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Association pour l'Histoire du Scoutisme Laïque

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Derniers articles parus

La période de la guerre 39-45

Jean Estève : Les E.D.F. pendant la seconde guerre mondiale

 

Jean Estève a connu cette période comme membre et responsable « de base » de l’Association, et a été de ceux qui ont donné à leur engagement un prolongement concret (et courageux). La présentation, qu’il nous apporte résume, sous un angle historique, ce qu’ont été ces années difficiles, pour le pays, pour les E.D.F., pour l’équipe nationale et pour les membres de l’Association, à tous les niveaux.

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René Duphil : Vichy et l'Occupation

 

René Duphil, entré aux « Éclaireurs Gascons » dans les premières années du Scoutisme, raconte, dans les extraits d’enregistrements que nous avons sélectionnés, ce qu’ont été la vie et les actions des Éclaireurs de France pendant cette période.

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1940 : Raymond Burgard, responsable E.D.F.,


... créateur du réseau Valmy et membre du réseau du Musée de l'Homme

 


 


Extrait du « Livre d’Or » des Éclaireurs de France :


 

En pages suivantes, documents trouvés en ligne (sur Wikipedia et sur le site paris15 Histoire)

 


 

Raymond Burgard

(wikipedia)

 

Né le 15 septembre 1892 à Troyes et mort le 15 juin 1944 à Cologne, est un résistant français.

D'origine alsacienne, il est agrégé de grammaire en 1928. En septembre 1937, il est nommé professeur de Lettres au lycée Buffon à Paris. Une des salles du lycée est par ailleurs baptisée selon son nom. Syndicaliste, il est candidat du Syndicat des personnels de l'enseignement secondaire (SPES) aux élections du Conseil supérieur de l'Instruction publique (CSIP) en mai 1938. En septembre, il rejoint le camp des anti-munichois.

 

Occupation

Résistant de la première heure, il fonde le mouvement de résistance Valmy le 21 septembre 1940, avec quatre amis issus du groupe catholique de gauche Jeune République. Le groupe rédige de multiples papillons, collés sur les murs parisiens ou sur les affiches de l'occupant. L'un d'eux proclame Vive la République, quand même. Burgard rédige aussi des tracts en allemand, destinés à saper le moral des troupes d'occupation et les appelant à la désobéissance. En janvier 1941, paraît le premier numéro du journal Valmy, tiré à 50 exemplaires. Burgard en a rédigé l'éditorial, intitulé Certitudes.

Se sentant protégé par son origine alsacienne, Raymond Burgard ne craint pas de participer ouvertement aux manifestations qu'il contribue à organiser. Il encourage même ses élèves à participer à la manifestation du 11 novembre 1940 au cours de laquelle son fils est arrêté, puis relâché. En mai 1941, il participe aux commémorations de Jeanne d'Arc qui rassemblent plusieurs milliers de personnes chantant la Marseillaise.

 

Arrestation - Déportation

Combat Zone Nord qui diffusait Valmy est démantelé à partir de février 1942 et Raymond Burgard est arrêté à son domicile par la Geheime Feld Polizei (GFP), le 2 avril 1942. Des lycéens du lycée Buffon manifestent pour sa libération. Il est déporté à la prison de Sarrebrück en vertu du décret Nacht und Nebel.

Le 16 octobre 1943, avec Paul Petit et Marietta Martin-Le-Dieu, il est condamné à mort par le 2e sénat du Volksgerichtshof. Le 15 juin 1944, il est guillotiné à la prison de Cologne.

En 1943, son épouse pose pour La femme assise de René Iché représentant l'intense désespoir d'une jeune femme, la tête penchée et le visage enfoui dans sa paume droite.

 

Le journal Valmy

Interview à la BBC, de Paul Simon par Jean Oberlé, 3 février 1942.

In Les Voix de la Liberté, Documentation Française, 1975.

Pourquoi avez-vous choisi ce titre ?

P. Simon : C'est parce que la bataille de Valmy est la première de la Révolution où les Français aient repoussé les Prussiens. C'est pour cela aussi que notre petit journal portait à côté du titre la devise : « Un seul ennemi, l'envahisseur »

J. Oberlé : Et comment fabriquiez-vous votre journal ?

P. Simon : ça n'était pas commode. Le premier numéro parut en janvier 41. Nous l'avons imprimé avec une imprimerie d'enfant. Cela nous prit un mois pour imprimer 50 exemplaires. Chaque exemplaire se composait d'une simple feuille de papier, imprimée recto et verso.

