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Association pour l'Histoire du Scoutisme Laïque

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1945 : un Cappy Route

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Index de l'article
1945 : un Cappy Route
Un camp-école à Cappy
Le samedi 8 septembre
Le dimanche 9 septembre :
Le lundi 10 septembre
Le mardi 11 septembre
Le mercredi 12 septembre :
Suite : activités
Le jeudi 13 septembre
Suite : activités
Le vendredi 14 septembre
Suite : activités
Le samedi 15 septembre
Suite : activités
Le dimanche 16 septembre
Suite : activités
Activités - suite
Le lundi 17 septembre
Suite : activités
Suite et conclusion
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... à Cappy, sous la direction d'Eugène Arnaud, dans l'immédiat après-guerre

 

En 1945, la branche aînée commence à évoluer, mais elle se cherche. Il nous a semblé intéressant de reprendre ici l'essentiel du "cahier de Cappy" d'André Durand, responsable E.D.F. dans la région de Nantes.

En fait, nous sommes au tout début de l'évolution de la branche. la "révolution" initiée par Pierre Buisson n'a pas encore eu lieu...

 

À noter que le carnet d’origine représente une soixantaine de pages qui forment un tout. Nous en avons sélectionné un certain nombre avant de résumer les autres. André Durand a également participé en 1948 à un stage de formation d’instructeurs des CEMEA. Il nous a semblé intéressant de reprendre aussi, dans un article ultérieur, l’essentiel de ses notes, qui permettent de mettre en évidence les différences importantes entre deux approches de la formation des animateurs. Merci à sa fille Claudine de nous avoir transmis ces documents.

 

 


 

 

 

Le « 19ème Cappy Route » du 7 au 18 septembre 1945 est organisé en commun avec les E.U., suivant la tradition bien établie depuis la création du camp-école. Il a lieu à Cappy même, dont c’est un redémarrage après les dégâts subis pendant la guerre : un certain nombre de sujets sont traités « sous le tulipier ».

Le « chef de camp » est Eugène Arnaud, « C.G.A. à l’éducation » chez les E.D.F. ; son adjoint est Robert Chefneux, commissaire national adjoint à la Route chez les E.U. Les instructeurs sont, pour les E.D.F., Jean Libman, Commissaire de Province Alsace, et Charles Jeudy, Instructeur national Montagne ; pour les E.U., Pascal Monod, Commissaire de Province du Lyonnais.


Les participants sont répartis en équipes : André Durand fait partie de l’équipe Pierre Déjean (commissaire national E.D.F., mort en déportation) ; les autres équipes portent les noms de Chouette Lévy-Danon (commissaire E.D.F., fusillé comme otage) ; Le Hen et Jubeau.

Il est intéressant de noter la composition de l’équipe Pierre Déjean : le chef de l’équipe, Jack Noirault, est un chef d’entreprise marseillais. Viennent ensuite :

-   Raymond Michel, inspecteur départemental des mouvements de jeunesse et d’éducation populaire, venu de Laon dans l’Aisne,

-   Gabriel Bouin, instituteur, venu de Noirmoutier en Vendée,

-   Édouard Escouffin, surveillant de travaux publics, de Nice,

-   Moïse Konstadt, horloger, de Barlin, Pas de Calais,

-   Jacques Jousseaume, instituteur, de Saint-Denis de Gâtine en Mayenne,

-   Georges Manceau, élève de l’école coloniale à Paris.

Nous n’avons pas la composition des autres équipes, mais celle-ci est significative : dispersion des origines géographiques et des professions – avec deux instituteurs et un inspecteur de la jeunesse.

 

 

La tente de l'équipe dans le parc de Cappy

 

Le programme quotidien est chargé, de 7h30 dérouillage et toilette à 22 heures silence. Indépendamment des rassemblements et services, on peut noter deux fois deux heures de réunions sur le thème de la Route et deux heures d’activités. À 9h30, le lever des couleurs est accompagne d’un « mot d’ordre » quotidien.


À noter, dans le déroulement du séjour, les « entretiens spirituels » quotidiens, apparemment assurés par des animateurs différents suivant les associations. Pour les E.D.F. c’est souvent Jean Libman qui en a la charge.

 

 


 

Un premier « entretien spirituel » : la spiritualité des E.D.F. ?

 

Animé par Libmann sur le thème :  la spiritualité des E.D.F. ? – avec un point d’interrogation - :

-   L’infini ? dans l’espace et dans le temps

-   But de la vie humaine

-   L’idéal scout est-il suffisant comme spiritualité ? :

-   la loi scoute est déjà un élan de spiritualité,

-   cette solution ne doit être que provisoire

à la loi scoute doit donc être dépassée

-   athée : nie toute existence d’un Dieu quelconque

-   libre penseur : se pose à soi-même le problème de l’infini

 

On apprend un chant : Nous aimons les bois, les prairies…


 

Le thème de journée traité par chaque équipe : la jeunesse de 1945 :

 

Équipe Pierre Déjean :

Généralités : mauvais esprit général :

-   égoïsme,

-   laisser-aller,

-   relâchement de l’autorité,

-   le besoin d’argent, le marché noir,

-   débrouillardise,

-   tendance à la féminité,

-   le besoin d’évasion : camping, bal, politique,

 

Équipe Le Hen :

-   besoin de contradiction chez le jeune,

-   besoin d’être orienté, faculté d’enthousiasme,

-   une certaine maturité de la jeunesse moderne : « émoussement »

-   manque de patience et de persévérance, pas de finesse dans la travail

 

Conclusion

-   déficience de la famille,

-   attrait de l’argent

-   goût de la discussion et de la politique,

-   manque de confiance et d’esprit d’initiative,

 

Travail par équipes : propositions de réponses de la Route au problème de la jeunesse

 

On apprend le chant du tulipier (Cappy, Cappy, Cappy…)

 

 


 

Entretien spirituel : ce qu’est le dimanche pour le libre-penseur :

 

Nous vivons dans une civilisation chrétienne dont nous subissons l’empreinte.

Dimanche :

-   jour du Seigneur, à la gloire du Seigneur pour le chrétien

-   jour de vie spirituelle pour le libre-penseur

Agnosticisme du libre-penseur

Les valeurs essentielles de la civilisation judéo-chrétienne – la morale chrétienne.

