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AHSL

Association pour l'Histoire du Scoutisme Laïque

Après la guerre...

 

Les trente premières années ont vu le démarrage puis l’implantation du scoutisme en tant qu’innovation pédagogique – souvent contestée, justement, pour son caractère innovant – et un certain nombre de « prolongements » qui, sans en respecter toujours l’esprit, en copiaient la forme. C’est ainsi que certains mouvements de jeunesse des pays non démocratiques ont pu quelquefois faire illusion.

 

De 1945, retour à Paris du siège national des E.D.F, à 1964, naissance du "nouveau Mouvement", l'association a connu plusieurs périodes très contrastées, toujours placées sous le signe d'une évolution liée à celle de la société - et quelques crises qui résultaient de ce choix, avec certains de ses membres ou avec les instances internationales. Et les manifestations du Cinquantenaire, en 1961, sont restées dans beaucoup de mémoires...

 

Une période de changement et de réflexion

 

La période de la guerre, avec ses contraintes et ses choix difficiles, n’a pas porté atteinte à la contribution que le scoutisme pouvait apporter à l’éducation. Bien au contraire, les années de l’immédiat après-guerre ont été une période de développement, à l’intérieur des Mouvements, mais aussi d’image positive dans public : c’est ici que se situe le Jamboree de la Paix en 1947, à Moisson en région parisienne.

 

Il est difficile d’imaginer aujourd’hui le défi que pouvait représenter, deux ans à peine après la fin du conflit, l’organisation d’une manifestation internationale de cette importance, et son retentissement. La comparaison souvent faite avec les Jeux Olympiques n’est valable que pour le «décorum», car le Jamboree ne connaît ni athlètes - spectacles, ni grandes épreuves, ni publicité… En 1947, la réussite en a été due, à la fois, à l’efficacité d’un Scoutisme Français renaissant – et à l’aide précieuse apportée par une Armée Française elle aussi renaissante.

 

Très peu de temps après s’est ouvert le temps de la réflexion sur les méthodes pédagogiques de notre scoutisme, avec, en particulier, les «résolutions d’Angoulême» ouvrant l’évolution de nos activités sur une pratique plus «démocratique». Nous reproduisons ci-après la présentation qu’en a donnée, quelques années après, à l'occasion du Cinquantenaire, René Alauzen, alors membre du Comité Directeur et responsable régional de la région parisienne.

Cette volonté d’évolution en fonction des données « de société » a concerné également la branche aînée qui, sous l’impulsion de responsables dynamiques et militants, a connu une nouvelle jeunesse. Elle a également ouvert le Mouvement sur d’autres secteurs d’activités.

 

Dans le même temps, la réflexion des membres dirigeants du Mouvement portait sur les possibilités d’un élargissement de notre apport éducatif à l’extérieur de nos structures et aboutissait à la création des Francs et Franches Camarades, complétant ainsi, dans le domaine des loisirs, la création autour de 1935 des Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Active (CEMEA). Cet apport à l’éducation populaire fait l’objet d’un texte ultérieur.

 

Toutes ces propositions nées de la réflexion n’ont pas été du goût de tous les membres du Mouvement et ont provoqué des réactions à l’origine d’une crise sérieuse, en 1953, aboutissant à une campagne de presse et à la création d‘une association dissidente. Ce n’est pas un hasard si cette crise est née d’une lettre envoyée par un aîné à la Tribune Libre de la revue « le Routier » au sujet de la guerre d’Indochine, événement qui concernait, au premier chef, l’ensemble de la jeunesse : celle-ci ne pouvait plus se contenter de pratiquer son scoutisme comme si rien ne se passait par ailleurs.

 

L’étape suivante, une fois franchis ces remous, a été celle de la coéducation : la nécessité d’une éducation commune aux filles et aux garçons, appelés à vivre ensemble, est apparue très vite, mais il y a eu quelques difficultés pour passer du principe à la réalisation. Une tentative de rapprochement avec la section neutre de la Fédération Française des Éclaireuses a échoué dans les années 50 et a conduit les E.D.F. à devenir eux-mêmes un «mouvement de coéducation». Il a fallu attendre 1964 pour que se crée le nouveau Mouvement des Éclaireuses & Éclaireurs de France.