 


Raymond Burgard, chevalier de la République
(Gérard Poiron / 22) - http://www.paris15histoire.com

 

Dès l'été 1940, Raymond Burgard réagit contre l'envahisseur. Il couvre les murs des casernes allemandes d'inscriptions « L'ennemi est l'occupant », « Vive de Gaulle ».

Il est né à Troyes en 1892 de parents alsaciens qui ont émigré après 1871 pour que leurs enfants naissent Français. Agrégé de grammaire, poète, philosophe, humaniste, cet intellectuel fait partie, avant la guerre, du Mouvement catholique de gauche « Jeune République ». Jusqu'à son arrestation en avril 1942 par les Allemands, il se dépense sans compter. Le 20 septembre 1940, il fonde avec quatre amis le groupe de Résistance Valmy ; ils rédigent des tracts et des papillons, en français et en allemand. Ils éditent également un des premiers journaux de la Résistance, tiré d'abord à 500 exemplaires avec une petite imprimerie d'enfant, puis jusqu'à 10.000 exemplaires dans une imprimerie clandestine. Le 11 mai 1941, une manifestation est organisée devant la statue de Jeanne d'Arc par le mouvement Valmy ; Raymond Burgard est le premier à entonner la Marseillaise reprise par tous les manifestants. Il est jugé en Allemagne et décapité à la hache dans la prison de Cologne le 15 juin 1944. Son nom figure au Panthéon sur le Mémorial des écrivains morts à la guerre.

 

 

 

Le réseau du Musée de l'Homme :


Directeur du Musée de l'Homme depuis 1928, Paul Rivet est de longue date un acteur important de la lutte contre le fascisme. Il est président du Comité de vigilance des intellectuels anti-fascistes depuis sa création le 5 mars 1934. Au moment de l'entrée des troupes allemandes dans Paris en juin 1940, il placarde le poème de Rudyard Kipling, If, à l'entrée du musée de l'Homme. Il adresse une lettre ouverte à Pétain, dans laquelle il lance : « Monsieur le Maréchal, le pays n'est pas avec vous, la France n'est plus avec vous ».

Si une bonne partie du personnel du musée a quitté Paris – soit mobilisé dés septembre 1939, soit pris dans le flot des réfugiés ayant fui l'avancée allemande – Yvonne Oddon, la bibliothécaire, était restée à Paris, et s'était installée dans le musée même. Dès le mois de juin elle agit, d'une part en diffusant l'information qu'elle obtient de ses relations à l'ambassade des États-Unis (brillante élève de l'école américaine de bibliothécaires, elle avait conservé des relations avec plusieurs agents de l'ambassade, dont José Meyer, lui aussi bibliothécaire, et Penelope Royall), et d'autre part avec Lucie Boutillier du Retail, avec qui elle participe à l'aide aux prisonniers évadés (l'appartement de Lucie Boutillier du Retail comportait une fenêtre de rez-de-chaussée qui pouvait opportunément rester ouverte).

Dès les mois de juillet et août 1940, le retour des mobilisés, et en particulier de Boris Vildé (jeune ethnologue d'origine russe dont l'épouse, Irène Lot, exerce à la Bibliothèque nationale) et d'Anatole Lewitsky (l'époux d'Yvonne Oddon), donne plus d'ampleur à leur action. Encouragés par Paul Rivet, dans le bureau duquel sera d'ailleurs dactylographié le premier tract, les activités du groupe s'étendent assez rapidement.

Il ne faut pas se figurer le réseau du Musée de l'Homme comme une structure organisée suivant un schéma plus ou moins militaire ; c'est, aux dires-même de Germaine Tillion qui fut chargée de son enregistrement, une nébuleuse, un réseau au sein duquel interviennent divers groupes et individus. Si certains d'entre eux, comme Boris Vildé, consacrent tout leur temps à l'action clandestine, d'autres, comme Jean Paulhan, conservent un travail plus ou moins astreignant (et dans le cas de Paulhan, dans un bureau tout proche de celui de Pierre Drieu La Rochelle, collaborateur convaincu et dénonciateur de juifs).

Ils sont rejoints par l'ethnologue Germaine Tillion et sa mère Émilie Tillion ; par Agnès Humbert du musée des Arts et Traditions populaires ; par Georges Friedman, sociologue installé en zone libre ; par Denise Allègre, aussi bibliothécaire du musée de l'Homme ; par Paule Decrombecque, bibliothécaire à l'université de Paris ; par Armand Boutillier du Rétail, conservateur au centre de documentation rattaché à la Bibliothèque nationale époux de Lucie ; par Raymond Burgard, René Iché, Claude Aveline, Marcel Abraham, Jean Cassou, Pierre Brossolette, René-Yves Creston, Geneviève de Gaulle...