L’origine chrétienne du scoutisme (B.P.)

« La religion, c’est aimer Dieu mais aussi son prochain »

Élargir la fraternité entre scouts croyants et non-croyants.

 

 

L'après-midi : visite des environs :

 

-   14 heures : départ de Cappy

Marche d’ensemble jusqu’à Villeneuve sur Verberie puis marche par équipes jusqu’à Saint-Christophe. Dîner dans l’ancienne abbaye à Saint-Christophe.

-   21 heures : veillée sous les voûtes de l’église désaffectée de Saint-Christophe, dirigée par Charles Jeudy.

 

Après la veillée, le chef Arnaud distribue à chaque équipe un travail d’enquête sur sujet général : le reclassement professionnel des prisonniers de guerre.

-   équipe Jubeau : enquête dans Senlis,

-   équipe Le Hen : équipe dans la plaine agricole

-   équipe Lévy-Danon : enquête à Pont Sainte-Marie,

-   équipe Pierre Déjean : enquête dans Creil.

 

On apprend un chant : Notre pays (C’est tant de monts, de plaines…)

 

 


 

 

L'enquête :

 

Réveil à 6h30, départ à 7 heures, enquête de 9 heures à midi et de 14 à 20 heures, compte-rendu de 21 à 24 heures. La journée à Creil a également permis de visiter la ville et, en particulier, l’église Saint-Médard, le carnet témoigne d’une prise de notes sur les étapes de la construction du 12ème au 16ème siècle :

 

 

 

 

Les résultats de l’enquête :

75 à 80 % des anciens prisonniers ont repris leur travail d’avant-guerre, quelques-uns ont changé, en particulier en choisissant le service public ou en ayant appris un métier nouveau en Allemagne. Il est fait état de difficultés matérielles, surtout pour les artisans dont l’atelier a été détruit par un bombardement, sans possibilité de se procurer des matériaux ou des crédits pour reconstruire. À noter également la situation difficile de nombreuses femmes de prisonniers.

 

Le jugement sur l’enquête :

Enquête intéressante. A permis le contact avec les autorités officielles (Maison du prisonnier, Office du Travail, Association départementale des P.G., Société de secours mutuel des artisans et travailleurs indépendants,…), mais aussi avec des chefs d’entreprises (usines, ateliers) et avec des P.G. rapatriés.

Désir général de travailler ? Situation curieuses à Creil : ce n’est pas une ville où l’on séjourne. On y vient pour travailler, on se retire ailleurs. Aucun esprit de clocher.

La ville a été violemment détruite.

Les résultats et jugements sont similaires pour les autres équipes, sauf pour l’équipe Le Hen qui considère que l’enquête a été plus intéressante sur « les conditions actuelles de travail à la campagne » que sur le sujet du reclassement des prisonniers.

 

On apprend un chant : laisse à la ville tes soucis (Ami, sois gai, gai, gai…)


 


 

Le conseil de clan :

 

Composition du conseil de clan :

-   le chef de clan

-   le conseiller de clan

-   les chefs d’équipes

-   les routiers adoubés

 

Le conseiller de clan :

-   complète l’action du chef de clan qui dirige le clan

-   apporte certaines valeurs humaines

-   ne doit pas être trop vieux

 

Attributions du conseil de clan :

-   éviter une direction personnelle du chef de clan

-   permettre aux membres éminents du clan de participer à la direction du clan : éducation à la responsabilité

 

Fréquence des réunions :

-   variable, tous les 15 jours ou tous les mois

 

Comptes-rendus :

-   à faire par écrit après chaque réunion

-   laisser le plus possible d’initiative aux garçons du clan. Le chef peut exécuter d’après leurs desiderata. (exécutif vs législatif)

 

On apprend des chants : Vent de la plaine, Nous étions trois camarades, Les cloches de Harlem, À Lorient la jolie

 

 

 


 

Réunion spirituelle : le problème de la Foi

 

La foi est en chacun de nous.

 

Définition :

Croyance, adhésion gratuite et totale de l'esprit sans démonstration.

La croyance est fondée sans preuves - foi et confiance. Exemple : la foi catholique

Fondée sur la raison.

Les mystères : ce qui est inexplicable et auquel on doit cependant croire.

 

Nécessité de la foi :

La foi dans le scoutisme

La foi dans la vertu maternelle

La confiance mutuelle entre époux

La foi dans un parti politique

La foi en soi-même

 

Dangers de la foi :

La vérité est une

Aveuglement : abandon de la personnalité, élimine tout effort de recherche

Souvent un  phénomène de masse

Fanatisme, excuse tous les crimes, aboutit à l'esclavage. Exemple : nazisme

 

Vertus de la foi :

La foi est une force

Le symbolisme catholique la représente par la couleur rouge, la couleur la plus forte

Permet des réalisations splendides. Exemples : Jésus et ses apôtres, les cathédrales, les croisades, la Libération

Permet l'action : tout pouvoir souverain a besoin de la foi des masses.

Procure la sécurité.

 

Conclusion :

Éviter une foi trop aveugle

Contrôle de la raison

Chercher à comprendre les croyants.

 

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Mot d’ordre : Utilité

 

Prendre le mot dans son sens large ;
Penser à des hommes dont la vie est un rendement. Être une cheville carrée dans un trou carré

Avoir une vie utile = servir les autres. Donner à nos garçons le sens de cette utilité.

Par l’exemple. Par la vie de la Route.

 

La vie de clan :

Le service, activité essentielle du clan

Les activités doivent avoir un but, une utilité.

Que ce but soir perceptible au garçon.

 

L’exemple :

Exemples de vies pleines, au service d’autrui.

Marcel Lévy-Danon : fabricant de vêtements à Lille. Venu au scoutisme par son fils. Devient C.R. du Nord après Robert Lafitte (1937). Vient à Cappy. Assiste au jamboree.

Dans son usine, fut un ami fidèle de ses collaborateurs. Père de famille – un fils scout, l’autre infirme.

Homme cultivé. Vie pleine et riche. Intensité de travail.

Sous son impulsion, la province Flandres-Artois connaît un grand développement.

Replié en 1940, organise la province Limousin -Marche.

Était toujours disponible à chacun : son accueil fraternel.

