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Association pour l'Histoire du Scoutisme Laïque

Un colloque à Orléans le 18 janvier 2012

Index de l'article
Un colloque à Orléans le 18 janvier 2012
Cent ans d'originalité...
Le hameau de Bécours
L'engagement
La table ronde et les témoins
Une conclusion par le président de l'A.A.E.E.
La conclusion du Délégué Général
Toutes les pages

 

Sur le thème : « Scoutisme laïque et Éducation à la Citoyenneté : cent ans d’Histoire, une ambition pour l’Avenir »


La réunion a eu lieu au Conseil Régional de la Région Centre, rue Saint Pierre Lentin

 

 

LE PROGRAMME :

 

14H00-14H30 : Accueil des participants

 

14H30 : Ouverture du Colloque :

- Message de bienvenue : Madame Agnès QUATREHOMME, représentant Monsieur François BONNEAU, Président de la Région Centre ;

- Raisons et  objectifs d’un colloque sur l’Éducation à la Citoyenneté organisé par les Anciens Éclaireurs et Éclaireuses : Henri-Pierre DEBORD  (AAEE).

 

15H00-15H30 : le Scoutisme laïque en France : 100 ans d’originalité pour la construction d’un modèle d’éducation à la Citoyenneté  (Yvon BASTIDE, auteur de "100 ans de Laïcité dans le Scoutisme");

 

15H30-16H00 : "Le hameau de BÉCOURS (1981-2001): 30 ans d’un projet collectif, l’aventure d’un haut lieu EEDF" (Philippe BERNAT, auteur de "l’épopée modeste et belle des nouveaux habitants de Bécours" ) ;

 

16H00-16H30 : "1939-1945 : l’engagement dans un contexte difficile" (Yvon BASTIDE, auteur de "Une jeunesse engagée, témoignages et documents sur le scoutisme laïque pendant la guerre, 1939-1945")

 

16H30-16H45 : Pause-rencontre avec l’AAEE, les EEDF et les auteurs ;

 

16H45-17H00 : Temps commémoratif : remise à Hélène MOUCHARD-ZAY et Catherine MARTIN-ZAY du fac-simile du discours de Jean ZAY à la Sorbonne le 02 décembre 1936 à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire du scoutisme en France en présence de Lord BADEN-POWELL et de Lady BADEN-POWELL

 

17H00-17H45: Table ronde « Diversité des formes de l’engagement citoyen » (témoignages d’"anciens" et aspirations de "jeunes");

 

17H45-18H15 : La vitalité  de la notion d’" engagement citoyen", aujourd’hui, dans la démarche éducative des EEDF (Vincent COCQUEBERT, Délégué général des EEDF)) ;

 

18H15-18H30 : Conclusions par Jacques DELOBEL Président national des Anciens Éclaireurs et Éclaireuses

 

18H30 : Clôture.

 

 


 

Le message d'introduction de Henri-Pierre DEBORD :

 

Madame la Conseillère Régionale, représentant Monsieur le Président de la Région Centre,

Madame la Conseillère régionale,

Monsieur le Conseiller membre du Conseil économique, social et environnemental régional,

Monsieur le Conseiller général,

Mesdames, Messieurs,

Chers amis,

 

L’Association des Anciens Éclaireurs et Éclaireuses est heureuse de vous accueillir au sein de ce Conseil Régional, dans cet hémicycle symbolique du débat démocratique et lieu des délibérations qui conditionnent la vie  et le développement de notre Région.

Elle vous doit cette chance, Madame la Conseillère régionale  à vous qui avez accepté de nous  recevoir ici  à l’occasion de ce modeste colloque réuni sur le thème « Scoutisme laïque et éducation à la Citoyenneté : 100 ans d’Histoire, une ambition pour l’avenir ».  Je tiens à vous en remercier avec la plus grande sincérité et ma profonde reconnaissance. Et vous demande de bien vouloir retransmettre ces remerciements à Monsieur François BONNEAU et à son Directeur de cabinet.

