" : ce sera l’essentiel de la présentation d’introduction et cette volonté, confirmée d’année en année, a été tout à fait acceptée par le fondateur, même si elle si elle s’est heurtée, et quelquefois gravement, à des oppositions de la part d’éléments qui n’arrivaient pas à en comprendre la volonté d’ouverture à tous -  c’est-à-dire d’universalité… Quelques exemples ci-après.

-   actuelle car, d’une part, les réticences n’ont pas toutes disparu et, d’autre part,  la mondialisation des échanges et des informations créent un contexte nouveau qui rendent notre approche de plus en plus nécessaire…

 


Quelques étapes de cette histoire :

 

Avec la Ligue d’Éducation Nationale, avant la création des deux associations, Georges Bertier :


"Il faut que cette ligue qui va se créer soit vraiment nationale, en dehors des partis politiques, en dehors de nos divergences religieuses.

Ce sera chose difficile, je le sais, en ce pays où l’idée et le mot de neutralité sont honnis…"


Et dès leur création, la "promesse alternative" présentée par le "livre de l'éclaireur" :

 

 

 


Toujours avec Georges Bertier dans les années 20, il y a une "spiritualité scoute" (indépendante de l’adhésion à une religion) :


"Nous devons recevoir dans nos troupes de jeunes adolescents appartenant à toutes les religions ou des jeunes penseurs n’appartenant à aucune religion (…)

Notre vrai bonheur se trouve dans la recherche constante du parfait, dans la beauté et dans l’amour des autres. Voir, comprendre, aimer, vouloir un tel programme de vie, c’est avoir l’esprit éclaireur"


Avec une approbation implicite de Baden-Powell dans les années 30 :


"Notre but est d’éduquer la génération future pour en faire des citoyens utiles ayant un point de vue plus vaste que jadis et, par-là même, de développer la bonne volonté dans le monde, par le moyen de la camaraderie et de la coopération, à la place de cette rivalité qui prévaut dans les classes, les religions et qui a produit tant de guerres et de ressentiments"


Confirmée au plan national par Pierre Deschamps avec l’apparition du terme "laïque" opposé au terme "sceptique" :


"La fédération des Éclaireurs de France est résolument neutre et laïque, elle n’est pas sceptique"


et par André Lefèvre :


"Les mouvements où il est possible de se réunir sans tenir compte des tendances qui divisent sont trop rares, nous avons le privilège d’être de ce nombre, nous en sommes fiers.

Dans la bataille des opinions, l’enfant a trop souvent été l’enjeu. Nous n’avons, nous, de raison d’exister que parce que nous aimons l’enfant pour lui-même"

 

Puis par les statuts de 1947 :


"L’association des Éclaireurs de France, laïque comme l’école publique, est ouverte à tous sans distinction d'origine, de race ou de croyance"


Et, dans les années 50, par Gustave Monod et Pierre François :


"Nous croyons que, pour nous comme pour l’école publique, la mission s’impose d’unir tous les garçons de France que par ailleurs on cherche à cloîtrer ou a fanatiser.

Il est nationalement et humainement dangereux que les enfants et les jeunes soient cantonnés selon leurs croyances et soigneusement abrités de la pensée des autres"


Comme lors du Congrès et de l’A.G. du cinquantenaire en 1961 :


"Les E.D.F. ne sont pas, et refusent d’être, un Mouvement pour incroyants : sa diversité ouverte est sa richesse à défendre, voilà qui est essentiel"


Et, dans les années 80, une nouvelle affirmation,avec la "règle d’or"  au niveau des enfants :


"Nos copains sont tous différents et nous les respectons quels que soient leur origine, leur religion, leur handicap : nous vivons la laïcité"


Pas si facile à comprendre pour le scoutisme international : en 1949, attaque des B.S.A. contre les associations avec la "promesse  alternative" à la Conférence Internationale : vote 72 pour et 72 contre, avec une exigence : "…assurer qu’en aucun cas un chef des Éclaireurs de France, quel qu’il soit, ne peut imposer à ses garçons un enseignement anti - religieux ni se livrer à quelque propagande que ce soit, dirigée contre une croyance en Dieu."

 

La laïcité du Mouvement rejoint la définition « officielle » présente dans la Constitution française :


"La laïcité repose sur trois principes et valeurs :

-     la liberté de conscience et celle de manifester ses convictions dans les limites du respect de l’ordre public,

-     la séparation des institutions publiques et des organisations religieuses,

-    l’égalité de tous devant la loi quelles que soient leurs croyances ou leurs convictions.

La laïcité n'est pas une opinion parmi d'autres mais la liberté d'en avoir une".

 

Mais elle reste un combat ! La suite dans un prochain message : l’actualité de notre laïcité