Courage : ne plia jamais devant l’occupant.

Périgueux : fête d’éclaireurs – incidents – discussion. Refuse la poignée de main d’un officier allemand. Fusillé.

Fit de sa vie quelque chose d’ample, de large, de grand. Jamais de mesquinerie en lui et son œuvre.

 


 

Coup d’œil sur les activités des journées précédentes

 

Consacrées à la vie physique et à la vie de plein air

 

Les camps volants :

 

Contact avec le milieu, humain surtout

Partir sans tente : bivouac, A.J., chez l’habitant, grotte, grange…

Chercher possibilités de déplacements : vélo, auto, SNCF, …

Les considérer comme des moyens et non un but.

Ne pas hésiter à faire du grand tourisme.

Ne pas faire de la marche une chose inutile.

 

Les grands jeux :

 

Doivent être virils, gratuits, de grande envergure.

Objectif vital : gagner sa croûte, trouver son abri.

 

Les enquêtes :

 

Danger de l’enquête Deffontaines.

But de l’enquête : contact avec milieux humains. Ouvrir les yeux et la bouche.

Contact direct avec certains problèmes sociaux.

Être modeste au début.

Donner un but utile à l’enquête.

Aboutir à des conclusions. Mener l’enquête à fond.

Donner un canevas à l’enquête. Préparer le questionnaire en réunion de clan.

Enquête = « économie et humanisme ».

 

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Les techniques d’expression :

 

Définitions :

Expression : manifestation extérieure d’un sentiment, d’une émotion, d’une idée.

Elle révèle la personnalité de l’être. Permet de communiquer des sentiments.

« Le style, c’est l’homme » (Bossuet).

Le Routier a un style de vie. Difficulté de caractériser ce style. Se baser sur des expériences.

Il sait camper – a une vie intérieure – connaissance de la vie et des hommes – corps entraîné – esprit de service.

 

Idées :

1°- Envie de s’exprimer, avoir quelque chose à dire :

Importance de la pensée créatrice (ex : dans une fête de troupe ou de clan)

Recréer la pensée de l’auteur

Sincérité de l’acteur

Eviter aussi le cabotinage

2°- Exprimer, s’exprimer :

Exprimer : la peur, la faim

Réactions animales d’une foule (les foules nazies)

S’exprimer : suppose maîtrise de soi.

 

Les moyens d’expression :

-   la danse : expression corporelle, le rythme.

Exprime une civilisation, le caractère d’une région

-   la musique

-   le chant

-   les beaux-arts : peinture, sculpture, architecture,…

-   le costume : B.P. et les chaussures, le foulard – reflète la pensée

-   l’écriture : la graphologie

-   le livre

-   le silence

-   le chœur : origine religieuse – amorce de toute action dramatique

 

Quelques exercices :

-   marcher selon différents rythmes

-   marcher sur des terrains variés

-   le sauvage découvrant un objet : assiette, ballon…

-   exprimer, suggérer un geste : lever une brouette, soulever un sac…

-   marche victorieuse, suivie d’une retraite péteuse,

-   marche confiante, effroi, recul,

-   phrase à dire sur différents tons

(Équipe Pierre Déjean : il y a de la tarte ce soir)

 

Travail personnel d’expression :

Modelage, dessin, peinture, poésie, musique, objet sculpté…

 

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Les équipes


-   L’équipe de démarrage : 6 ou 7 Routiers

-   Organiser des équipes dès que le clan a un nombre suffisant de Routiers

-   Une équipe doit comprendre de 7 à 10 équipiers (dont le chef d’équipe)

 

Composition :

Par promotions :

-   jeune Route

-   apprentis Routiers

-   Routiers adoubés

Par  spécialisations

 

But :

-   faciliter le travail du chef de clan

-   favoriser l’amitié entre Routiers d’une même équipe

-   meilleurs partage des responsabilités

 

Rôle et choix du chef d’équipe :

Le C.C. peut demander l’avis de chaque équipe pour la désignation de chaque C.E.

 

Formation des C.E. :

Contact personnel entre C.E. et C.C.

Réunions et sorties de C.E. sous la direction du C.C.

C.E.P. ultérieurement

 

 

 


 

Réunion spirituelle : le sentiment paternel (Jean Séguy)

 

La confiance absolue dans l'épouse est nécessaire. Le père ne doit pas douter de sa parenité.

Les caractères de l'enfant sont fixés dès la formation de l'oeuf après la fécondation. Physiologiquement, le père collabore pour moitié dans la fixation des caractères.

Réaction du père en apprenant la grossesse de la femme : la paternité n'est pas une catastrophe, mais une joie.

Incertitude du sexe de l'enfant pendant la grossesse.

Redoubler de sollicitude pour la mère.

Au moment de l'accouchement, le devoir du père est d'assister sa femme.

En cas d'accouchement difficile, le père ne doit pas rendre l'enfant responsable.

Fierté du père en recevant son premier enfant : joie de la création, d'avoir engendré la vie.

Objectivement, le nouveau-né n'est pas beau. Il est sourd et aveugle. Il crie. Il souffre.

Au bout de quelques semaines, l'enfant reconnait.

C'est mourir (?) un peu moins que d'engendrer un enfant. Les traits de famille chez l'enfant.

Les événements : première dent, première bouillie, premiers pas, premiers mots.

La peur d'avoir un enfant anormal.

Naturel, spontanéité, grâce de l'enfant.

Le père est un créateur perpétuel : l'éducation de l'enfant>.

La joie de reproduire. Le besoin du bébé à la maison.

Multiplier la joie de la paternité par le nombre des enfants : éviter l'enfant unique.

 

 

On apprend un chant : Quand le ciel est bleu...

 

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Mot d’ordre : la pureté (chef Arnaud)


L’erreur commune est de donner de la pureté une définition négative : abstention de l’acte sexuel avant la mariage. Éviter les tabous, les choses interdites.

La pureté a un caractère positif : être pur, pour un Routier,

-   c’est avoir une conception haute de la vie et de l’amour, évitant certaines bassesses instinctives,

-   c’est avoir la maîtrise de soi, une discipline personnelle (volonté de puissance),

-   c’est être fier de sa pureté : fier de sa virilité dominée.

