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2012 : Un colloque à Orléans le 18 janvier 2012

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Sur le thème : « Scoutisme laïque et Éducation à la Citoyenneté : cent ans d’Histoire, une ambition pour l’Avenir »


La réunion a eu lieu au Conseil Régional de la Région Centre, rue Saint Pierre Lentin

 

 

LE PROGRAMME :

 

14H00-14H30 : Accueil des participants

 

14H30 : Ouverture du Colloque :

- Message de bienvenue : Madame Agnès QUATREHOMME, représentant Monsieur François BONNEAU, Président de la Région Centre ;

- Raisons et  objectifs d’un colloque sur l’Éducation à la Citoyenneté organisé par les Anciens Éclaireurs et Éclaireuses : Henri-Pierre DEBORD  (AAEE).

 

15H00-15H30 : le Scoutisme laïque en France : 100 ans d’originalité pour la construction d’un modèle d’éducation à la Citoyenneté  (Yvon BASTIDE, auteur de "100 ans de Laïcité dans le Scoutisme");

 

15H30-16H00 : "Le hameau de BÉCOURS (1981-2001): 30 ans d’un projet collectif, l’aventure d’un haut lieu EEDF" (Philippe BERNAT, auteur de "l’épopée modeste et belle des nouveaux habitants de Bécours" ) ;

 

16H00-16H30 : "1939-1945 : l’engagement dans un contexte difficile" (Yvon BASTIDE, auteur de "Une jeunesse engagée, témoignages et documents sur le scoutisme laïque pendant la guerre, 1939-1945")

 

16H30-16H45 : Pause-rencontre avec l’AAEE, les EEDF et les auteurs ;

 

16H45-17H00 : Temps commémoratif : remise à Hélène MOUCHARD-ZAY et Catherine MARTIN-ZAY du fac-simile du discours de Jean ZAY à la Sorbonne le 02 décembre 1936 à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire du scoutisme en France en présence de Lord BADEN-POWELL et de Lady BADEN-POWELL

 

17H00-17H45: Table ronde « Diversité des formes de l’engagement citoyen » (témoignages d’"anciens" et aspirations de "jeunes");

 

17H45-18H15 : La vitalité  de la notion d’" engagement citoyen", aujourd’hui, dans la démarche éducative des EEDF (Vincent COCQUEBERT, Délégué général des EEDF)) ;

 

18H15-18H30 : Conclusions par Jacques DELOBEL Président national des Anciens Éclaireurs et Éclaireuses

 

18H30 : Clôture.

 

 


 

Le message d'introduction de Henri-Pierre DEBORD :

 

Madame la Conseillère Régionale, représentant Monsieur le Président de la Région Centre,

Madame la Conseillère régionale,

Monsieur le Conseiller membre du Conseil économique, social et environnemental régional,

Monsieur le Conseiller général,

Mesdames, Messieurs,

Chers amis,

 

L’Association des Anciens Éclaireurs et Éclaireuses est heureuse de vous accueillir au sein de ce Conseil Régional, dans cet hémicycle symbolique du débat démocratique et lieu des délibérations qui conditionnent la vie  et le développement de notre Région.

Elle vous doit cette chance, Madame la Conseillère régionale  à vous qui avez accepté de nous  recevoir ici  à l’occasion de ce modeste colloque réuni sur le thème « Scoutisme laïque et éducation à la Citoyenneté : 100 ans d’Histoire, une ambition pour l’avenir ».  Je tiens à vous en remercier avec la plus grande sincérité et ma profonde reconnaissance. Et vous demande de bien vouloir retransmettre ces remerciements à Monsieur François BONNEAU et à son Directeur de cabinet.

 

En nous accueillant ici, vous honorez ainsi la plus ancienne (avec les Éclaireurs unionistes, d’inspiration protestante)  association du Scoutisme en France. La branche « laïque » du Scoutisme français et  la branche protestante viennent  en effet de fêter  en 2011 les 100 ans de leur  fondation, date  qui correspond de  fait à la naissance du Scoutisme dans notre pays.

 

Le mot d’ « Éclaireur »  (En anglais, Scout) est né. Ou plutôt, l’acception du terme « éclaireur » s’enrichit à ce moment là.

Les dictionnaires de la langue française nous révèlent en parallèle deux définitions :

- La première : « Celui qui éclaire les autres, qui a pour mission de partir en avant afin d’observer les lieux et de rapporter les informations susceptibles d’aider à voir clair ceux qui sont restés en arrière » ; cette définition doit beaucoup à la culture militaire –n’oublions pas que Robert Baden Powell était  au moment de la fondation du Scoutisme officier général-. Mais va au-delà !

- La seconde : « Membre d’une « association de scoutisme » (par opposition aux « scouts ») autre que catholique.

Gardons ces deux définitions à l’esprit. Elles sont toutes deux utiles à la fois pour la compréhension historique et l’observation des enjeux de notre scoutisme de demain.

 

La laïcité, nous dit le Haut Conseil à l’intégration dans son avis sur le projet de « Charte de la laïcité dans les services publics » de janvier 2007, « représente aujourd’hui avant tout une liberté accordée à chacun et non une contrainte imposée à tous ». La laïcité, qui implique la séparation de la sphère publique  et de la sphère  privée est le seul outil qui permette d’éviter l’éclatement de l’espace public en segments, en communautés étanches.

 

C’est ici  qu’apparait l’enjeu éducatif considérable de la défense de la liberté de conviction, appelée en France la « liberté de Conscience ». La liberté  de chacun, la liberté d’autrui  doit être préservée dans les faits. Elle est  reconnue institutionnellement. C’est un principe républicain. Mais, chacun est en mesure de comprendre que cette « Liberté de conscience »  n’est ni définitive ni garantie concrètement par le seul jeu institutionnel. Chacun devrait donc avoir un rôle à jouer pour sa préservation.

- car autrui commence près de soi. C’est celui avec qui le « Vivre ensemble » est un pari de tous les instants.

- car autrui commence en soi   Sa préservation devient alors, aussi un devoir citoyen, une prise en charge par chacun de la défense d’un droit  universel. Et ce « chacun d’entre nous ne commence-t-il pas en nous même  car, interrogeons nous un instant, nous connaissons nous bien nous même, rien est moins sûr !

 

Apprendre à se connaître dans l’action réfléchie et partagée et non pas dans le cabinet du psy après le divorce des parents, la découverte d’un handicap, la survenance d’un accident de la vie, ou encore lorsque l’on réussit ce que d’autres ne parviennent pas à réaliser et que l’on risque de se considérer comme définitivement supérieur, c’est l’enjeu des « Scouts laïques » depuis 100 ans.

Apprendre à se connaître parmi les autres dans l’action réfléchie, dans le jeu, le projet, l’aventure, l’action solidaire partagée, tels sont les enjeux du Scoutisme laïque depuis 100 ans maintenant.

Apprendre à s’affirmer dans le loisir exigeant et l’effort partagé, sans autres distinctions que celles liées à un savoir faire et à des qualités propres admises et reconnues, lequel  effort est fourni  auprès  des autres et non pas dirigé contre les autres, c’est le pari du Scoutisme laïque depuis ses origines jusqu’à aujourd’hui et pour demain.

C’est cette histoire ci que nous souhaitons partager avec vous cet après midi.

L’objectif est tout simple : expliquer l’histoire de cet enjeu de l’affirmation de soi par l’apprentissage de la vie concrète en micro sociétés avec ses règles, ses valeurs, un pari et une espérance : celui et celle de parvenir au but fixé par le jeu, le projet, l’aventure.  Ce pari et cette espérance ont été et sont aujourd’hui encore le fondement de l’engagement de milliers d’hommes et de femmes passionnés d’éducation par l’action, engagés par ailleurs bien souvent dans la vie de la Cité.

Qu’est ce donc que l’ « engagement » dans le Scoutisme et tout particulièrement dans le Scoutisme laïque ?

Beaucoup d’entre vous se sont peut-être amusés des apparences de rites, de mots, de gestes du scoutisme ; cet amusement a même pu avoir pour conséquence de donner l’envie à certains de « jeter le bébé avec l’eau du bain ».

L’exercice de mémoire qui va être conduit cet après midi sera associé  au  rappel de faits historiques de la grande Histoire  et de nos petites histoires car il a aussi pour ambition de permettre de distinguer le bébé et l’eau. En ces temps assez confus, ceci n’est sans doute pas inutile.

 

Le programme qui va se dérouler  tente de faire  le lien entre passé, présent et avenir, d’expliquer et  d’éclairer ce siècle de scoutisme fondateur, innovant, en recherche permanente d’équilibre entre le fond et la forme. Car il ne peut y avoir de présent  sans passé, ni d’avenir  à construire sans l’usage des repères du passé.

Yvon BASTIDE, auteur de l’ouvrage édité à l’occasion de notre centenaire « 100 ans de Laïcité dans le Scoutisme et l'éducation populaire » va tout d’abord traitr du sujet « le Scoutisme laïque en France : 100 ans d’originalité pour la construction d’un modèle d’éducation à la Citoyenneté ».

Puis en accord avec Hélène MOUCHARD-ZAY, en guise de contrepoint à ce survol historique et la mise en perspective de l’engagement éclaireur », nous remettrons aux filles de Jean ZAY, en témoignage de notre souvenir et de notre reconnaissance envers le Ministre de l’Éducation nationale qu’il a été, une copie de l’éditorial du « Chef », la revue des Responsables « Eclaireurs de France » qui reprend et commente de très larges extraits du discours qu’il prononça le 13 décembre 1936 à l’occasion de la cérémonie du 25ème anniversaire de notre Mouvement.