 

En nous accueillant ici, vous honorez ainsi la plus ancienne (avec les Éclaireurs unionistes, d’inspiration protestante)  association du Scoutisme en France. La branche « laïque » du Scoutisme français et  la branche protestante viennent  en effet de fêter  en 2011 les 100 ans de leur  fondation, date  qui correspond de  fait à la naissance du Scoutisme dans notre pays.

 

Le mot d’ « Éclaireur »  (En anglais, Scout) est né. Ou plutôt, l’acception du terme « éclaireur » s’enrichit à ce moment là.

Les dictionnaires de la langue française nous révèlent en parallèle deux définitions :

- La première : « Celui qui éclaire les autres, qui a pour mission de partir en avant afin d’observer les lieux et de rapporter les informations susceptibles d’aider à voir clair ceux qui sont restés en arrière » ; cette définition doit beaucoup à la culture militaire –n’oublions pas que Robert Baden Powell était  au moment de la fondation du Scoutisme officier général-. Mais va au-delà !

- La seconde : « Membre d’une « association de scoutisme » (par opposition aux « scouts ») autre que catholique.

Gardons ces deux définitions à l’esprit. Elles sont toutes deux utiles à la fois pour la compréhension historique et l’observation des enjeux de notre scoutisme de demain.

 

La laïcité, nous dit le Haut Conseil à l’intégration dans son avis sur le projet de « Charte de la laïcité dans les services publics » de janvier 2007, « représente aujourd’hui avant tout une liberté accordée à chacun et non une contrainte imposée à tous ». La laïcité, qui implique la séparation de la sphère publique  et de la sphère  privée est le seul outil qui permette d’éviter l’éclatement de l’espace public en segments, en communautés étanches.

 

C’est ici  qu’apparait l’enjeu éducatif considérable de la défense de la liberté de conviction, appelée en France la « liberté de Conscience ». La liberté  de chacun, la liberté d’autrui  doit être préservée dans les faits. Elle est  reconnue institutionnellement. C’est un principe républicain. Mais, chacun est en mesure de comprendre que cette « Liberté de conscience »  n’est ni définitive ni garantie concrètement par le seul jeu institutionnel. Chacun devrait donc avoir un rôle à jouer pour sa préservation.

- car autrui commence près de soi. C’est celui avec qui le « Vivre ensemble » est un pari de tous les instants.

- car autrui commence en soi   Sa préservation devient alors, aussi un devoir citoyen, une prise en charge par chacun de la défense d’un droit  universel. Et ce « chacun d’entre nous ne commence-t-il pas en nous même  car, interrogeons nous un instant, nous connaissons nous bien nous même, rien est moins sûr !

 

Apprendre à se connaître dans l’action réfléchie et partagée et non pas dans le cabinet du psy après le divorce des parents, la découverte d’un handicap, la survenance d’un accident de la vie, ou encore lorsque l’on réussit ce que d’autres ne parviennent pas à réaliser et que l’on risque de se considérer comme définitivement supérieur, c’est l’enjeu des « Scouts laïques » depuis 100 ans.

Apprendre à se connaître parmi les autres dans l’action réfléchie, dans le jeu, le projet, l’aventure, l’action solidaire partagée, tels sont les enjeux du Scoutisme laïque depuis 100 ans maintenant.

Apprendre à s’affirmer dans le loisir exigeant et l’effort partagé, sans autres distinctions que celles liées à un savoir faire et à des qualités propres admises et reconnues, lequel  effort est fourni  auprès  des autres et non pas dirigé contre les autres, c’est le pari du Scoutisme laïque depuis ses origines jusqu’à aujourd’hui et pour demain.

C’est cette histoire ci que nous souhaitons partager avec vous cet après midi.