 

C’est là un style de vie :

-   goût de l’effort de l’effort,

-   goût de la vie au grand air,

-   goût de l’aventure, de la vie rude et sobre…

 

Ambiance de clan :

-   liberté pour aborder certains sujets délicats de la vie – la défaillance de la famille dans cette lutte de l’adolescent,

-   être simple, net, direct,

-   laver en commun nos corps et nos âmes,

-   l’exemple du chef, ses relations avec les jeunes filles,

-   avoir une vue juste des choses : la pureté parfaite n’existe pas,

Demande au garçon la volonté d’être meilleur, d’aller de l’avant, de s’élever.

Éviter une attitude trop intransigeante.

 

La préparation au mariage :

Donner au garçon les avertissements nécessaires, des conseils.

La pureté de l’homme marié.

 

 


 

Les techniques d'expression

 

Réalisation par équipes d'une exposition sur "le scouticisme", d'après l'article de Mounier dans la revue "Esprit" :

1°- le scoutisme prolonge chez l'adulte des attitudes et des habitudes puériles ; il retarde dangereusement la maturité du garçon.

2°- le scoutisme enseigne aux jeunes le mépris du V.P., du non-scout, et le sentiment que seul le scout est un type "bien" : "hors du scoutisme, point de salut"

3°- le scoutisme, par l'abus de la vie au grand air, dégoûte le jeune de la ville, du progrès, du travail et de la vie régulière. Il compromet sa vie familiale, ses études et sa culture et décourage toute action dans son milieu.

4°- le scoutisme présente les activités de la Route comme des rites religieux (exemple : totémisation, entrée au clan, départ, B.A., ascétisme). Il masque toute vie spirituelle par une symbolique fausse et dangereuse.

 

Ce schéma illustre apparemment le travail de l'équipe Pierre Déjean sur ce sujet. Il est difficilement lisible mais on peut deviner :

 

Tu crois être scout ... mais... tu deviens...

- scoutomaniste :

* de l'art de faire le pipi scout : manuel technique du jet bifurqué

* l'avaleur de kim

- fakiriste :

* siège mortificateur style Cappy

* Routier couchant sur des pointes

- narcissiste :

* fiche de périmètre du biceps

* glace pour contempler le nombril

- ritualiste :

* Routier se prosternant devant le Chef

* scène de totémisation

* scène d'intronisation

- puritaniste :

* Routier fuyant une jeune fille

* chronomètre limitateur

 

Synthèse : Cappy Mecque du scouticisme !

 

 


 

Réunion spirituelle : l'art de vivre (Jean Séguy)

 

Certains mots perdent leur force. Ex : "idéal", "vulgaire" - vulgus = peuple

 

La vulgarité :

 

La vulgarité n'est pas un comportement de classe. La vulgarité est un phénomène très complexe :

- manque de délicatesse : être indiscret, bruyant, encombrant - étalage exagéré du moi, être répugnant

- absence d'un code de savoir-vivre (ce code varie selon les pays et les temps, ainsi qu'entre classes) - la langage...

- est vulgaire ce qui est bas : genre apache, voyou - l'agot

- est vulgaire ce qui est grossier

- est vulgaire ce qui est laid

- manque de discernement

- réalisme exagéré : l'art au contraire est un choix

 

Une force qui pousse à la facilité - un instinct d'économie de l'effort

Vulgaire - peuple -> foule

 

L'enthousiasme :

 

Ne pas confondre enthousiasme et emballement. l'emballement est éphémère. L'enthousiasme dure.

"Être enthousiaste, c'est porter un dieu en soi".

L'enthousiasme est une qualité virile.

Nécessité d'une foi, d'une conviction profonde. Elle est une qualité essentielle du chef.

Beaucoup de chefs ne savent pas convaincre leurs Routiers - les entraîner derrière soi.

Il existe en l'homme des passions nobles.

Savoir doser, entretenir son enthousiasme.

Importance de l'enthousiasme dans le choix d'une activité de clan.

Ardeur intérieure, chaleur du rayonnement.

Il ne peut y avoir de vraie révolution que par l'homme enthousiaste.


On apprend un chant : les gens qui sont jeunes (pourquoi dorment-ils ?)

 

 


 

L'art dramatique (Chefneux)

 

Condition nécessaire : que l'un des garçons ait foi et passion pour l'art dramatique.

Les garçons doivent avoir une certaine expérience de la Route.

Activités diverses nécessaires pour aérer les programmes : enquêtes, sorties, études folkloriques. L'art dramatique est très prenant.

 

Difficultés :


- le répertoire

Très déficient.

Difficulté de trouver un genre au public moderne.

Difficulté de jouer du Chancerel.

Nécessité d'adapter, même les classiques.

 

- le costume

S'inspirer d'un thème classique, l'adapter à notre époque.

Chercher à évoquer le costume de l'époque.

Farces du M.A. - Fables de La Fontaine.

 

- le choeur parlé

Technique contestée

Ne pas en abuser.

Utiliser le dialogue. Éviter la monotonie.

Seuls quelques poèmes s'adaptent au choeur parlé. Ne pas en faire le fond d'un programme.

Peut soutenir une action chorale (les gueux au paradis).

On emploie trop souvent le choeur parlé pour le tragique. Essayer pour le comique.

 

- la danse

Permet la souplesse nécessaire à tout comédien.

 

- la décoration au théâtre

Bien étudier le décor. Praticables. Rideaux de couleur. Projecteurs.

Bonne utilisation des couleurs (costumes).

Styliser.

 

- ombres chinoises

Ce qu'on perd en couleur et en relief, le gagner par la voix et le chant, l'accompagnement musical.

 

- la batterie

Nécessaire

 

- les feux de camp

Retour de temps en temps dans la vie scoute.

Aère le programme d'un clan d'art dramatique.

La technique du feu de camp est à trouver.

 

Suivent quelques éléments d'une bibliothèque d'art dramatique (Chancerel, Hussenot, Comédiens Routiers).

 

On apprend des chants "de circonstances" : C'est l'équipe qui t'appelle, Le plaisir d'être à table, Merci pour votre compagnie, Soyer bénis gens de la cuisine...