 

Ensuite viendra le temps d’évoquer les trente dernières années des Eclaireuses et Eclaireurs de France par le prisme de l’aventure collective à l’échelle nationale que représente la création et la vie d’un lieu central de rencontres, d’expérimentations et de formation des responsables et des jeunes. Pour nous en parler, Philippe BERNAT, auteur en collaboration avec Bernard MACHU, initialement pressenti du livre « L’épopée modeste et belle des nouveaux habitants de BECOURS ». Le thème en sera « BECOURS 1981-2011 : 30 ans d’un projet collectif, l’aventure d’un haut lieu EEDF). Bernard MACHU ne peut être avec nous cet après midi. Professeur d’histoire à la retraite depuis septembre, il participe activement à la préparation au concours d’entrée dans les Instituts d’Études Politiques de jeunes des lycées de l’agglomération grenobloise implantés dans des quartiers qualifiés de difficiles. « Éclaireur un jour, éclaireur toujours »… on ne se refait pas.

DE 1911 à 2011, que d’histoires d’engagements différents déterminés bien souvent par la grande histoire et l’état réel de la société. Qui pense que le scoutisme forme de doux rêveurs ?

 

J’ai demandé à Yvon BASTIDE d’aborder la période de la guerre 39-45, de l’occupation nazie et du régime de VICHY. Il est l’auteur de « Une jeunesse engagée : le Scoutisme laïque pendant la guerre 1939-1945 ». À la lumière de ce récit, nous souhaitons mettre en valeur que nos sociétés en paix, et notamment la société française depuis 1945, peuvent « s’autoriser » l’oubli  et concevoir les apparences trompeuses d’un scoutisme complice. Dans notre région qui a été séparée en deux par la «ligne de démarcation», plus encore que dans toute autre, les Éclaireuses et Éclaireurs de France n’oublient pas le sens de leur engagement.  Yvon parlera de « l’engagement dans un contexte difficile ». Je profite de cet instant pour saluer la présence de Dominique FRANCOIS, fils de Pierre FRANCOIS, grand de notre Mouvement dont il sera longuement question puisqu’il a été Commissaire national à partir de 1941. J’indiquerai seulement que Pierre FRANCOIS a été déclaré « Juste parmi les Nations » par le « Comité international YAD VASHEM » en mai 2011à titre posthume par le « Comité français de Yad Vashem » et que le diplôme a été remis à sa famille le 31 mai 2011 au cours d’une cérémonie qui s’est tenue au Conseil économique, social et environnemental. Que l’Histoire est parfois difficile à écrire...

 

Après la pause, nous aborderons le moment des témoignages. Qu’a apporté à chacun le scoutisme laïque ? En quoi, cette école de l’apprentissage de l’action citoyenne l’a conduit vers d’autres engagements ? On ne nait pas éclaireuse ou éclaireur, on le devient.

Pour témoigner, trois « Anciens » et quatre  dans la vie « éclé » d’aujourd’hui :

- le président départemental de la Ligue de l’Enseignement d’Indre et Loire,

- un maire d’une commune rurale du Loiret, très engagé de tout temps dans la prise en compte du handicap,

- le chargé de mission « Prospective » d’une communauté d’agglomération de notre région Centre et plus précisément du Cher,

- la responsable régionale des EEDF,

- un jeune conseiller municipal d’une ville de 8000 habitants et toujours responsable éclaireur,

- une jeune responsable stagiaire du « Service vacances pour handicapés » d’Orléans,

- et, enfin, un jeune éclaireur de 16 ans.

Cette table ronde sera animée conjointement par Marie-Jeanne Villiers, représentante en Région Centre de l’association des anciens, et par Jean-Amand Declerck, délégué territorial des EEDF.

 

Et pour terminer, nous regarderons vers l’avenir avec Vincent Cocquebert, délégué général des Éclaireuses et Éclaireurs de France, qui nous parlera de « la vitalité de la notion d’engagement citoyen dans la démarche éducative des EEDF ».

 

Avant de leur céder la parole, permettez moi de vous indiquer en quelques dates le lien de notre Mouvement avec la Région Centre, soit par les personnes, soit par les évènements.

 

1936 : les Éclaireurs de France et les Éclaireurs Unionistes fêtent les 25 ans du Scoutisme en France. Baden Powell est invité  à Paris pour l’occasion. La Cérémonie de la Sorbonne qui a lieu le 13 décembre 1936 est honorée de la présence de Marc Rucart, Garde des sceaux et de Jean Zay, Ministre de l’Éducation Nationale et des Beaux Arts. Tous les deux sont des figures orléanaises. 75 ans nous séparent de cette date. Pourtant, il est bienvenu que nous profitions de cette opportunité pour rappeler la vision d’un grand ministre de l’Éducation Nationale sur le scoutisme « éclaireur » connu à l’époque pour sa critique des « vieilles barbes » de l’institution scolaire. La solennité de ses lieux ne nous interdit ni l’évocation historique ni l’humour par ailleurs partagé d’un ministre et d’un auditoire d’éclaireurs.

 

1947 : le scoutisme en France a 35 ans. C’est l’année de la fondation par Jean Loiseau, éclaireur de France, illustrateur du « Journal des éclaireurs » de la Fédération Française de la Randonnée Pédestre et l’ouverture du GR3, premier chemin de grande randonnée en France, dont la particularité est de suivre la Loire.

Le 22 août 1947, est crée le Comité National des Sentiers de Grande Randonnée. Le 31 août 1947, on inaugure symboliquement, à Orléans, le premier tronçon du GR3 d’Orléans à Beaugency sur 28 kms. Une grande et belle aventure commence. Le concept de développement durable n’existait pas encore mais l’ambition du développement durable s’exprimait là à partir de l’expérience et de la prise d’initiative d’un éclaireur…. La « Loire à vélo », grande réalisation interrégionale (Centre et Pays de la Loire) est encore loin, Madame la Conseillère régionale !

 

1961 : l’année du Cinquantenaire des Éclaireurs de France : c’est à Orléans que se déroulera,  du 20 au 22 mai, ce qui restera dans notre histoire comme le «Congrès d’Orléans» où a été en particulier fixée et précisée l’idée de spiritualité au sein du Mouvement Éclaireur. Les interventions qui vont suivre et les débats, ensuite, nous donneront j’en suis sûr l’occasion d’aborder cette question essentielle de la spiritualité à la lumière des principes, des valeurs et de la pratique du scoutisme laïque. Ce congrès est marquant à plus d’un titre. Encore une fois, un Ministre de l’Éducation Nationale marque de son empreinte notre Histoire. Il s’agit de Lucien PAaye, ministre du Général de Gaulle et ancien éclaireur, puis Commissaire Éclaireur au Maroc avant 1940. Le 15 juin 2011, Son Excellence, Monsieur Abdou Diouf présidait la cérémonie des 60 ans de la « Maison Lucien Paye » au sein de la Cité Universitaire internationale, boulevard Jourdan à Paris.  Voici ce qu’il disait en tant qu’ancien résidant dans cette Maison à propos de cet ancien « éclé » :

« Le concept de la diversité culturelle et du dialogue des cultures n’était pas encore inscrit à l’agenda international, ce qui ne nous empêchait pas de tirer la substantifique moelle de cette diversité, et de pratiquer, au quotidien, le dialogue sans avoir à l’annoncer.

A l’instar, de Monsieur Jourdain, nous faisions, sans le savoir, non pas de la prose, mais de la Francophonie avant l’heure ! À cet égard, la personnalité et la carrière de Lucien Paye, dont cette résidence porte fort à propos le nom, me semblent parfaitement emblématiques de ce qui était alors en gestation.

Cet amoureux de la langue française, normalien et agrégé de lettres, cet universitaire, recteur de l’Université de Dakar, puis Ministre de l’Éducation nationale, ce diplomate que j’ai eu l’honneur et le bonheur de rencontrer à maintes reprises lorsqu’il était Ambassadeur au Sénégal et que j’étais Secrétaire général de la Présidence et Directeur de cabinet du Président Senghor (…), cet homme remarquable, ouvert, cultivé, élégant, pétri d’éthique et d’humanité, a incarné au plus haut point «cette solidarité de l’esprit» et «cet humanisme intégral» qui sont, pour Senghor, la définition même de la Francophonie ».

Peut-on ajouter à ces propos empreints d’émotion d’Abdou Diouf que Lucien Paye, en éclaireur qu’il était, a fondé les relations diplomatiques entre La France  et la Chine en devenant notre premier ambassadeur de France à Pékin ! Nous étions loin de la « diplomatie du panda », n’est-ce pas ? Cette diplomatie qui vient d’être concrétisée par l’arrivée le week-end dernier de deux pandas prêtés par la Chine à la France et qui vont vivre dorénavant au zoo de Beauval, dans notre région.

 

Éclaireurs, vous avez dit éclaireurs ?

 

1972 : le Scoutisme laïque  vient de passer le cap de ses 60 ans.