L’objectif est tout simple : expliquer l’histoire de cet enjeu de l’affirmation de soi par l’apprentissage de la vie concrète en micro sociétés avec ses règles, ses valeurs, un pari et une espérance : celui et celle de parvenir au but fixé par le jeu, le projet, l’aventure.  Ce pari et cette espérance ont été et sont aujourd’hui encore le fondement de l’engagement de milliers d’hommes et de femmes passionnés d’éducation par l’action, engagés par ailleurs bien souvent dans la vie de la Cité.

Qu’est ce donc que l’ « engagement » dans le Scoutisme et tout particulièrement dans le Scoutisme laïque ?

Beaucoup d’entre vous se sont peut-être amusés des apparences de rites, de mots, de gestes du scoutisme ; cet amusement a même pu avoir pour conséquence de donner l’envie à certains de « jeter le bébé avec l’eau du bain ».

L’exercice de mémoire qui va être conduit cet après midi sera associé  au  rappel de faits historiques de la grande Histoire  et de nos petites histoires car il a aussi pour ambition de permettre de distinguer le bébé et l’eau. En ces temps assez confus, ceci n’est sans doute pas inutile.

 

Le programme qui va se dérouler  tente de faire  le lien entre passé, présent et avenir, d’expliquer et  d’éclairer ce siècle de scoutisme fondateur, innovant, en recherche permanente d’équilibre entre le fond et la forme. Car il ne peut y avoir de présent  sans passé, ni d’avenir  à construire sans l’usage des repères du passé.

Yvon BASTIDE, auteur de l’ouvrage édité à l’occasion de notre centenaire « 100 ans de Laïcité dans le Scoutisme et l'éducation populaire » va tout d’abord traitr du sujet « le Scoutisme laïque en France : 100 ans d’originalité pour la construction d’un modèle d’éducation à la Citoyenneté ».

Puis en accord avec Hélène MOUCHARD-ZAY, en guise de contrepoint à ce survol historique et la mise en perspective de l’engagement éclaireur », nous remettrons aux filles de Jean ZAY, en témoignage de notre souvenir et de notre reconnaissance envers le Ministre de l’Éducation nationale qu’il a été, une copie de l’éditorial du « Chef », la revue des Responsables « Eclaireurs de France » qui reprend et commente de très larges extraits du discours qu’il prononça le 13 décembre 1936 à l’occasion de la cérémonie du 25ème anniversaire de notre Mouvement.

 

Ensuite viendra le temps d’évoquer les trente dernières années des Eclaireuses et Eclaireurs de France par le prisme de l’aventure collective à l’échelle nationale que représente la création et la vie d’un lieu central de rencontres, d’expérimentations et de formation des responsables et des jeunes. Pour nous en parler, Philippe BERNAT, auteur en collaboration avec Bernard MACHU, initialement pressenti du livre « L’épopée modeste et belle des nouveaux habitants de BECOURS ». Le thème en sera « BECOURS 1981-2011 : 30 ans d’un projet collectif, l’aventure d’un haut lieu EEDF). Bernard MACHU ne peut être avec nous cet après midi. Professeur d’histoire à la retraite depuis septembre, il participe activement à la préparation au concours d’entrée dans les Instituts d’Études Politiques de jeunes des lycées de l’agglomération grenobloise implantés dans des quartiers qualifiés de difficiles. « Éclaireur un jour, éclaireur toujours »… on ne se refait pas.

DE 1911 à 2011, que d’histoires d’engagements différents déterminés bien souvent par la grande histoire et l’état réel de la société. Qui pense que le scoutisme forme de doux rêveurs ?