 

Réunion spirituelle (Séguy) : De l'élite

 

Étymologie : choix, tri

 

Solutions :

- peut être composée des plus forts, des plus riches,

- une caste, une aristocratie héréditaire,

- ceux qui se distinguent par leur excellence et par des signes extérieurs (exemple : la préciosité)

 

Les adversaires :

- au nom de l'égalité des êtres humains : aucune élite ne doit exister

- au nom du grégarisme : seul vaut le troupeau, la masse

 

Nécessité d'une élite :

- contrainte matérielle : inégalité de fait, échelle de valeurs.

Partout, une élite se dégage de la masse

- le progrès ne peut être réalisé que par une élite.

L'initiative est individuelle

 

Ce que doit être une élite :

Primitivement, les plus forts, les plus astucieux

 

La détection de l'élite :

- la sélection naturelle - ses inconvénients

- la mandarinisme (les concours)

- l'orientation (cooptation)

 

Principe :

L'élite doit se recruter partout et dans toutes les couches

 

Rôle de l'élite :

- ne doit pas être passif : le dilettante, le narcissiste,

- doit être actif : le service

- jouir de certains avantages (secondairement)

 

Défauts :

- jactance,

- esprit de classe

 

Conclusion :

Tout Routier doit tendre à entrer dans une élite

Le scoutisme n'est pas une élite en soi

On est une élite dans son milieu

Le stakhanovisme...

 

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Mot d'ordre : la fierté d'être Routier

 

Ne pas confondre orgueil et fierté.

Orgueil = sentiments égoïste, repli sur soi-même. L'orgueil collectif est plus rare.

Le sentiment de ce qu'on fait de bien, de beau est nécessaire. Trop de modestie est aussi un défaut.

Savoir doser, mesurer ses valeurs.

Fierté : juste appréciation de notre valeur. Moteur indispensable aux hommes :

- sur le plan individuel, la fierté peut devenir dangereuse,

- sur le plan collectif, la fierté peut être bienfaisante

Descartes et le sentiment de la "générosité" : "le point le plus haut où l'on puisse légitimement prétendre" (belle définition)

 

Avoir conscience de ses responsabilités de Routier : être impeccable, fierté de l'insigne,.

Par le Mouvement, vouloir sa propre grandeur.

L'exemple de Pierre Déjean, ses dernières lettres.

 

Chercher à atteindre le point le plus haut auquel nous puissions atteindre...

 


 

Une spécialisation de clan : athlétisme et sports :

 

- pour la jeune Route

- pour un clan d'éducation physique


Contrairement aux autres techniques présentées mises à la disposition de tous (et, en particulier, les techniques d'expression), il s'agit d'une spécialisation de clan. Suivent des recommandations pour sa mise en oeuvre.

 

On apprend une chanson : Nos chansons (Nous chantons tout le long des grèves...)

 

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Le Routier et la politique (Chef Libman)

 

Longtemps, le scoutisme s'est tenu loin de la politique.

Le scoutisme a pour but de former des gens utiles, et, particulièrement, des citoyens.

Il faut distinguer entre action politique et formation politique.

 

Pendant la Route :


1°- Informer le Routier :

- fonctionnement des institutions,

- les partis (éviter la confusion entre l'existence des partis et l'esprit de parti)

Danger du parti unique - c'est un mensonge

- les grands problèmes politiques actuels

 

2°- Les méthodes :


* la documentation :

- Institutions : ouvrages particuliers,

- Partis : journaux quotidiens (prudence) - hebdomadaires - brochures

- Problèmes actuels : exposés par des gens qualifiés


* la réunion publique

 

(Suit une "étude des journaux politiques" de l'époque, sous forme d'inventaire sujet prolongé au cours de la veillée "dans la serre")

 


 

Réunion spirituelle : l'optimisme (Séguy - Libman) :

 

Nécessité pour l'agnostique de se faire une conception de la vie.

Avoir une idée du but de la vie.

Beaucoup de raisons d'être pessimiste, mais aussi d'être optimiste.

Charte de l'Oradou : "optimisme mesuré".

S'attacher aux choses telles qu'elles sont, découvrir dans chaque situation le côté optimiste.

Faire confiance au garçon.

Découvrir ce qu'il y a de beau dans le monde (Duhamel : "La possession du monde" - "Vivre" : Dr Henri Martin - "Le don de vie" - Charlotte Neveu)

Avoir un optimisme mesuré - se garder de la vanité, de l'orgueil.

 

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Mot d'ordre : Commander, c'est prévoir (chef Arnaud)

 

Ne pas vivre seulement dans l'immédiat. Se fixer un but, un programme.

Valeur de l'espérance et de la ténacité.

À notre retour de Cappy, faire le point, fixer un but à notre Route.

 



 

Veillées et cercles d'études (chef Arnaud)

 

Le cercle d'études ne doit pas être une réunion ennuyeuse.

Donner au garçon le désir d'en connaître d'avantage.

Inviter le garçon à discuter, à réfléchir, à exprimer son opinion et sa pensée. Souvent les mots lui manquent. Enrichir son vocabulaire.

Savoir se mettre au niveau du garçon. Ne pas abuser de certains mots trop difficiles.

 

La variété des cercles d'études est nécessaire :

1°- cercle d'étude improvisé (vie morale).

2°- par questionnaire distribué quelques jours à l'avance

3°- présenté par un ou deux garçons - les aider

4°- ouvert par un laïus (chef ou conseiller de clan, orateur...)

 

Toujours adapter le mode au sujet.

Risque : prendre uniquement des sujets d'ordre scout.

Le C.C. doit fixer un programme annuel de cercles d'études, en accord avec le Conseil de Clan. Il ne doit pas être trop rigide.

Ne pas abandonner un sujet quand il a accroché les garçons.

Ne pas toujours chercher à conclure. Laisser le garçon fixer lui même sa conclusion.

Nombre de participants optimum : 10 à 12. Préférer l'équipe au clan. le C.C. et le conseiller de clan peuvent assister aux réunions d'équipes.

Importance du cadre : petite pièce, agréablement meublée. Thé et gâteaux. Réunions chez le C.C., un chef, un Routier.

Le cadre de la veillée.

 

On apprend un chant : les corsaires (Très haut dans le ciel, bravant orage et vent...)

 

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Le chef de clan et le Mouvement (chef Jeudy)

 

1°- Liaison entre le C.C., le C.L., le C.D.D., l'A.C.D.R., le C.Pr e l'A.C.Pr. R.