Un « Clan d’Ainés » de la Région Centre, celui de Bourges, choisit comme projet de camp la Pologne. Mode opératoire : l’auto-stop pour découvrir en un peu moins de quatre semaines la moitié Nord du Pays : Poznan, Sczezin, Gdansk, Malbork, Lublin, le camp de concentration de Strutowo et Varsovie, l’historique attachement de nos deux pays l’un envers l’autre (Accueil du Secrétaire général de l’Alliance Pologne-France en gare de Poznan puis au siège de l’Alliance, à Varsovie…. C’était un ancien des «maquis du Forez» où il avait découvert les Éclaireurs de France) et rétablissement de liens distendus avec les Éclaireurs polonais (ZHP). Ce premier contact sera prolongé à partir de 1973 par les « Caravanes sans frontières », service vacances de notre Mouvement implanté à Orléans. Qui ne connait pas ici le 62 Rue du Petit Pont, siège commun de la Région EEDF et du « Service Vacances » ?

Reportons nous maintenant au site de la Mairie d’Orléans,

À  la page « Relations internationales », nous lisons : « Ce sont les Éclaireuses et Éclaireurs de France et les « scouts Huragan » de Cracovie qui ont initié un premier rapprochement entre les deux villes en 1975. Renforcés par l’Association « Loire-Vistule », ces liens ont pris la forme d’un pacte d’amitié signé le 14 mars 1992 entre Cracovie et Orléans ». Vingt ans séparent ces 2 dates et ce « pacte d’amitié » aura également 20 ans cette année.

 

À la moitié de ce parcours, 1972-1992,  l’«état de guerre» est déclaré le 13 décembre 1981 alors que trois responsables ZHP sont justement à Orléans et vont décider de repartir dans leur pays malgré tout… Refus des EEDF d’Orléans de supporter cette rupture de fait et décision de mettre en place un moyen pour maintenir le lien… Ce sera rompu. Un seul souvenir de cette époque : la photo de Baden Powell dans le centre des ZHP où nous dormions au cœur de l’hiver 1982 en plein «état de guerre», nos «sauf-conduits» cachés au fond des sacs à dos, de peur de nous les faire confisquer.

 

Éclaireurs, vous avez dit éclaireurs ?

 

1981 : le Scoutisme laïque a 70 ans. Orléans accueille le congrès international de l’ «Association Mondiale des Guides et Éclaireuses». Il se tient durant une semaine sur le Campus de La Source et parallèlement, de nombreux camps organisés par les Mouvements du Scoutisme français s’installent dans le département. Éclaireurs Unionistes (Protestants), Israëlites et laïques font projet commun: ce seront les camps «Vivre ensemble» de Combreux   et de La Ferté Saint-Aubin. La formule «Vivre ensemble» n’est pas encore célèbre !

 

Éclaireurs, vous avez dit éclaireurs ?

 

Ce sont quelques dates qui montrent une continuité par le moyen d’idées diverses et d’initiatives abouties.

Qui dit engagement dit affirmation de l’engagement individuel. Là est aussi l’enjeu éducatif.

Un mot seulement sur le signe que les Eclaireuses, Eclaireurs, Guides et Scouts du monde entier ont fait depuis les origines et font  encore bien souvent au moment de leur  « prise d’engagement ».

Ce signe là  n’est pas un « jeu de mains, jeu de vilain » ! Il a une signification symbolique :

- le pouce sur l’auriculaire : « le fort protège le faible » signe du principe de fraternité et de solidarité ;

- les  3 autres doigts joints et tenus droits  en résumé et dans un vocabulaire de notre temps :

- vivre en citoyen et  dans la perspective de contribuer à la compréhension entre les hommes ;

être disponible envers son prochain ;

vivre la Règle de l’éclaireur (dite « Règle d’or »)

Il est plus que temps de présenter  cette Histoire  et d’échanger à son propos.

 

Henri-Pierre Debord et Madame Agnès Quatrehomme

 

À suivre en page suivante : résumé du premier diaporama présenté par Yvon Bastide

 

 


 

 

1911 - 2011

Cent ans d’originalité

pour la construction d’un modèle

d’éducation à la citoyenneté

 

Résumé (rapide) de l’ouvrage « Cent ans de laïcité dans le scoutisme et l’éducation populaire »


*   La période :

-   1907 : Robert Baden-Powell « invente » le scoutisme en Grande-Bretagne,

-   1910 : Georges Gallienne et Georges Bertier l’expérimentent,

-   1911 : Nicolas Benoit et Pierre de Coubertin organisent deux associations.

 

*   Première originalité : dès sa création, l’adaptation « culturelle »

-   avec absence de référence religieuse, qui deviendra la laïcité du Mouvement,

-   avec une opposition ferme de la hiérarchie catholique.

 

*   Deuxième originalité : l’adaptation aux filles et aux différents âges

-   le scoutisme s’adapte aux filles dès 1912, aux « louveteaux » et aux « routiers »,

-   pas de référence religieuse pour une section de la Fédération Française des Éclaireuses.

 

*   Troisième originalité : après la première guerre mondiale

-   abandon du caractère militaire dès 1920, structuration « territoriale »,

-   invention de la formation des cadres : camp-école de Cappy.

 

*   Quatrième originalité : dans les années 30

-   rapprochement de l’école publique avec Jean Zay, éducation populaire avec Léo Lagrange,

-   ouverture : création des CEMEA,

-   extension aux handicapés, adaptation aux colonies.

 

*   Cinquième originalité : pendant la guerre 1939-1945

-   derrière une façade de coopération avec le régime,

-   résistance passive et active, aux plans national et individuel.

 

*   Sixième originalité : après la guerre, du scoutisme « scout » au scoutisme « citoyen »

-   remise en cause des branches après réflexion et expériences,

-   fonctionnement démocratique, activités, information « politique » pour les ainés,

-   nouvel article premier des statuts : laïcité, coéducation des filles et des garçons,

-   au total : un modèle de formation des citoyens.

 

*   En conclusion, fidélité aux principes du scoutisme…

en même temps qu’innovation pour répondre aux évolutions de la société

 

« Éduquer la génération future pour en faire des citoyens utiles

ayant un point de vue plus vaste que jadis »

(Baden-Powell, 1932)

 

 

 


 

Résumé (rapide) de la présentation du hameau de Bécours par Philippe Bernat :

 


 

 

 

 

 

 

 

 


 

1939 - 1945

L’engagement

dans un contexte difficile

Questions pour aujourd’hui

 

 

Résumé (rapide) de l’ouvrage « Une jeunesse engagée »

Présentation à l’occasion des rencontres « Transhumances » à Bécours en août 2011

 


*   La période :

-   1939 : le pacifisme / le fascisme / la guerre / la défaite,

-   1940 : l’État Français / les lois d’exclusion / la France Libre à Londres,

-   1941 : les débuts de la Résistance / le maintien des activités,

-   1942 : les déportations / l'interdiction des E.I.

-   1943 : le S.T.O. / les maquis / Alger.

 

*   L’État Français :

-   les lois d’exclusion,

-   l’interdiction du scoutisme en zone occupée,

-   la politique jeunesse du régime et la façade de coopération.

->  les réponses par l’engagement :

 

L’organisation d’activités clandestines en zone occupée

-   le rôle de Pierre Déjean, déporté et assassiné à Mauthausen,

-   l’exemple de Troyes.

 

La participation à la Résistance intérieure :

-   maquis : Jean Estève et les « maquis écoles »,

-   choix individuels : agents de liaison, agents secrets, …

-   choix collectifs : clans (Grenoble, Quimper, …)

 

L’aide aux Juifs pourchassés :

-   accueil dans les familles : Toulouse, Vichy (équipe nationale), …

-   aide à « la Sixième » : Lucien Fayman.

 

Les relations avec le gouvernement d’Alger

-   contacts dès 1943 (André Basdevant),

-   rencontre avec J.P. Fraval,

-   participation à la réflexion du C.N.R. sur la formation du citoyen.

 

*   Un résumé par Raymond Aubrac, ancien E.D.F. :

« Respect de l’autre, quels que fussent son origine, son milieu, ses croyances »

 

*   Après la seconde guerre mondiale, autres occasions d’engagement :

-   décolonisation, guerre d’Algérie,

-   racisme, négation des atrocités, génocides,

-   injustices sociales…

 

-> engagement = réagir quand la situation l’exige

mais aussi être vigilant pour qu’elle ne l’exige pas : INDIGNEZ-VOUS ?

 

 


 

La "table ronde" : les interventions de "témoins" :

 

 

« Pour moi, tout commence par le nécessaire apprentissage de l’autonomie »

Denis Maljean

 

Il n'est pas aisé de prendre la parole après l'intervention d'Yvon Bastide qui nous témoignait de l'engagement citoyen « sans limites » de nos aînés durant l'Occupation...

 

Tout d’abord : qui suis-je ?

Denis Malean, 30 ans, archéologue : je viens de terminer, une charge de cours à l’Université François Rabelais de Tours. Conseiller municipal de Loches (Sous-préfecture d’Indre-et-Loire, 7 000 habitants) et ancien Responsable régional Centre des EEDF de novembre 2005 à nov.2009 élu à pour la première fois à 23 ans.

 

Lorsque l'on m'a demandé de venir apporter mon témoignage, je ne souhaitais pas simplement venir vous parler de mon « parcours », ni  vous l'exposer, ni d'ailleurs, en rechercher les raisons, mais plutôt  comprendre ce qui a permis cet « engagement citoyen ».

 

Qu’est-ce que la Citoyenneté ?

