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Association pour l'Histoire du Scoutisme Laïque

1958 : Routes Nouvelles reparle de démocratie

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1958 : Routes Nouvelles reparle de démocratie
Le passage à l'acte
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... au plan théorique et au plan pratique.

 

Une dizaine d'années après les « résolutions d'Angoulême » proposant l'instauration d'un fonctionnement démocratique à tous les niveaux du Mouvement, la revue des responsables aborde deux questions fondamentales : qu'est-ce que la démocratie ? comment la faire vivre concrètement ?


On peut penser que ces questions auraient dû être posées dès le début, et elles l'ont certainement été, mais une nouvelle étape est abordée à partir du constat des difficultés à mettre en œuvre cette intention. S'il est facile de résoudre le problème au plan « formel » – élections des instances dirigeantes, vote des décisions, etc… – le passage à l'acte dans l'activité de tous les jours, dans toutes les branches, s'avère plus difficile.


Le sujet est abordé dans deux numéros successifs de Routes Nouvelles, deux rédacteurs se partageant la tâche :


– Yvon Tarabout, universitaire membre du C.D., traitera du premier sujet :

 

 

À partir de quelques questions simples – comment un peuple peut-il se gouverner lui-même, comment déléguer démocratiquement le pouvoir, comment ces principes de base fonctionnent-ils chez nous – Tarabout met l'accent sur quelques points quelquefois un peu oubliés : « la démocratie, une technique qui s'enseigne » ; « si la démocratie se mérite et s'acquiert, c'est qu'elle n'est pas une grâce naturelle » ; « la démocratie n'est pas la négation de toute autorité (ça, c'est l'anarchie), mais l'exercice de l'autorité selon des règles particulières » (passages soulignés). En découlent les conséquences pour les branches :


– « à la meute, on enseigne la solidarité. Et contre les parlotes, il y a le mythe des bandar-logs » : « on peut déjà habituer les enfants à prendre des décisions collectives, à parler chacun à son tour, à se soumettre à une décision commune »… et « aucune action ne peut sortir de parlotes perpétuelles ou désordonnées. » (Cette dernière affirmation ne concerne-t-elle que les louveteaux ?)

 

– « à la troupe, les chefs sont des mandataires qui veillent au maintien de la constitution » : « l'apprentissage de la démocratie confinera souvent à l'exercice d'une démocratie véritable. »


– « c'est à la Route qu'on prend le maximum de risques » : « l'apprentissage de la démocratie se confondra avec l'exercice de la démocratie, en y mettant le maximum de réalités et de risques à courir. Il s'agit de choses sérieuses où chacun et chacune doit se sentir personnellement engagé, où il y a de l'argent à gagner ou à perdre, où il y a des positions officielles à prendre en face des pouvoirs constitués, où les entreprises à réaliser doivent pouvoir soutenir la comparaison avec tout ce qui es proposé ailleurs »…

 

Au total, « cet aspect éducatif de la démocratie n'en est pas le moins négligeable, parce que les démocrates ne se perpétuent que par ce moyen. (...) La démocratie des E.D.F. est vivante, mais cette constatation rassurante ne doit pas nous faire oublier que cette démocratie, si parfaite soit-elle, ne sera conservée, et peut-être un jour sauvée, que si chacun de nous en fait sentir constamment à ses cadets la caractère précieux et fragile : peut-être fallait-il le redire. »