Le C.D.D. et l'A.C.D.R. doivent veiller à la formation générale de leurs C.C. et de leurs C.E.

(Remarque : cette liste d'initiales met en évidence la "structure" du Mouvement articulée en territoires et en branches : le chef de clan est en relations avec le commissaire local, le commissaire de district ou de département, le commissaire de province et leurs adjoints de branche). La formation est assurée à un échelon décentralisé, le district ou le département.

 

2°- Rôle du conseiller de clan

Mettre sa formation humaine, son expérience personnelle au service des Routiers du clan.

(Un adulte, jouant un rôle de conseil sans avoir de responsabilité hiérarchique,est à côté du chef de clan)

 

3°- Les périodiques :

"Le Routier" devrait attacher une plus grande importance à la formation générale des Routiers.

Pas assez de place pour "la vie dez clans"

"Le Chef" - enquêtes parallèles à celles du Routier, mais, étant destinées aux C.C., pourraient être plus approfondies.

Possibilité de s'abonner aux revues E.U. (abonnement d'ensemble : 70 Frs environ)

 

4°- Les conseils de chefs :
Se réunissent tous les 3 ou 4 mois. Comprennent tous les chefs d'un district.

 

5°- Clan de la Fourche :

Réunit pendant 3 mois environ des garçons appelés à remplir ultérieurement une formation de chef dans un clan. À l'échelon district. Préparation des C.E.P.


 


 

Les Sports aériens (Romain Karl)

 

Suit une présentation de l'historique des sports aériens à partir d'une expérience SDF en 1938, et des possibilités dans ce domaine : modèles réduits pour les louveteaux et les éclaireurs, concours, planeurs, parachutisme pour les Routiers.

 

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La grande soule

 

Jeu réalisé à Cappy le dimanche 16 septembre

 

Deux équipes de 12 gars chacune environ - rouges / blancs.

6 rouges + 6 blancs vont reconnaître l'un des buts dans la nature.

Le koudou appelle, se dirige au son.

En arrivant, demande où est cachée la soule. L'emmène pour la poser au but adverse. Feintes, bagarres...

 

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Le départ routier (chef Arnaud)

 

Se mettre dans l'optique du Routier. Lui donner la possibilité, par le départ routier, de devenir un vrai Routier.

Ne pas réserver le départ routier aux chefs et aux commissaires, ne pas en faire un examen inaccessible au garçon.

Le départ routier doit avoir lieu entre 16 et 21 ans.

Avoir une certaine conception du monde, un style de vie, les désir ardent de servir.

Il ne semble pas que le V.P. qui entre au clan à 16-17 ans soit obligé de faire sa promesse.Elle peut être faite au moment du départ. La promesse peut être remplacée par une cérémonie d'entrée dans la fraternité scoute du clan. Sorte d'engagement écrit, consigné dans le livre d'or du clan.

 

Préparation au départ :

 

Vie au sein du clan. Le camp solitaire de 24 heures (méditation). Le chef d'oeuvre routier.

Parrainage par un Routier adoubé : aide le garçon à prendre son départ. Le parrain donne son avis au conseil de clan.

 

Le départ :

 

1°- Veillée : sujet déterminé par le C.C. et le C. de C.

2°- Jugement : le soir ou le lendemain matin.

Chaque Routier apprécie le garçon qui prend son départ. Doit être préparé par le C.C. et le C. de C.

3°- Le départ routier : doit être simple, sobre. Importance du cadre.

Je désire prendre mon départ

Renouvellement de la promesse

Accolade du chef donnant le départ

Remise de la barrette (RS)

Laïus du chef

 

 


 

Réunion spirituelle :

 

Pour cette dernière réunion spirituelle, tous les Routiers sont assis au rond du tulipier.

Un rapporteur désigné dans chaque groupe spirituel rappelle les problèmes examinés en réunions particulières.

 

1°- Libres penseurs :

Recherche d'une base morale

L'Idéal scout doit être dépassé

Problèmes étudiés :

- la Foi,

- le sentiment paternel,

- l'art de vivre,

- les élites,

- l'optimisme

 

2°- Protestants :

Ont étudié "l'épître aux Romains"

 

3°- Catholiques :

Difficultés de la position des catholiques aux E.D.F.

Excès de laïcisme

Excès du cléricalisme

 

Conclusion (chef Arnaud)

Rencontre de spiritualité dans l'Idéal scout

Convergence d'idées

Sentiment de fraternité

 

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Mot d'ordre : l'amitié scoute (chef Arnaud)

 

Saint-Exupéry : "S'aimer les uns les autres, ce n'est pas se regarder les uns les autres, c'est regarder ensemble dans une même direction".

Double certitude de s'entr'aider, de se rapprocher pour un idéal commun, et de pouvoir compter les uns sur les autres.

L'amitié est l'essence de la Route.

La littérature ne reconnait que l'amitié d'un homme pour un autre homme. La véritable amitié est celle d'un homme pour d'autres hommes. L'amitié scoute n'est pas individuelle. Si l'on va vers les hommes à coeur ouvert, on trouvera de nombreux amis dans la vie.

Établir entre les garçons et nous un lien d'amitié : mériter leur amitié, désintéressement total.

Dans un clan, l'amitié doit être telle que les coeurs des garçons s'ouvrent largement les uns aux autres en toute simplicité.

Quand on approche la vie des hommes, on est terrifié de leur solitude (captivité).

Nécessité de mieux cultiver l'amitié.

Consacrer une partie du temps à nos amis, à ceux qui deviennent nos amis.

 

Non pas gagner un coeur, mais se placer fraternellement à côté de celui qui doute ou qui souffre.

Il y a une certaine pudeur à vaincre : hésitation à parler de soi-même. Savoir parler de soi. Être assez généreux pour donner quelque chose de soi.

Être un rayon de soleil.

 

 


 

La spécialisation (chef Arnaud)

 

(En contemplant la vallée de l'Oise et la forêt de Compiègne)

 

Activité majeure (et non exclusive) à laquelle les Routiers consacrent une bonne partie de leur temps.

- Plein air : montagne, marine, sports aériens, athlétisme...