 

« La Cité (latin civitas) est un mot désignant, dans l’Antiquité avant la création des États, un groupe d’hommes sédentarisés libres, pouvant avoir des esclaves, constituant une société politique, indépendante des autres, ayant son gouvernement, ses lois, sa religion et ses propres mœurs. »

« La Citoyenneté est le fait pour une personne, pour une famille ou pour un groupe, d'être reconnu comme membre d'une Cité (aujourd'hui d'un État) nourrissant un projet commun auquel ils souhaitent prendre une part active. »

Merci Wikipédia ! Pour 10 minutes d'intervention, c'est suffisant !

 

Vous en conviendrez : nos associations (loi 1901) sont de « petites cités », nos communes et collectivités territoriales sont des cités, etc.….Ces exemples de cités sont aussi multiformes que les engagements que nous pourrions y prendre et que les formes démocratiques qui s'y expriment.

 

Pour moi, tout commence par le nécessaire « apprentissage de l’autonomie »

Je reviens donc sur quelques étapes, quelques moments-clés, brièvement résumés.

 

- 1989 : début des activités chez les louveteaux (8/11 ans) du « Groupe local EEDF » de Loches.

C'est la découverte de la vie en collectivité, c'est aussi l'apprentissage du choix et du respect de « Règles de vie », votées par le groupe d'enfants.

 

- Etés 1993, 94, 95, 96 : les camps Eclés (11/15 ans) et leurs inoubliables « explos ».

L'explo est une activité de quelques jours en autonomie, sans adulte donc, à condition qu'elle soit d’une part inscrite dans le projet éducatif associatif et  d’autre part complétée d'une autorisation parentale et surtout d'une bonne préparation du projet par les jeunes, en complète confiance avec l'équipe de responsables d'animation. Par la gestion de cette activité en autonomie, en petites équipes de 6 à 8 (l' « équipage »), les jeunes choisissent leur projet, leurs responsabilités et élisent leur « coordinateur ».

 

L'explo et l'équipage sont une forme de « cité élémentaire » où chaque problème, chaque compétence a un responsable ou un référent formé à régler la question posée.

Ces inoubliables expériences de vie collective sont décisives dans la construction d'un individu libre. Ce modèle de « Cité idéale » est, je pense, reproductible à diverses échelles, en fonction du degré d'autonomie que l'on acquiert ou que l'on vous accorde...

 

- printemps 2002... 2008 : les formations BAFA (Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur obtenu à la suite de trois  stages : le premier de formation générale, le second de formation pratique et le troisième de perfectionnement ou qualification.

 

Je suis de ceux qui considèrent aujourd'hui l'inscription de jeunes adultes en formation BAFA un peu comme une nouvelle forme de rite de passage à l'âge adulte où, en l'espace de quelques jours de formation, se pose une nécessaire et profonde prise de recul sur soi, sur ses motivations, sur ses engagements naissants ou en devenir.

Apprendre à de jeunes animateurs à devenir autonomes et à s'organiser dans l'accueil d'enfants ou de jeunes, leur transmettre des "billes" pour faire vivre aussi, à ces mêmes enfants ou jeunes, des temps démocratiques - Conseils, Règles de vie - n'a jamais été anodin...

 

- Novembre 2005... Novembre 2009 : mon mandat de Responsable régional EEDF.

Le moins que l'on puisse en dire, c'est que ce fut une expérience intéressante et formatrice, très certainement liée à l'apparente complexité de l'organisation de notre association unique de près de 30 000 adhérents : une Assemblée générale souveraine avec des délégués des territoires élus et représentants de droit, un Comité directeur élu, une Equipe nationale permanente, un Conseil national consultatif...

 

Mais revenons plutôt à la problématique posée : qu'est-ce qui m'a permis cet « engagement citoyen », d'abord au     service des EEDF, puis au service de la Collectivité ?

Je pense vraiment que rien n'aurait été possible sans cet apprentissage continu de l'autonomie que je viens d'évoquer : qu'il s'agisse d'une autonomie intellectuelle (comprendre, faire des choix, prendre des décisions, les exprimer...), mais aussi d'une autonomie matérielle (savoir se prendre en charge dans la vie de tous les jours, s'organiser...), voire financière.

 

C'est dans la période de transition, de près d'un an et demi, entre la fin de mes études et l'entrée dans le monde du travail, bénéficiant du RMI (car ne souhaitant plus dépendre de la solidarité familiale), que mes engagements ont été les plus prenants, prenants en temps, mais j'avais le temps ! Bénéficiaire d'un "minimum social", je retrouvais ainsi une utilité sociale à mon inactivité professionnelle (que je n'avais pas choisie) au service des enfants et des jeunes, pour des loisirs et des vacances intelligents, à travers l'Éducation populaire, puis au service d'un plus grand nombre...

 

- Hiver 2007/2008... Octobre 2011 : projet municipal et tout récent mandat de Conseiller municipal.

 

C''est à la fin de cette période que je suis devenu directeur de campagne de Monsieur BEFFARA, l’un des Vice-présidents de l'Assemblée qui nous accueille aujourd'hui,  à l'occasion des élections municipales de 2008.

Après les élections de 2002 (Le Pen au second tour), puis de 2007 qui ont inauguré une période de méfiance envers la jeunesse et une fragilisation du monde de l'Éducation et pas seulement de l'École, je souhaitais donc aller plus loin, être acteur de ma ville, mais plus uniquement au service de ses jeunes.

 

Il s'agissait, en fait, d'élargir la méthode du projet d'activité ou du projet associatif, pour un « projet pour tous ».

 

Nous avons malheureusement perdu ces élections. Je siège depuis quelques mois au Conseil municipal de Loches dans les rangs de l'opposition. C'est parfois un peu ingrat : préparer, exposer des contre-propositions qui ne seront jamais acceptées ni votées.

 

C'est aussi un peu difficile pour le groupe local EEDF qui a tant contribué à ma formation citoyenne et qui se retrouve contraint de déménager à chaque début de nouveau mandat du maire actuel, ses locaux mis à disposition par la commune ayant été vendus.

 

C'est pour cette raison que, bien que toujours actif en tant que « Responsable d'animation », je ne participe pas à l' « Equipe de groupe ».

Et dans cet engagement, quelle est la motivation ?

 

Peut-on être désintéressé quand on se met au service d'autrui ?

Très sincèrement, je ne le pense pas. J'ai certainement, comme vous ici, des difficultés à exprimer les raisons de ma motivation, mais ce dont je suis sûr, c'est que nous y trouvons tous un intérêt.

 

Il n'est pas nécessairement vénal. Je tiens d'ailleurs à préciser que je n'ai jamais bénéficié d'aucune indemnité pour aucun de mes mandats associatifs ou électoral. Je n'y suis pas non plus opposé.

Il n'est pas anormal quand on donne de son temps, parfois beaucoup, que l'on n'y perde pas d'argent...

Ce qui est certain c'est qu'un engagement citoyen peut être valorisant, parfois auprès des autres, mais surtout pour soi-même.

 

Ma conclusion portera sur l’ « ambition pour l’avenir »

Faciliter l'autonomie des jeunes, c'est favoriser leur engagement citoyen.

 

Je connais les pistes de réflexions engagées chez les EEDF (et ailleurs ! au sujet du bénévolat, de sa valorisation Ne les abandonnez pas.

J'ai toujours détesté que certains caricaturent le débat autour de la question de l' « allocation d'autonomie des jeunes »... Une des clefs de l'engagement, l'un des défis de demain, réside dans le temps libre, dans le temps libre disponible.

Je vous remercie de votre écoute.

 

 

« Cette  école de la citoyenneté  des EEDF m’a permis l’apprentissage de la société et de l’autonomie »

Bernard Pascaud

 

Mon engagement aux « éclés » date de cinq décennies. J’ai effectivement été « louveteau », «éclaireur », « routier », « responsable de la branche éclaireur », parent, puis quelques années plus tard « responsable de groupe » et enfin trésorier régional. Au gré des déménagements j’ai ainsi connu les EEDF en Aquitaine, dans le Nord et en région Centre.

Cet engagement dans un mouvement d’éducation populaire se poursuit aujourd’hui au sein de la Ligue de l’Enseignement comme Président de la Fédération d’Indre et Loire.

L’ « éducation à la Citoyenneté » constitue un point commun même si les formes d’intervention peuvent être différentes. Cette « école de la Citoyenneté » des EEDF m’a permis l’apprentissage de  la société et de l’autonomie. Ces acquis sont permanents et m’ont été utiles tout au long de ma vie professionnelle.

La préoccupation du « Vivre ensemble » est, bien sur, toujours d’actualité.

Au delà des éclats médiatiques, les collectivités souvent démunies se tournent vers les mouvements d’éducation populaire. Notre fédération est très sollicitée pour intervenir sur la laïcité, la diversité, et la citoyenneté auprès des éducateurs et animateurs.

Il me semble que le groupe local EEDF peut répondre de façon complémentaire à cette attente car il agit directement auprès des jeunes avec un projet global d’éducation à la citoyenneté fondé sur les mêmes valeurs. Mais les EEDF ne peuvent agir seuls. Ils doivent rechercher des synergies parmi les autres mouvements laïques. Même si elles sont peu développées aujourd’hui. Aussi il me parait intéressant d’étudier avec la région EEDF Centre les conditions de création d’un groupe local en Indre et Loire en s’appuyant sur la structure fédérale de la Ligue de l’Enseignement.

Merci à vous et aux organisateurs de cette manifestation

 

 


«Je me suis construite grâce aux valeurs défendues par notre Association, mais également par le sentiment d’appartenance qui se dégage de nos rassemblements »

Céline Werry

 

Je suis aux « éclés » depuis l’année 2000, principalement au sein du Service Vacances d’Orléans.