 

J’ai demandé à Yvon BASTIDE d’aborder la période de la guerre 39-45, de l’occupation nazie et du régime de VICHY. Il est l’auteur de « Une jeunesse engagée : le Scoutisme laïque pendant la guerre 1939-1945 ». À la lumière de ce récit, nous souhaitons mettre en valeur que nos sociétés en paix, et notamment la société française depuis 1945, peuvent « s’autoriser » l’oubli  et concevoir les apparences trompeuses d’un scoutisme complice. Dans notre région qui a été séparée en deux par la «ligne de démarcation», plus encore que dans toute autre, les Éclaireuses et Éclaireurs de France n’oublient pas le sens de leur engagement.  Yvon parlera de « l’engagement dans un contexte difficile ». Je profite de cet instant pour saluer la présence de Dominique FRANCOIS, fils de Pierre FRANCOIS, grand de notre Mouvement dont il sera longuement question puisqu’il a été Commissaire national à partir de 1941. J’indiquerai seulement que Pierre FRANCOIS a été déclaré « Juste parmi les Nations » par le « Comité international YAD VASHEM » en mai 2011à titre posthume par le « Comité français de Yad Vashem » et que le diplôme a été remis à sa famille le 31 mai 2011 au cours d’une cérémonie qui s’est tenue au Conseil économique, social et environnemental. Que l’Histoire est parfois difficile à écrire...

 

Après la pause, nous aborderons le moment des témoignages. Qu’a apporté à chacun le scoutisme laïque ? En quoi, cette école de l’apprentissage de l’action citoyenne l’a conduit vers d’autres engagements ? On ne nait pas éclaireuse ou éclaireur, on le devient.

Pour témoigner, trois « Anciens » et quatre  dans la vie « éclé » d’aujourd’hui :

- le président départemental de la Ligue de l’Enseignement d’Indre et Loire,

- un maire d’une commune rurale du Loiret, très engagé de tout temps dans la prise en compte du handicap,

- le chargé de mission « Prospective » d’une communauté d’agglomération de notre région Centre et plus précisément du Cher,

- la responsable régionale des EEDF,

- un jeune conseiller municipal d’une ville de 8000 habitants et toujours responsable éclaireur,

- une jeune responsable stagiaire du « Service vacances pour handicapés » d’Orléans,

- et, enfin, un jeune éclaireur de 16 ans.

Cette table ronde sera animée conjointement par Marie-Jeanne Villiers, représentante en Région Centre de l’association des anciens, et par Jean-Amand Declerck, délégué territorial des EEDF.

 

Et pour terminer, nous regarderons vers l’avenir avec Vincent Cocquebert, délégué général des Éclaireuses et Éclaireurs de France, qui nous parlera de « la vitalité de la notion d’engagement citoyen dans la démarche éducative des EEDF ».

 

Avant de leur céder la parole, permettez moi de vous indiquer en quelques dates le lien de notre Mouvement avec la Région Centre, soit par les personnes, soit par les évènements.

 

1936 : les Éclaireurs de France et les Éclaireurs Unionistes fêtent les 25 ans du Scoutisme en France. Baden Powell est invité  à Paris pour l’occasion. La Cérémonie de la Sorbonne qui a lieu le 13 décembre 1936 est honorée de la présence de Marc Rucart, Garde des sceaux et de Jean Zay, Ministre de l’Éducation Nationale et des Beaux Arts. Tous les deux sont des figures orléanaises. 75 ans nous séparent de cette date. Pourtant, il est bienvenu que nous profitions de cette opportunité pour rappeler la vision d’un grand ministre de l’Éducation Nationale sur le scoutisme « éclaireur » connu à l’époque pour sa critique des « vieilles barbes » de l’institution scolaire. La solennité de ses lieux ne nous interdit ni l’évocation historique ni l’humour par ailleurs partagé d’un ministre et d’un auditoire d’éclaireurs.

 

1947 : le scoutisme en France a 35 ans. C’est l’année de la fondation par Jean Loiseau, éclaireur de France, illustrateur du « Journal des éclaireurs » de la Fédération Française de la Randonnée Pédestre et l’ouverture du GR3, premier chemin de grande randonnée en France, dont la particularité est de suivre la Loire.

