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AHSL

Association pour l'Histoire du Scoutisme Laïque

1961 : le Cinquantenaire des Éclaireurs de France

 

Le Cinquantenaire a donné lieu, en 1961, à trois manifestations qui sont restées dans les mémoires :

- un grand "congrès de responsables" à Orléans,

- un grand rassemblement "toutes branches" à Clermont-Ferrand,

- une soirée commémorative à la Salle Pleyel à Paris.

Nous avons repris ci-après les souvenirs de Pierre Bonnet, organisateur de ces manifestations pour l'équipe nationale.

 

Pierre Bonnet : souvenirs des manifestations du Cinquantenaire

 

Pierre Bonnet, après avoir animé le groupe local de Commentry (Allier) de 1947 à 1960, et appartenu à l'équipe auvergnate d'Henry Gourin, est arrivé au siège national pour prendre la responsabilité de la préparation des manifestations du Cinquantenaire. Il a confié ses souvenirs pour la plaquette consacrée à René Dyphil :

 

Le Congrès d'Orléans, le 2 décembre 1961, Pleyel :

 

Du 20 au 22 mai 1961, nous déplaçons plus d'un millier de responsables et routiers, sous les yeux rieurs et complices de Lucien Paye (ancien EDF, ministre de l'Education Nationale), Maurice Herzog (vainqueur de l'Annapurna, Haut-Commissaire à la Jeunesse & aux Sports) - Riait-on autant au Conseil des Ministres ? - Louis François, Président des EDF...

Sans respecter la chronologie, évoquons également, le 2 décembre, le cocktail des anciens et des personnalités réunis au 66, Chaussée d'Antin (Paris 9°, TRI 51 40 !). Souvenirs ...

Et cette année se clôt salle Pleyel, avec quelque 2000 participants et acteurs, en janvier de l'année suivante !

 

Et, surtout, Clermont-Ferrand ... :

 

Le rassemblement national bénéficie d'une implantation au centre de la France, et de l'expérience de solides équipes, celle, auvergnate, d'Henry Gourin (Hathi) et celle, clermontoise, de Jeanne Dejean (Sloughi). Nous y sommes 8331, pas un de moins : 6128 éclaireurs, 202 routiers, 2001 louveteaux ! 8331 donc, qui défilent inlassablement au coeur du pays arverne, qui chantent en choeur dans la nuit du stade, qui vibrent aux danses, à l'attaque du château-fort et à la sarabande aux mille torches montée par l'équipe nationale animation. Et puis les grands jeux et le gymkhana dans les Dômes, les forêts et les "cheires"...

 

... Et surtout, surtout, le Puy de Côme :

 

Car nous allons, tous, au "Puy de Côme". Le cratère du Puy de Côme (1253 mètres, ce n'est pas l'Annapurna, mais tout de même, il faut y monter, surtout avec 2001 Louveteaux ...) n'a jamais accueilli - et n'accueillera sans doute plus jamais - autant de choristes. Et deux drames surviennent :

- d'une part, le feu de camp, malgré la mobilisation des meilleurs pompiers du Mouvement, refuse de s'allumer. Tourne inlassablement, dans la nuit, l'hélicoptère de Paris-Match mobilisé pour ce reportage du siècle. Et le feu récalcitrant ne démarre qu'après le départ de l'hélico - sans photos ...

- d'autre part, la sono, commandée par un groupe électrogène, refuse aussi de fonctionner, mais c'est une chance, car les chants donnent, finalement, la chair de poule aux 8331 choristes et acteurs du grand amphithéâtre volcanique.

 

Et il faut redescendre : l'étroit sentier qui, toute la journée, chacun à son rythme et selon son horaire, a permis la progression montante de milliers de jeunes, ne peut les absorber, à minuit, tous ensemble et en temps limité. Qui a eu l'idée géniale de faire basculer routiers et éclaireurs suivant la ligne de pente sud du cratère, entre deux rangées de torches électriques brandies par des centaines d'éclaireurs de la région de Clermont ? Évacuation acrobatique, en un temps record, sans une foulure, au grand dam de l'antenne chirurgicale qui, n'ayant rien d'autre à faire, distribue des bonbons.

Deux jours plus tard, inspectant le cratère en hélico, je constate que nos brodequins en ont labouré le flanc ; j'ai vérifié depuis que la végétation a repris le dessus, mais que diraient les écolos de 1998 si on recommençait ?

Ce sont surtout ces journées de juillet qui ont ma préférence et sont le sommet de la mission de Castoret - qui, sur cette série de réussites, allait passer la main du Commissariat Général à Jean Estève pour redevenir, quelques années encore, Secrétaire Général du Mouvement.