 

A l’époque, j’étais en études supérieures de comptabilité et pour financer mes études je me suis dirigée vers l’encadrement de séjours pour des personnes ayant un handicap.

 

N’ayant pas le BAFA, le service m’a proposé de travailler avec des adultes durant trois semaines. Cette expérience fût pour moi une révélation, la rencontre avec le public, la vie au grand air…

 

Par la suite, j’ai refais un séjour en tant qu’animatrice, puis j’ai eu l’opportunité de me former afin de devenir directrice de séjour.

 

A partir de 2003, mes études étant achevées, j’ai encadré des séjours sur toutes les saisons et me suis spécialisée sur les séjours à l’étranger (Espagne, Italie, Pérou…).

 

J’ai été, durant quatre  années, responsable du « Collectif vacances ».  Il s’agit d’un groupe de directeurs, d’animateurs qui souhaitent s’investir tout au long de  l’année pour encadrer des week-end de formation, créer ou faire évoluer des outils, participer aux événements de l’Association…

 

Ces expériences ont confirmé mon souhait de travailler avec ce public sur le long terme. Par la suite et grâce à mon parcours au sein des EEDF, j’ai pu intégrer une équipe pluri professionnelle en charge d’adultes handicapés mentaux au sein d’un « Foyer d’Accueil Médicalisé » durant cinq ans puis  au sein d’un « Foyer de Vie » avec de jeunes adultes.

Depuis j’ai obtenu, par VAE, mon diplôme d’ « Aide Médico Psychologique » afin de pouvoir être reconnue professionnellement.

 

De nature plutôt curieuse, j’ai voulu découvrir l’Association dans sa globalité. J’ai donc participé à la création et à la mise en place du groupe de Châteauneuf sur Loire en tant que trésorière.

J’ai également participé à une session de formation de formateurs et par la suite encadré des stages de perfectionnement  BAFA au sein des CEMEA.

 

Le service nous proposant régulièrement de nous investir sur des « temps politiques » de l’Association, j’ai été à plusieurs reprises élue déléguée à l’AG  et y ait donc participé.

 

J’ai également participé à des temps de regroupements comme « Créa-Cœur », des « week-end familles », « Dimbali » et dernièrement j’ai fais partie de l’équipe d’intendance sur le « Rassemblement Centenaire » de Nantes.

 

Si je me suis construite au sein des éclés, c’est certainement avec les valeurs défendues par notre Association, mais également grâce au sentiment d’appartenance que j’ai pu ressentir lors des rassemblements.

 

Ces différentes expériences m’ont permis d’évoluer, de prendre des responsabilités au sein des Eclés, de m’épanouir et de trouver ma voie…


 

« Aujourd’hui, la solidarité et l’écocitoyenneté sont, pour moi, les valeurs les plus importantes à transmettre »

Paul Buvril

 

Je connaissais les valeurs « éclé » avant de faire partie de l’association même si ce n’était pas sous le même nom et que je ne les appliquais pas forcément. Maintenant non seulement je les connais mais je les applique, les défends et les transmets car elles sont, d'une part, essentielles à la vie en communauté mais, également, nécessaires dans la société actuelle où tout le monde se soucie plus de sa personne que des autres et de sa planète.

En effet aujourd'hui la solidarité et l'écocitoyenneté sont, pour moi, les valeurs les plus importantes à transmettre au gens, car sans l'une ni l'autre nous n'irons pas bien loin.

L'engagement personnel est également important car c'est ce qui fait vivre l'association .Je suis entré dans l'équipe régionale car je trouvais l'aventure intéressante. Je fais également partie d'autres associations appliquant les même valeurs que les « éclés », comme un conseil au sein de mon lycée et une autre association d'art de rue.

Ainsi j’espère pouvoir construire des projets, faire activement partie de la vie au sein des EEDF, et pourquoi pas, un jour aller plus loin. Quand je suis entré aux « éclés », je ne savais pas trop ou je mettais les pieds.

Aujourd'hui je regarde derrière moi et je vois ces cinq années passées  au sein d'une association que j'ai appris a aimer, une association qui bouge , ou j'ai rencontré beaucoup de gens , ou j'ai eu beaucoup de rires, des pleurs aussi, des moment de joie, des moments de peine, une association qui ma énormément apporté, grâce a laquelle j'ai vu et vécu énormément de choses. Je remercie aujourd'hui toutes les personnes, et plus particulièrement Maxence Gardant et Nicolas Martin, qui m’ont permis de vivre cette merveilleuse aventure que sont  les « éclés ».

 


 

« C’est quand on arrive à certaines choses précises qu’on se rend compte du lien qui nous unit »

Joséphine

Étudiante en « Classes Préparatoires » n’a pu être présente aux « Rencontres d’Orléans ». Sa réflexion sur l’engagement aux éclés a été lue  au cours de la « Table ronde ».

 

Dans notre « Equipe de Respons », nous avons vu éclore le  beau texte  que je vais vous lire, plein de fraîcheur et tellement vrai.

C'est pour cela que nous nous impliquons dans une association pour les jeunes, et encore plus parce que c'est les « éclés ».

« Jo » verbalise ce qui court dans nos cœurs, met des mots sur nos émotions. Ce qui suit est un message aux  éclés et aux ainés !

Gardez cela  bien en vous !.... Peut être serez vous « respons » un jour !

 

Joséphine : les pensées, le soir, dans mon lit.........

 

Je voulais vous faire part de réflexions que j'ai eu cette semaine quand je n'arrivais pas à dormir...

En fait je pensais aux « ainés », et je me demandais pourquoi j'aimais l'animation et surtout l'animation aux « Eclés », et voilà ce que je me disais :

L'animation aux « éclés » quand j'étais plus jeune ça ne m'intéressait pas spécialement, je me demandais comment on pouvait vouloir « travailler » alors qu'on n'était pas payé et que c'était quand même difficile.

Et puis maintenant je comprends pourquoi on peut aimer ça. En fait l'animation c'est déjà pouvoir rester enfant quelque part dans sa tête, tout en étant adulte. Et oui, j'aime encore faire « des tomates » ou « des poule-renard-vipère » et des cabanes, tout en devant gérer la sécurité et surtout le bien-être et l'épanouissement des jeunes.

Puisque c'est d'abord ça ! On ne sait pas pourquoi, mais le fait de voir les sourires, les rires, les réflexions des uns et des autres, c'est génial et encore plus quand on se dit que c'est en partie grâce à nous. C'est ce que dit tout le monde, mais c'est vraiment une émotion incroyable, et même quand les jeunes s'engueulent ou peinent à faire quelque chose on se dit simplement qu'ils grandissent et c'est super.

Et le top du top c'est encore quand on est aux « éclés » ou dans le scoutisme en général ! Le fait de se connaître, depuis plusieurs années souvent, crée des liens incroyables et on se sent simplement chez soi, dans une sorte de famille.

Au delà des considérations générales, c'est quand on arrive à certaines choses précises qu'on se rend compte de la force de ce lien : s'envoyer des messages avec un jeune simplement comme ça, l'accompagner à l'hôpital, le voir rire à ses blagues, le consoler quand il ne va pas bien, le voir éprouver les mêmes problèmes que nous quand on avait son âge, se dire que c'est dommage qu'il n'ait pas encore l'âge pour « monter », les voir dans le même lycée que soi et imaginer leur vie en dehors des « éclés »... C'est ça qui me plaît et c'est à tout ça que je pense quand je pense aux « éclés ».

Avec qui est-ce que je mangerais des sauterelles sinon ? Et pourrais faire des tables en « froissartage » ? Et garder ma part d'enfant ou d'ado ?

Je vous le demande! Mais moi je ne sais pas et de toutes façons,  j'ai les « éclés de St Flo ».

Donc je n'ai besoin de personne d'autre pour le faire !

 

 

« On m’a fait confiance.

Devant cette confiance accordée, j’ai tout fait pour en être digne »

François Daubin

 

 

Henri Pierre, que je dois remercier pour cette initiative qui nous permet de replonger dans l’histoire de notre Mouvement et aussi de retrouver de nombreux amis, m’a demandé un témoignage sur le rôle des EEDF dans mon engagement citoyen.

 

Aujourd’hui, après avoir milité plus de vingt ans chez les EEDF, comme « responsable » puis au final comme « Délégué général », j’assume dans mon village les fonctions de Maire et de premier Vice-président d’une Communauté de communes.  Je participe aussi activement à la vie d’une association qui œuvre dans le domaine du handicap avec l’idée que la vie associative est un moteur pour faire avancer les idées, les projets, les équipes.

 

Une dernière action, celle  dont je suis probablement le plus fier, consiste à mettre en place des activités internationales pour les jeunes de ma commune.

 

Quand interrogeant le passé je tente de percevoir ce qui m’a donné ce sens de l’engagement dans la vie citoyenne plusieurs  faits majeurs ont sûrement servi de déclencheur.

 

Le premier, j’avais vingt ans et j’étais jeune responsable dans mon département d’Eure et loir. Il faut organiser le camp d’été.  Vous avez vingt ans et voilà que l’on vous fait confiance pour mener à bien une opération qui est d’envergure. Et ce n’est pas une mince responsabilité ! Il faut mettre en place une organisation, il y a un projet financier à tenir, une équipe à animer, à mener, coordonner, diriger. Il faut prévoir les activités, la sécurité des jeunes, animer. Mais on m’a fait confiance. D’ailleurs devant cette confiance accordée, j’ai tout fait pour en être digne.