Le 22 août 1947, est crée le Comité National des Sentiers de Grande Randonnée. Le 31 août 1947, on inaugure symboliquement, à Orléans, le premier tronçon du GR3 d’Orléans à Beaugency sur 28 kms. Une grande et belle aventure commence. Le concept de développement durable n’existait pas encore mais l’ambition du développement durable s’exprimait là à partir de l’expérience et de la prise d’initiative d’un éclaireur…. La « Loire à vélo », grande réalisation interrégionale (Centre et Pays de la Loire) est encore loin, Madame la Conseillère régionale !

 

1961 : l’année du Cinquantenaire des Éclaireurs de France : c’est à Orléans que se déroulera,  du 20 au 22 mai, ce qui restera dans notre histoire comme le «Congrès d’Orléans» où a été en particulier fixée et précisée l’idée de spiritualité au sein du Mouvement Éclaireur. Les interventions qui vont suivre et les débats, ensuite, nous donneront j’en suis sûr l’occasion d’aborder cette question essentielle de la spiritualité à la lumière des principes, des valeurs et de la pratique du scoutisme laïque. Ce congrès est marquant à plus d’un titre. Encore une fois, un Ministre de l’Éducation Nationale marque de son empreinte notre Histoire. Il s’agit de Lucien PAaye, ministre du Général de Gaulle et ancien éclaireur, puis Commissaire Éclaireur au Maroc avant 1940. Le 15 juin 2011, Son Excellence, Monsieur Abdou Diouf présidait la cérémonie des 60 ans de la « Maison Lucien Paye » au sein de la Cité Universitaire internationale, boulevard Jourdan à Paris.  Voici ce qu’il disait en tant qu’ancien résidant dans cette Maison à propos de cet ancien « éclé » :

« Le concept de la diversité culturelle et du dialogue des cultures n’était pas encore inscrit à l’agenda international, ce qui ne nous empêchait pas de tirer la substantifique moelle de cette diversité, et de pratiquer, au quotidien, le dialogue sans avoir à l’annoncer.

A l’instar, de Monsieur Jourdain, nous faisions, sans le savoir, non pas de la prose, mais de la Francophonie avant l’heure ! À cet égard, la personnalité et la carrière de Lucien Paye, dont cette résidence porte fort à propos le nom, me semblent parfaitement emblématiques de ce qui était alors en gestation.

Cet amoureux de la langue française, normalien et agrégé de lettres, cet universitaire, recteur de l’Université de Dakar, puis Ministre de l’Éducation nationale, ce diplomate que j’ai eu l’honneur et le bonheur de rencontrer à maintes reprises lorsqu’il était Ambassadeur au Sénégal et que j’étais Secrétaire général de la Présidence et Directeur de cabinet du Président Senghor (…), cet homme remarquable, ouvert, cultivé, élégant, pétri d’éthique et d’humanité, a incarné au plus haut point «cette solidarité de l’esprit» et «cet humanisme intégral» qui sont, pour Senghor, la définition même de la Francophonie ».

Peut-on ajouter à ces propos empreints d’émotion d’Abdou Diouf que Lucien Paye, en éclaireur qu’il était, a fondé les relations diplomatiques entre La France  et la Chine en devenant notre premier ambassadeur de France à Pékin ! Nous étions loin de la « diplomatie du panda », n’est-ce pas ? Cette diplomatie qui vient d’être concrétisée par l’arrivée le week-end dernier de deux pandas prêtés par la Chine à la France et qui vont vivre dorénavant au zoo de Beauval, dans notre région.

 

Éclaireurs, vous avez dit éclaireurs ?

 

1972 : le Scoutisme laïque  vient de passer le cap de ses 60 ans.