- Art dramatique

- Spéléologie

- Naturlaisme

- Archéologie...

La spécialisation st le moyen le plus commode de donner un programme au clan répondant aux désirs des garçons.

 

Danger de la dispersion.

La spécialisation permet d'approfondir un travail. Elle est un moyen de formation humaine.

Invite le garçon à se perfectionner sans cesse, à se concentrer.

 

La spécialisation exige un certain matériel et des moniteurs compétents. Donc doit durer longtemps.

À l'âge Routier, faire de grandes entreprises.

Les centres de spécialisation permettent au clans de mieux parfaire leur spécialisation - dirigés par un instructeur national.

 

Faire du travail fini. Goût de l'ouvrage bien faite...

Préférer la spécialisation par clan à la spécialisation par équipes.

Nécessité d'utiliser les compétences extérieures.

Permet aux Routiers de mieux être connus du public.

Choix de la spécialisation : d'après le goût du C.C.

 

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Les programmes du clan (Cheneux, E.U.)

 

Avantages :

 

- force le C.C. à mettre ses idées noir sur blanc,

- permet d'e^tre soumis à la discussion des garçons,

- permet de mieux équilibrer les activités du clan,

- permet de fixer le budget conformément aux besoins du clan.

 

Comment  établir un programme :

 

- se documenter sur la spécialisation : ouvrages, spécialistes, clans spécialisés,

- partir du réel : les possibilités des garçons - savoir les enthousiasmer, les possibilités financières et matérielles,

- jets de programme : les soumettre à l'A.C.D.R., les proposer au conseil de clan,les propsoer ensuite aux garçons du clan,


Caractères :

 

1°- Simple :

- unité dans le programme

- programme annuel ou bisannuel

- programme trimestriel

 

2°- Complet :

- besoin d'une harmonie culturelle

 

3°- Divers :

- mais éviter la dispersion

 

4°- Construit :

- oriente les garçons vers certaines conclusions

 

5°- Généreux :

- souplesse : s'adapter aux circonstances, au temps,...

- ensuite, jeter le programme au panier... ou le mettre dans les archives du clan,

- adapter son programme de clan au programme national, régional ou de district,

- les manifestations du Scoutisme Français (à Lyon, "Jeunesse - secours" : tous les mouvements de jeunesse)

- travailler surtout par équipes

 

La jeune Route :

 

1°- le clan tout entier démarre.

Réaliser un certain nombre d'entreprises permettant de former les garçons : 2 ou 3 par trimestre

 

2°- une équipe de jeunes Routiers dans un clan spécialisé :

Harmoniser son programme avec le programme de clan. Leur réserver certaines entreprises.

 

 


 

Le recrutement


Dans le milieu Éclaireurs :

 

Soigner notre presse (?)

Activités flambantes

Service au sein du Mouvement

Relations avec la troupe, et surtout avec les chefs de la troupe (invitations des C.T., C.T.A., C.P. à un thé...)

Participation des Routiers à un grand jeu Éclaireurs

Participation du C.T. à la Route (le départ routier) - participation partielle aux activités de clan.

 

Hors du Scoutisme :

 

Ne pas se limiter au milieu bourgeois et universitaire, atteindre le milieu ouvrier.

La Route rurale, un problème nouveau.

Ne pas être trop étroit dans son jugement, dans son choix.

Réunions de propagande, tracts, films.

Faire connaître nos grands  exploits (camp national, Herakleïa)

Par la spécialité : sport, marine, vol à voile...

Contacts avec les chefs.

Contacts avec d'autres groupes de jeunes (A.J.,...)

Propagande personnelle surtout : inviter des copains aux sorties.

 

Recrutement des cadres :

 

La Route peut rapprocher du scoutisme certains C.T. ou C.P.

Pour les C.P., être très ambitieux vis-à-vis de ceux qui deviendront des chefs.

 

Comment lancer un clan ?

 

- trouver et former un minimum de cadres,

- prendre contact avec les chefs locaux et les commissaires. Idée d'un clan "fédéral" ?

- réunir les éléments scouts possibles pour voir ce qu'on peut faire,

- campagne et réunions de propagande,

- démarrage  des activités,

- nouvelle poussée de propagande...

 

Idée : inviter un grand nombre de garçons à une grandiose manifestation E.D.F., demandant des difficultés et des efforts à chaque invité

Besoin d'un foyer de clan : le trouver aussi tôt que possible.

 

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Conclusion (chef Arnaud) :

la Route répond-elle aux besoins des jeunes ?

 

Nous sommes un Mouvement complémentaire d'éducation.

 

1°- À noter diminution de la valeur et de l'action du milieu familial; d'où nécessité du Mouvement de jeunesse.

Notre réponse

 

2°- À noter aussi, le relâchement moral. Le garçon n'est pas soutenu par un milieu, une action suffisamment profonde. Nous lui offrons un milieu amical.

Le jeune a besoin d'un club, d'un foyer : le clan.

 

3°- Incertitude des jeunes, manque d'enthousiasme, puissance de l'argent. la Route E.D.F. offre au garçon un style de vie, un idéal, le service.

 

Notre Route sera un milieu amical, accessible, tourné vers le service.

Éviter certaines erreurs : le scouticisme.

La Route est l'effort d'un groupe de jeunes pour échapper à l'emprise de l'argent et désirant devenir des hommes.

Les jeunes doivent s'éduquer entre eux (B.P.). Toutefois, nous devons les aider, les guider. Nous sommes leurs pilotes, leurs conseillers.

Combattre l'instinct moutonnier des jeunes.

Savoir respecter l'autonomie des jeunes.

Détermination d'un règlement minimum de la Route. Ne pas imposer un  système rigide d'examens.

 

Viser à propager l'esprit de la Route :"amitié, joie, service".

Il faut que nous soyons ambitieux pour la Route : viser haut - voir grand.

Effort patient et continu pour réaliser à la Route l'idéal de B.P. ("La Route du succès")

 

Chaque clan a une personnalité, son unité, ses problèmes particuliers - on ne peut que confronter des expériences.

La Route est un Mouvement de jeunesse parmi d'autres. Elle apporte une solution aux jeunes.

Solution précaire et imparfaite... mais cependant notre action demeure considérable.