Ce mouvement capable d’accorder sa confiance à des jeunes et il le fait à tout niveau à été pour moi la clé d’un engagement plus important. Cette confiance ressentie, me rappelait aussi l’éducation familiale. Mes parents, mon père en particulier avaient beaucoup utilisé ce qui est pour moi un principe éducatif et j’en ai pris conscience dans cette période.

Elle vous permet de prendre confiance en vous d’aller plus loin. Je dois dire aussi que j’ai été soutenu par tous.

Notre mouvement doit rester ce lieu des « possibles », dans un cadre sécurisant, où l’on peut tenter,  où l’on peut s’essayer.

 

Le second fait marquant est la rencontre avec des hommes et des femmes passionnants.

 

Emile Gagnon, Pierre François, Claire Mollet et d’autres encore, par leur rayonnement, m’ont beaucoup apporté. J’ai beaucoup travaillé avec Émile qui  m’a certainement servi de « modèle », de référent.

 

Je discutais, il y a peu,  avec un ami, engagé dans la vie municipale d’une petite ville, ancien dirigeant d’une grande entreprise.

 

Dans sa jeunesse, il avait été « jeune éclaireur », puis « responsable ». Il me disait : « Ce que je suis devenu, je le dois à quatre ou cinq éléments et dans ceux-ci il y a la rencontre avec Pierre Bonnet qui fut mon instituteur et mon « chef de troupe ». Ce sont des choses qui marquent et qui comptent dans une formation d’homme. »

 

Comme lui, j’ai été marqué par ces rencontres avec des personnages rayonnants.

 

Notre Mouvement défend aussi des valeurs qui confrontées aux miennes naissantes les ont confortées. Les plaquettes comme celle de « Jeunesse engagée » nous ont aussi aidées à affirmer nos convictions.

 

Notre Mouvement n’est grand que s’il agit dans un cadre de valeurs humanistes.  Et toute la pédagogie du Mouvement, son organisation en petites unités où chacun trouve sa place et prend des responsabilités, nous donne les moyens de devenir acteurs dans la société. J’ai probablement acquis dans le mouvement de nombreux outils utiles, des compétences dans des domaines très variés comme l’animation d’équipe, l’écoute, le sens du projet et même les finances.

 

Un dernier point a, je le pense, joué un rôle important dans ce que je suis devenu. C’est ma rencontre, ma confrontation avec l’ « International ». Émile, novateur sur beaucoup de sujets, avait lancé « les caravanes sans frontières ». Il s’agissait dans les années soixante de permettre à des jeunes de se « confronter avec la réalité et le monde ».

 

Notre Mouvement a toujours été ouvert sur ces projets internationaux devenant un formidable outil pédagogique.  Ces séjours, ces stages, ces rencontres par un effet miroir forgent aussi votre personnalité.

 

De cette période je garde encore de nombreux contacts et j’en parlais au début de cette courte intervention, ils m’ont permis dans ma commune de réaliser de nombreux projets en particulier avec la Pologne. Au moins un jeune sur deux de ma commune a pu découvrir CRACOVIE, BUKOWINA, AUSCHWITZ. Je participe encore à l’encadrement de ces activités.

 

Je dois aussi mon engagement dans le monde du handicap aux « éclés ».

 

Ce Mouvement a toujours été pionnier en ce domaine. Dans la salle je reconnais Monique Gillet.  Avec elle nous avons organisé un des premiers séjours d’handicapés mentaux en Italie, il y a maintenant presque quarante ans. Je me souviens encore de leur retour dans la Permanence EEDF d’Orléans. Leur expérience permettait l’échange avec de jeunes ados partis dans le même pays où ils avaient été perçus d’abord comme étrangers avant d’être considérés comme porteurs d’un  handicap.

 

Voilà brièvement  ce que le mouvement des Éclaireuses et Éclaireurs de France m’a apporté.

 

Mon engagement actuel lui doit beaucoup.

 

 

« J’y ai appris à mettre en œuvre ce que l’on appelle aujourd’hui la  « Cohésion sociale »

Jean-Pierre Roger

 

Bonjour,

Ce que je vais vous dire, c’est pratiquement la même chose que ce que vient de nous dire François Daubin, mais autrement, avec d’autres mots.

Tout a commencé alors que j’avais 10-11 ans, en écoutant les copines et copains de ma cour raconter ce qu’ils avaient fait au cours  week-end. Cela me paraissait extraordinaire ! Début 1968, à 12 ans, mes parents étant d’accord, j’entre aux « éclés ».  Premier camp de Pâques, premier duvet, premier sac à dos, première « explo », première nuit dans la paille à côté des vaches. Intégration immédiate aux groupe, puis plein de voyages que je qualifierais bien d’ « initiatiques », les week-end, les camps d’été, puis les « Aînés », un camp d’été d’un mois en Pologne (en stop, sur place), puis re-camp comme « Responsable ».

Etudes de géographie à Tours, « pour comprendre le monde ». Débuts professionnels dans l’urbanisme.

Fin des années 80, engagement professionnel fort dans ce qui deviendra la Politique de la Ville, nouvelle politique publique de lutte contre les exclusions sociales et spatiales, jusqu’ à devenir président national d’une association de gens qui faisaient le même boulot que moi, donc interlocuteur des ministères sur le sujet ; avec en parallèle, des engagements associatifs également forts du type MFPF et autres, certains plus personnels qui sont toujours d’actualité.

Alors, le rôle des « éclés » là dedans ? C’est toujours difficile à dire.  C’est-y l’homme qui prend la mer ou la mer qui prend l’homme ?

Ce qui est sûr, c’est que j’ai l’habitude de dire. « C’est là que j’ai tout appris ! ».

Non pas que je sois devenu un champion des « nœuds » ou du « froissartage », ce qui n’est pas vrai, mais j’ai appris la vie en groupe, le respect de l’Autre et de soi-même, j’ai appris à écouter l’Autre, j’ai appris que je pouvais être écouté.  J’ai pu dire « Non » sans être exclu du groupe, mais au contraire m’expliquer, être entendu, et on m’a fait confiance, cette confiance qu’évoquait François tout à l’heure.

Je dirais que j’y ai appris à mettre en œuvre ce qu’on appelle aujourd’hui la « cohésion sociale », et qui a été, ces 25 dernières années au cœur de mon activité professionnelle et de mes engagements associatifs.

J’ai été un individu, un « éclaireur libre  dans un équipage  libre », appartenant à un « groupe  libre ».

J’ajoute que pour moi, ce « groupe » comme tout autre,  appartient  à un « Mouvement national », les « Éclaireuses et Éclaireurs de France », porteur de valeurs fortes, et ici,  je mets volontiers en avant la Laïcité, la mixité, et la solidarité, mises en pratique sur le terrain.

Autre pilier de cet apprentissage : le « développement durable », qui ne s’appelait pas comme ça à l’époque. Quoi de mieux qu’une « explo » en pleine nature pour comprendre la nécessité d’une croissance soutenable dans un territoire économe ! Malheureusement, j’ai bien l’impression que l’évolution de la législation sur l’encadrement des séjours de jeunesse et le fameux principe de précaution ne laissent guère de place pour ces découvertes personnelles.

Avec le recul, comment caractériser  ces années d’effervescence - je rappelle que tout cela à commencé en 1968 - qui ont, sinon fait, tout au moins largement contribué à faire le Citoyen  - citoyen tout court, que je suis ?

Je ne précise pas « le citoyen engagé » car pour moi, l’engagement fait partie de la Citoyenneté.

Et bien, ces années ont été fortement marquées par l’opposition de deux grands courants de pensée : ceux qui pensaient qu’il fallait améliorer la société pour améliorer l’homme, et ceux qui pensaient qu’il fallait améliorer l’homme pour améliorer la société.

 

Aujourd’hui, je crois que ce que j’ai appris pendant ces « années éclé » même si je ne l’ai compris que plus tard,  c’est à travailler à l’amélioration de l’Homme ET de la Société, à la solidarité collective ET à la solidarité individuelle, à l’émancipation sociale ET à l’épanouissement personnel de chacun .

Alors bien sûr, cela n’aurait pas été possible sans des responsables « éclairés » - ceux qui rayonnent, comme le disait François tout à l’heure - sans ces femmes et ces hommes engagés dans la vie de la Cité, mais aussi disponibles pour chacun des joyeux lurons que nous étions.

Je terminerai donc, mon cher Henri-Pierre, impertinemment totémisé « Zloty agile » en Pologne (le zloty étant la monnaie polonaise), je terminerai donc en disant toute ma gratitude et ma reconnaissance à Jacqueline, alors responsable, avec Bernard, du « Groupe de Bourges », et que je suis si heureux de retrouver dans cette salle.

 

« On est entraîné  par la volonté, l’envie de faire et l’engagement des éclés »

Sophie Buvril

 

Bonjour à tous,

Faire un « arrêt sur image » de mon engagement aujourd'hui me fait sourire car c'est grâce à l'engagement d'une « Responsable d'animation » de notre groupe local que j'ai franchi la porte de cette aventure.

Nous avons rencontré, mon mari, mes enfants et moi, les Eclaireurs par hasard, dans la presse locale. Un projet d'année enthousiasmant et nous avons inscrit nos quatre fils....Ils ont trouvé au sein du groupe une place que peu d'autres organismes offrent aujourd'hui.