Un « Clan d’Ainés » de la Région Centre, celui de Bourges, choisit comme projet de camp la Pologne. Mode opératoire : l’auto-stop pour découvrir en un peu moins de quatre semaines la moitié Nord du Pays : Poznan, Sczezin, Gdansk, Malbork, Lublin, le camp de concentration de Strutowo et Varsovie, l’historique attachement de nos deux pays l’un envers l’autre (Accueil du Secrétaire général de l’Alliance Pologne-France en gare de Poznan puis au siège de l’Alliance, à Varsovie…. C’était un ancien des «maquis du Forez» où il avait découvert les Éclaireurs de France) et rétablissement de liens distendus avec les Éclaireurs polonais (ZHP). Ce premier contact sera prolongé à partir de 1973 par les « Caravanes sans frontières », service vacances de notre Mouvement implanté à Orléans. Qui ne connait pas ici le 62 Rue du Petit Pont, siège commun de la Région EEDF et du « Service Vacances » ?

Reportons nous maintenant au site de la Mairie d’Orléans,

À  la page « Relations internationales », nous lisons : « Ce sont les Éclaireuses et Éclaireurs de France et les « scouts Huragan » de Cracovie qui ont initié un premier rapprochement entre les deux villes en 1975. Renforcés par l’Association « Loire-Vistule », ces liens ont pris la forme d’un pacte d’amitié signé le 14 mars 1992 entre Cracovie et Orléans ». Vingt ans séparent ces 2 dates et ce « pacte d’amitié » aura également 20 ans cette année.

 

À la moitié de ce parcours, 1972-1992,  l’«état de guerre» est déclaré le 13 décembre 1981 alors que trois responsables ZHP sont justement à Orléans et vont décider de repartir dans leur pays malgré tout… Refus des EEDF d’Orléans de supporter cette rupture de fait et décision de mettre en place un moyen pour maintenir le lien… Ce sera rompu. Un seul souvenir de cette époque : la photo de Baden Powell dans le centre des ZHP où nous dormions au cœur de l’hiver 1982 en plein «état de guerre», nos «sauf-conduits» cachés au fond des sacs à dos, de peur de nous les faire confisquer.

 

Éclaireurs, vous avez dit éclaireurs ?

 

1981 : le Scoutisme laïque a 70 ans. Orléans accueille le congrès international de l’ «Association Mondiale des Guides et Éclaireuses». Il se tient durant une semaine sur le Campus de La Source et parallèlement, de nombreux camps organisés par les Mouvements du Scoutisme français s’installent dans le département. Éclaireurs Unionistes (Protestants), Israëlites et laïques font projet commun: ce seront les camps «Vivre ensemble» de Combreux   et de La Ferté Saint-Aubin. La formule «Vivre ensemble» n’est pas encore célèbre !

 

Éclaireurs, vous avez dit éclaireurs ?

 

Ce sont quelques dates qui montrent une continuité par le moyen d’idées diverses et d’initiatives abouties.

Qui dit engagement dit affirmation de l’engagement individuel. Là est aussi l’enjeu éducatif.

Un mot seulement sur le signe que les Eclaireuses, Eclaireurs, Guides et Scouts du monde entier ont fait depuis les origines et font  encore bien souvent au moment de leur  « prise d’engagement ».

Ce signe là  n’est pas un « jeu de mains, jeu de vilain » ! Il a une signification symbolique :

- le pouce sur l’auriculaire : « le fort protège le faible » signe du principe de fraternité et de solidarité ;

- les  3 autres doigts joints et tenus droits  en résumé et dans un vocabulaire de notre temps :

- vivre en citoyen et  dans la perspective de contribuer à la compréhension entre les hommes ;

être disponible envers son prochain ;

vivre la Règle de l’éclaireur (dite « Règle d’or »)

Il est plus que temps de présenter  cette Histoire  et d’échanger à son propos.

 

Henri-Pierre Debord et Madame Agnès Quatrehomme

 

À suivre en page suivante : résumé du premier diaporama présenté par Yvon Bastide