Pour ne pas attirer l'attention des Allemands et des services de police français lors de leurs réunions, ils se constituent en une « société littéraire », Les amis d'Alain-Fournier, et utilisent les services de la bibliothèque où Yvonne Oddon reçoit lettres et appels téléphoniques pour le réseau, et fixe les rendez-vous pour Maurice, le nom de code de Boris Vildé, et pour Chazalle, celui d'Anatole Lewitzky.

Le réseau s'était constitué, au moins en partie, sur la base des relations d'avant guerre. Les amis d'Alain-Fournier était un camouflage constitué autour d'auteurs et d'un éditeur, Robert Debré et sa seconde épouse Elisabeth de La Panouse de La Bourdonnaye avaient connu Boris Vildé chez le docteur Le Savoureux, hébergeur éventuel de personne menacées, les deux colonels de La Rochère et Hauet s'étaient rencontrés au pied de la statue détruite de Mangin et, via leur action en faveur des prisonniers de guerre français, se trouvèrent en rapport avec Germaine Tillion.

Le groupe de Boris Vildé crée un journal clandestin simplement intitulé Résistance. Le choix du titre est discuté au cours d'une conversation à la bibliothèque entre Yvonne Oddon et Boris Vildé : Yvonne Oddon, issue d'une famille protestante, propose « Résister ! », en référence au mot gravé dans leur cachot de la tour de Constance par les huguenotes d'Aigues-Mortes ; Boris Vildé choisit « Résistance ». Entre décembre 1940 et mars 1941, cinq numéros sont distribués, Pierre Brossolette en a écrit le dernier numéro paru le 25 mars 1941, juste avant le démantèlement du groupe.

Depuis juin 1940, Germaine Tillion est en rapports avec le colonel Hauet, de l'union nationale des combattants coloniaux qui organise des filières d'évasion vers la zone libre et l'Afrique du Nord. Le colonel Hauet est un ami de Charles Dutheil de La Rochère, animateur des groupes La Vérité française, cercles liés à la droite traditionnelle, mais hostiles à la révolution nationale, qui diffusent un journal clandestin. Par l'intermédiaire de plusieurs militants, il existe également des liaisons avec Combat Zone Nord. Les divers groupes apparentés au musée de l'Homme collectent des renseignements militaires et politiques, organisent des filières d'évasion de prisonniers français et anglais ou d'aviateurs abattus. Boris Vildé tente vainement d'établir des liaisons avec la Grande-Bretagne.

Mais le cercle de Vildé est pénétré par un agent du S.D., Albert Gaveau, dont Boris Vildé fait son homme de confiance, et celui de La Rochère, par un agent de la Geheime Feld Polizei, Jacques Desoubrie. Le groupe de Vildé paye un lourd tribut. En janvier 1941, Léon-Maurice Nordmann est arrêté alors qu'il distribuait Résistance. Le 10 février, c'est au tour d'Anatole Lewitzky et d'Yvonne Oddon d'être arrêtés, puis, quelques semaines plus tard, d'Agnès Humbert et Boris Vildé. Germaine Tillion succède à Vildé, mais elle est à son tour arrêtée en 1942 puis déportée l'année suivante à Ravensbrück. Les membres du réseau sont traduits devant une cour militaire le 17 février 1942 et condamnés à mort. Le 23 février 1942, au Mont Valérien, Anatole Lewitzky, Boris Vildé et cinq autres membres du réseau sont exécutés. Yvonne Oddon voit sa peine commuée en déportation dont elle ne revient que le 22 avril 1945.


 

Pages du journal "Résistance" :



1940 : du côté de Troyes, en zone occupée...

 

Les archives du groupe permettent de se faire une idée assez précise du déroulement des événements et des activités pendant la période de la guerre, à partir de 1939

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1940 : une lettre de Pierre Déjean en septembre

 

Adressée à un responsable E.D.F. de Vierzon, ce document précise les attributions de Pierre Déjean dans la zone occupée et donne quelques "directives" pour la relance des activités "discrètement d'abord puis au grand jour". I

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1941 : B.P. nous quitte

 

… « La radio a lancé à travers le monde la triste nouvelle. »

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