 

Pendant un temps, nous avons juste été des parents qui accompagnaient leurs enfants et donnaient un coup de main quand il y avait besoin. Mais nous ne prenions pas part à la vie interne du groupe et de l'association. Plus par réserve d’ailleurs que par non vouloir.

 

Un jour, j'ai répondu présente pour faire l'intendance sur un camp. Cela a été décisif pour la suite. Nous avions lié amitié avec les responsables d'animation et avec l'équipe d’encadrement.  Une graine a commencé à germer, largement arrosée par une des « Responsables d'animation ». Cette jeune femme stimulait tellement les autres « respons »!

Elle avait un tel enthousiasme ! Il fallait continuer, car cette énergie ne pouvait être négligée ni abandonnée.

Quand la « responsable de Groupe » nous a informé qu'elle ne pourrait reprendre les activités en septembre, les choses ont pris place peu à peu. Si personne ne reprenait la responsabilité du groupe, celui ci était mis en sommeil. Ce qui voulait dire plus d' « éclés » dans le département du Cher. Il n'y avait pas d'autres groupes proches pour nos enfants et pour les autres que j'avais appris à connaître et à aimer .Je ne pouvais pas concevoir que cela s'arrête.

Alors, après en avoir parlé avec mon mari et mes enfants, je me suis présentée pour reprendre le groupe.

Trois ans ont passé et chaque jour m'engage un peu plus. Parce que les enfants sont là, que ce que leur apporte les « éclés » est précieux .Parce que notre Mouvement fait que les enfants apprennent simplement en jouant à vivre ensemble, autrement, à comprendre l'Autre et à l'accepter tel qu'il est, comme ils sont aussi acceptés tels qu'ils sont.

Ils ont un espace de liberté où ils ont le droit d'être ce qu'ils sont, sans à priori, avec leurs qualités et leurs défauts, ils ont le droit de se tromper, le droit de ne pas vouloir, le droit de choisir et d'être actif. Ils apprennent sans s'en rendre compte à faire partie de la société, à respecter ses règles, simplement parce qu'ils sont actifs volontairement.

 

Je suis convaincue que dans notre monde d'aujourd’hui, c'est plus qu'indispensable. Les valeurs des éclaireurs sont simplement des valeurs humaines qui sont trop souvent oubliées. C'est aussi pour cela que les adultes ont aussi leur place, même s'ils n'ont pas été « éclés » auparavant.

 

Quand on commence à aider une « structure locale éclaireur », on ne peut que continuer. On est  entraîné par la volonté, l'envie de faire et l'engagement des « éclés ».

C'est ce qui nous est arrivé, et ce qui arrive encore à d'autres parents au sein de nos « groupes ».

 

 


 


« Cette initiative,… Je souhaite qu’elle fasse des petits et que d’autres régions puissent elles aussi être tentées par l’exercice. »

Jacques Delobel

 

Je voudrais d’abord remercier Henri-Pierre Debord pour tout le travail qu’il a accompli.

Il n’est pas retraité, il a une profession qui l’occupe beaucoup de temps, souvent tard dans la soirée, et il n’a souvent de temps libre que le samedi et le dimanche.  Et pourtant, toute l’année 2011, il a travaillé avec nous au comité scientifique du colloque du 26 novembre 2011 à l’UNESCO. C’est pour moi, un vieux complice puisqu’il était Vice-président des EEDF lorsque j’en étais Président.

Le colloque de l’UNESCO s’intitulait « L’éducation à la Citoyenneté au 21ème siècle : quel rôle du Scoutisme laïque »

Il a eu l’idée d’un colloque régional « Scoutisme laïque et éducation à la citoyenneté : 100 ans d’histoire, une ambition pour l’avenir » dans cette ville d’Orléans qu’il connait bien.

En reprenant sa propre histoire, il a retracé au fil des dates évoquées les grands moments vécus dans cette région. Et son émotion a été particulièrement visible lorsqu’il a évoqué les relations avec des Responsables  des ZHP (*) de Cracovie qui séjournaient à Orléans au moment de la déclaration  en Pologne de l’« état de siège » décrété par le Général Jaruleski.

Les soutenir dans ces moments difficiles, n’était-ce pas un engagement citoyen ?

Cette initiative exemplaire d’un colloque voulu par Henri-Pierre, je souhaite qu’elle fasse des petits et que d’autres régions puissent, elles aussi, être tentées par cet exercice. Il faudra, bien sûr tirer les leçons de cette journée et s’adapter car chaque région est particulière.

Je veux aussi remercier chaleureusement nos intervenants : d’abord Yvon Bastide, président de l’ « Association pour l’Histoire du Scoutisme Laïque ». Après ses deux interventions, il n’est plus la peine de vous le présenter et je vous engage à faire connaissance de ses deux ouvrages aussi remarquables l’un que l’autre.

Là encore l’engagement citoyen est ô combien visible !

Nous avons également vécu  un moment d’émotion en évoquant le Ministre Jean Zay et son discours repris en grande partie dans le bulletin « Le Chef » des Éclaireurs de France en décembre 1936. Nous sommes heureux d’avoir pu remettre le fac-similé de cet article du Chef à  ses filles, Catherine Martin-Zay et Hélène Mouchard-Zay. Elles ont tenu à associer Albert Châtelet, notre ancien Président et père de Suzanne, 101 ans et toujours à l’AAEE.

Merci aussi à Philippe Bernat qui est venu nous parler de Bécours, ce joyau des Éclaireuses et Éclaireurs de France, connu non seulement du Scoutisme français, mais bien au-delà de nos  frontières comme il vous l’a expliqué. Il fut l’un des premiers à vivre « l’épopée modeste et belle des nouveaux habitants de Bécours ». Mais ce qui m’a frappé aujourd’hui, c’est que les pionniers de cette entreprise ne s’approprient pas Bécours, que les générations successives puissent aussi vivre leur projet sans pour autant reproduire ce qui a déjà été vécu. Elles  inventent, chacune,  leur animation de Bécours.

C’est bien cela le Scoutisme : s’adapter à l’aujourd’hui. C’est bien cela, aussi,  la proposition de l’AAEE : laisser les générations actuelles inventer leur Scoutisme. Car c’est par l’engagement citoyen que l’on forme les cadres de la Nation pour demain.

Merci à vous, de la « Table ronde ». Merci à Marie-Jeanne Villiers et Jean-Amand Declerck pour l’animation et merci à ceux qui ont accepté d’y participer.

Nous avons eu des témoignages intergénérationnels comme on dit maintenant. Je retiens que c’est parce qu’on a fait confiance à des jeunes de 17-18 ans pour organiser et encadrer des camps qu’ils sont devenus des hommes et des femmes engagés. Et je pensais aux J.A.E. (Jeunes Adultes Éclés) et à « Transhumances ». C’est exactement ce qui se fait encore aujourd’hui. Avec une adaptation constante, il reste que les méthodes et l’esprit demeurent. C’est vrai que, par la confiance, on développe l’autonomie.

Et c’est peut-être aussi, comme l’un des participants à cette « Table » l’a souligné, un drame pour les jeunes aujourd’hui. Les jeunes aujourd’hui veulent leur autonomie et pour être indépendants, il leur faut parfois sacrifier leurs projets bénévoles.

Et puis, il restera l’émotion, le rêve, et l’écoute. Et puis ce cri, difficile à sortir : nous ne pouvons pas abandonner les enfants et les jeunes, ils ont besoin de nous !

Cette journée a montré qu’il y a encore des gens qui croient en l’avenir et qui sont prêts à relever des défis.

Merci aux Éclaireuses et Éclaireurs de France, et à Vincent Cocquebert, leur Délégué général. Merci Vincent, de la confiance que tu accordes à notre association d’anciens.

Nous avons maintenant le même siège social, ce qui nous permet de nous atteler très vite à des actions communes lorsqu’elles se présentent. Ce n’est pas facile d’accepter une association d’Anciens qui a sa personnalité propre et qui revendique son indépendance. C’est tellement plus confortable de rester entre soi. Mais je crois qu’une expérience comme celle de cet après-midi doit nous encourager à continuer à regarder vers l’avenir dans la même direction. Et accepter que des initiatives puissent être offertes en toute gratuité.

Car le souci de développer le sens de la responsabilité civique est un souci partagé par toutes les générations. Le scoutisme laïque a toujours été une école de la Citoyenneté. C’est même une « école de la pratique de la Citoyenneté ».

Nous n’apprenons pas ce qu’est la vie citoyenne, nous la pratiquons.

Dès le plus jeune âge, les Éclaireuses et Éclaireurs de France ont l’habitude de débattre sur leurs projets, de les voter et de les réaliser.

Les « anciens éclaireuses et éclaireurs » ont vécu dans le scoutisme laïque cette pratique de la démocratie. Certains dans cette salle en ont conservé une pratique dans leurs engagements sociaux ou politiques. C’est parce qu’on leur a fait confiance très jeunes qu’ils ont appris à prendre des responsabilités, des initiatives et qu’ils ont naturellement continué dans leur vie d’adulte.

Cet apprentissage était dans le contexte d’une époque. Yvon nous a fait revivre différentes étapes et à chaque fois, il y eu une adaptation. Comme nous l’avons fait, les EEDF ont à s’adapter à leur époque. La législation a évolué.  Ils ne peuvent plus prendre les mêmes risques que ceux que nous avons pris. Nous pouvons le regretter, mais c’est ainsi : la société est plus sécuritaire. Il n’est donc pas question pour les anciens d’intervenir dans les décisions des EEDF. C’est eux qui vivent dans cette époque, c’est eux qui doivent trouver leur Scoutisme et la façon dont ils vont participer à l’éducation citoyenne.