Le chef doit croire en la Route. Elle a prouvé sa valeur. Quel Mouvement de jeunesse a fait mieux ?

Ne pas chercher l'absolu : temps et cadres manquent. Savoir être modestes mais ambitieux.

 

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Conclusion ("Oncle Bob")

 

La Route est esprit.

Amitié - Joie - Service - Fierté.

Se méfier de la facilité.

Valeur de l'exploit. Ses dangers. (traversée de Paris à la nage)

Éviter une trop grande "codification" de la Route. Cependant quelques buts précis sont nécessaires.

Importance de la vie physique chez les Routiers (virilité, ambiance). Accroître la qualité des jeunes.

Nous avons le dédain des activités physiques.

Si nous étions seulement 20000 Routiers, nous pourrions faire du bon travail.

 

 


 

 

Ce document nous a semblé particulièrement intéressant parce qu’il semble résumer tout à fait son époque.

 

Il se situe à la rentrée scolaire de 1945, quelques mois après la fin de la guerre, à Cappy qui, malgré les dégradations subies depuis cinq ans, continue d’assurer tant bien que mal son rôle de camp-école. Il est même indiqué, dans le programme quotidien, deux passages au « bain », ce qui semble indiquer que le bassin – qu’on ne peut certainement pas qualifier de piscine ! – est toujours en état. Rappelons au passage que Cappy a, à partir de 1943 et jusqu’à la rentrée scolaire 1944-1945, hébergé et caché des enfants juifs menacés par l’occupant, activité à l’origine de la création du Comité Protestant des Colonies de Vacances (C.P.C.V.).  Ce lieu est donc, en lui-même, significatif de la reprise d’activités de nos Mouvements.

 

Significatif, également, la conception et le contenu du programme du camp-école. Il s’agit d’un « Cappy Route », c’est-à-dire de l’équivalent de nos « stages deuxième degré ». Le premier degré de formation est apporté par des C.E.P. (« camps écoles préparatoires ») ; on peut considérer que le C.E.P. a pour but de donner un minimum de formation pour les activités « de base » aux aînés souhaitant la compléter, le Cappy permettant d’aller un peu plus loin dans la prise de responsabilité. Les participants ont donc, en principe, franchi cette étape et ont une expérience de direction d’un clan. C’est par rapport à cet objectif qu’il faut situer ce contenu.

 

Que constatons-nous ? En tout premier lieu, l’importance des « entretiens spirituels » et des instants de « mot d’ordre » après le lever des couleurs.

En ce qui concerne les premiers, il est possible que les entretiens spirituels soient liés à la présence sur le camp de participants issus des Éclaireurs Unionistes qui en partagent la direction, mais les sujets abordés témoignent de la préoccupation constante chez les E.D.F. (et peut-être plus encore à la F.F.E.) de mettre en évidence une spiritualité non uniquement religieuse : Jean Libman, qui a longtemps animé les groupes de réflexion des E.D.F. sur ce sujet, semble en assurer la responsabilité au cours de ce camp.

 

Les sujets abordés vont dans ce sens : le premier concerne « la spiritualité des E.D.F. ? » - avec un point d’interrogation, pose une question : « l’idéal scout est-il suffisant comme spiritualité » mais conclut que « la loi scoute  doit être dépassée ». Ensuite, on va aborder :

-   le rôle du dimanche « jour de vie spirituelle » pour le libre-penseur,

-   le problème de la Foi, nécessaire et dangereuse mais « force »,

-   le sentiment paternel et la joie de la paternité,

-   l’art de vivre, la vulgarité et l’enthousiasme,

-   la notion d’élite,

 

En ce qui concerne les « mots d’ordre », on peut y voir la proposition d’une « morale pour les jeunes » à diffuser dans les clans : n’oublions pas, en effet, que ces réflexions ne sont pas destinés à former les participants, mais qu’elles s’adressent à des responsables chargés de les transmettre…:

-   l’utilité, dans la vie du clan et par l’exemple,

-   la pureté, prise dans son sens positif,

-   l’optimisme,

-   l'amitié scoute...

 

Les « topos » concernent, bien évidemment, le métier de chef de clan dans ses diverses composantes :

-   le conseil de clan, les équipes,

-   les activités du clan (camps volants, grands jeux, enquêtes),

-   les techniques d’expression, l’art dramatique,

-   le Routier et la politique,

-   les cercles d’études,

-   le chef de clan et le Mouvement,

-   les programmes,

-   le recrutement...

pour se terminer par une question de fond : la Route répond-elle aux besoin des jeunes ? en apportant une réponse de fond : la Route est un Mouvement de jeunesse parmi d'autres, elle a un rôle propre qui en justifie l'existence. Et cette conclusion est confirmé par "Oncle Bob", Robert Lafitte,grande figure du scoutisme unioniste.

 

Comme toujours dans les camps-écoles, les exposés théoriques sont complétés par des activités permettant de mettre en pratique les solutions proposées, et d’en critiquer la réalisation.  À noter plus particulièrement, dans cet esprit, la construction d’une exposition humoristique sur le thème du « scouticisme » évoqué par la revue Esprit ; il en est d'ailleurs question à plusieurs reprises : compte tenu du rôle important joué, à cette époque, par la revue et Emmanuel Mounier dans la réflexion sur la société à) construire, cette critique est, effectivement, à prendre en considération.

 

Une remarque au passage : pendant le camp, de nouvelles chansons sont apprises, beaucoup sont de William Lemit (les paroles sont notées sur le carnet du stage, elles ne figurent pas encore sur le carnet de chant du participant) : le répertoire s'ouvre sur la nature, le folklore, la vie...

 

Au total, cette session de formation peut être considérée comme significative sur un autre plan : elle ne présente pas, dans sa conception, sa structure et ses apports, beaucoup de différences avec les sessions "d'avant-guerre", ce qui pourrait signifier que la Route elle-même n'aurait pas beaucoup évolué. Or les événements vont démontrer,  à court terme - au cours des années suivantes - que le Routier n'est plus ce qu'il était, que cette prise en charge par des "chefs" à partir d'une approche très scolaire, sera, bientôt, considérée comme inadaptée - que la Route est à l'orée d'une mutation importante dont nous trouverons la trace dans la littérature de l'époque, mais aussi dans les orientations et les activités de la branche.