Mais les « Anciens » ont davantage de recul et ont une autre vision du temps qui passe. Ils peuvent rassurer et relativiser les tensions. C’est le militantisme et la force des convictions qui les ont fait vivre. Ce sont un peu les grands-parents qui regardent leurs enfants et leurs petits enfants vivre ce qu’ils ont vécu. Bien sûr, ils retrouvent leurs petits enfants dans leurs enfants. Semblables, mais tellement différents dans cet univers technologique qui les dépasse parfois. Et pourtant, le rôle des grands parents n’est pas vain.

Ils sont là. Disponibles. « Toujours prêts » pour aider mais sans se substituer.

A l’écoute des petits.

Et on les écoute raconter des histoires d’autrefois. Ce sont de belles histoires de Scoutisme, de feux de camp, d’ « explos », d’aventures qui font rêver. Et si c’était aussi cela le bonheur, celui qui fait rêver !

Et bien les anciens disent : N’hésitez pas à rêver, à imaginer et lancez vous dans l’aventure. Trouvez-vous vous-mêmes.

Cette époque est difficile. Nous avons parfois l’impression que l’individualisme a remplacé la solidarité. Que chacun vit pour lui-même sans trop se préoccuper des autres. Le scoutisme, c’est tout le contraire. Et la jeunesse, lorsqu’on lui propose les valeurs du scoutisme est tout aussi partante qu’autrefois. L’âme de la jeunesse n’a pas changé et j’ai foi en elle. Elle est capable d’une générosité extraordinaire. Elle est attentive au monde qu’elle laissera, bien plus que nous ne l’avons été. Lorsqu’on lui donne une « Règle d’or », qu’on lui propose de vivre en équipe, qu’on lui propose d’être solidaire, elle vibre et se donne toute entière à cet idéal.

Les anciens lui font confiance et sont là pour répondre à leur appel.

Merci aussi à vous tous, Mesdames et Messieurs les élus et représentants de l’administration qui avaient montré votre intérêt pour notre scoutisme engagé dans l’éducation citoyenne.

Et merci enfin à vous tous de la région d’Orléans ou d’ailleurs. Cette journée fut une bonne journée.

 

(*) Le sigle ZHP  signifie « Zwiazek Harcerstwa Polskiego » (Éclaireuses et Éclaireurs de Pologne ou Scouts et Guides de Pologne)

 

 

Vincent COCQUEBERT et Mesdames ZAY

 

Quelques "témoins"

 


Vincent COCQUEBERT et Jacques DELOBEL

 

 


 

 

 

«  Notre projet associatif porte en lui

une référence très forte

à la notion de Citoyenneté ».

Vincent Cocquebert

Chers éclés, anciens et amis des éclés,

 

 

« Scoutisme laïque et éducation à la Citoyenneté : Cent ans d’histoire, une ambition pour l’avenir  » ! Tel était le thème de notre réunion du jour. Merci à Henri-Pierre Debord d’avoir su réunir un plateau d’anciens et une table ronde de plus jeunes car cet ensemble a su nous montrer la force et la durée (100 ans !) du message d’un Scoutisme contribuant à l’éducation à la citoyenneté.

 

Savez-vous que vingt pour cent des présidents d’associations d’aujourd’hui ont été scouts[1] ?

 

Ce résultat montre à lui seul la réussite de cette forme d’éducation à la Citoyenneté apportée par le  Scoutisme. Si on allait chercher chez les différents types d’élus de France, on devrait avoir un résultat du même ordre, j’imagine ! En fait, ce n’est pas une surprise car nous savons ici combien les principes et la méthode scouts initient dès le plus jeune âge au « vivre ensemble », font prendre conscience à chacun qu’il est acteur de sa vie et que nous avons aussi un devoir d’agir sur notre environnement…

 

Dans cet environnement scout, où en sont les Éclaireuses & Éclaireurs de France ? Nous prônons un « scoutisme laïque ». Par nature, ce scoutisme doit être encore plus respectueux de toutes les opinions, mais cela l’engage encore davantage à être vecteur de « vivre-ensemble » et à forger des engagements dans la société française, laïque elle aussi.

 

Sur notre bulletin d’adhésion, il est écrit : « Les éclés n’ont qu’un seul but : éduquer des citoyens responsables, libres et solidaires en les aidant à développer leurs capacité physiques, intellectuelles et sociales ». Tout y est dit ! Les éclés sont un mouvement éducatif de citoyens. C’est de fait l’essence des Éclaireuses & Éclaireurs de France.

 

Au vu de ce rappel statutaire, où en est l’association ? Nous venons de vivre « notre année du Centenaire »… Et nous avons pu observer que l’association est en pleine forme, partout où elle est implantée aujourd’hui. Nous avons sans doute encore mieux pris conscience, tout au long de cette année pour le moins particulière, que nous sommes tous membres d’une association nationale, avec l’Association des Anciens Eclaireuses et Eclaireurs à nos cotés, et que, oui, tous ensemble,  nous formons la « Nation éclés ». Et ce, au point que nous ré-habitons sous ma conduite de nouveau Délégué général, par jeu mais aussi sérieusement, ce concept autrement que ces dernières années. « La Nation » n’est pas le diminutif du « siège national ». Ce terme renvoie à la « communauté des éclés » dans son entièreté : les éclés, c’est nous tous !

 

Avec cette renaissance du collectif national EEDF, nous sommes d’autant plus forts ! Ce qui est préférable car nous voulons toujours aller de l’avant. C’est possible car les éclés regroupent de nombreux « rebelles » et, on le sait, ce sont toujours les rebelles qui font avancer un groupe social : c’est eux qui remettent en cause, qui ne se contentent pas de reproduire, veulent imprimer leurs traces, innovent… Nous l’avons entendu aujourd’hui, c’est aux EEDF qu’a émergé l’idée des « conseils municipaux de jeunes », l’Association a également créé avec d’autres les Francas et les CEMEA. Alors, ce regard vers le passé nous engage aussi pour l’avenir ! Plutôt que de chercher à nous différencier les uns les autres, à trop « disputer » entre nous, regardons davantage ce qui nous unit, et faisons marcher notre « rebellitude » au service de l’actualisation du projet éducatif EEDF et au rythme de la société qui évolue, elle, très vite.

 

J’ose devant vous porter publiquement  pour la première fois un regard conceptuel sur les manques des EEDF. De mes analyses sur votre fonctionnement associatif, lesquelles se sont construites en dehors de votre association, il ressort que ce qui peut être le chainon manquant du développement passé de l’association, c’est l’insuffisance de la prise de conscience d’une citoyenneté nationale EEDF chez les Éclaireuses, Éclaireurs de France. D’où, peut-être, un sentiment insuffisant d’appartenance à une même identité collective, capable de nous projeter plus aisément vers l’extérieur, c'est-à-dire dans la société dans son ensemble, au cœur de laquelle nous manquons de présence et de visibilité alors que notre projet associatif porte en lui, comme nous l’avons rappelé, une référence très forte à la  notion de « Citoyenneté ».

 

L’association a choisi récemment de renforcer l’attention qu’elle portait au groupe d’âge des 18-25 ans, non pas par effet de mode mais parce que c’est cette génération qui est appelée à « prendre les clés » dans les années à venir. Accompagnons ces jeunes adultes dans cette réalité et vers ce projet, et donnons leur dès aujourd’hui de réelles responsabilités : la première initiative a été de leur proposer d’organiser, « comme des grands », un rassemblement pour toute l’Association au Centre de Bécours en août 2011.  « Transhumances » l’ont-ils nommé ! Tout un programme n’est-ce pas ?

 

Ce fut un succès, grâce à l’addition de leurs compétences individuelles et collectives, à leur dynamisme, et à leur sens des responsabilités… ils ont été accompagnés par l’Équipe Nationale et le Centre de Bécours, mais ce sont eux qui tenaient le volant de la voiture EEDF. Continuons dans cette voie. C’est eux l’avenir de notre association de jeunesse. Sachons mieux leur ouvrir les portes des équipes de groupe, des équipes régionales, et du Comité Directeur pour qu’ils prennent, avec d’autres, plus anciens, des responsabilités.

 

En pleine forme, sans doute mais parfois pas encore assez fiers d’être éclés ! Comme aujourd’hui où nous pouvons regretter de ne pas être plus nombreux. Cette Région EEDF  est en train de se redynamiser. Tant mieux ! Qu’elle sache retirer des témoignages entendus au cours de cette journée les ressources indispensables à cette envie de développement.

 

Mais au-delà, sachons le faire collectivement car nous sommes tous coresponsables de ce projet : plus de structures EEDF, plus d’éclés dans la Région EEDF du Centre, c’est à nous de le construire. C’est le challenge non pas du jour, mais pour les jours, les semaines et les mois à venir.

 

Oserai-je un clin d’œil pour conclure ? Cela ne tombera pas du ciel, c’est à nous de le faire !  Alors ! Allons-y, et ensemble ! Car, comme nous le savons aux éclés, « ensemble, c’est plus fort et plus loin » !

 

 


[1] Résultat paru au sein d’une enquête parue récemment dans « Juris association », revue ayant un fort crédit dans le monde associatif et juridique.


Si vous voulez vous procurer la plaquette de présentation de la rencontre d''Orléans, contactez directement H.P. Debord : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.