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Association pour l'Histoire du Scoutisme Laïque

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1965 : les choix de « terrain »

 

Il ne suffit pas de prendre une décision de principe, encore faut-il la concrétiser....

 


Et ce n’est pas toujours immédiat, comme en témoignent quelques anecdotes vécues par certains membres des équipes nationales de l’époque…

 

Le nom du nouveau Mouvement :

 

Par un réel coup de chance, les associations d’origine avaient choisi de traduire les termes anglais « scout » et « guide » par « éclaireur » et « éclaireuse ». La combinaison des deux est donc rapidement retenue, mais qui mettre en premier ? Les garçons, pour des raisons d’ordre historique, ou les filles, par simple galanterie ? C’est cette deuxième solution qui est choisie sans beaucoup de discussions : le nouveau Mouvement sera donc celui des Éclaireuses et Éclaireurs de France.


L’insigne :

 

Ca se complique : il faut marier un arc tendu avec un trèfle (ou réciproquement), et peut-être même une tête de Gaulois, ce qui, tout le monde le constate, n’est pas totalement évident. D’autant plus que le « message » de communication que va porter ce nouveau logo doit clairement mettre en évidence ce qui, quelques années plus tard, va s’appeler la parité : il faut absolument éviter que l’un des deux symboles puisse prendre le pas sur l’autre. Le fils de l’une des responsables régionales propose un projet que quelques régions adoptent d’enthousiasme. Mais il est rejeté par nombre de responsables féminines parce que trop… sexuellement masculin. Nous laissons le lecteur juge de cette appréciation :

 

 

et voici celui qui a été choisi :

 



La tenue :

 

Bien sûr, la tenue n’est plus, dès cette période, tout à fait un « uniforme » et beaucoup de libertés ont été prises, dans la plupart des groupes, avec les définitions données par les documents officiels. Les filles des E.D.F. se sont donné une tenue, voisine de celle des garçons et différente de celle des filles de la F.F.E. : il faut donc définir un choix commun qui ne heurte aucune des parties, toujours par souci de « parité ».


De grandes discussions sont engagées au niveau des équipes nationales de branches, aussi bien sur la tenue elle-même que sur les insignes qui accompagnent encore, en cette période et pour quelques années, la progression individuelle. C’est ainsi qu’un groupe de travail se pose le problème de la coiffure pour conclure assez rapidement qu’il n’en faut plus, alors que la branche Louveteaux planche sur les insignes à placer sur un éventuel béret. La synthèse sera trouvée, et permettra la préparation puis l’édition d’un « cérémonial » intitulé sobrement « notre style » et qui paraîtra très exactement… en mai 1968. Autrement dit, mort à sa naissance.


Le chant « fédéral » :

 

Les E.F. et les E.D.F. disposent, depuis la création de leur Mouvement, d’un « chant fédéral » auquel, bien entendu, beaucoup de « vieux chefs » sont très attachés bien que certaines affirmations aussi péremptoires que moralisatrices en soient quelque peu contestées par certains autres… Les F.F.E. issues de la section « neutre » ne disposent pas de l’équivalent et il ne serait évidemment pas de très bon goût de leur imposer celui des garçons… Avec, en arrière-plan, une question de fond : un hymne national est-il réellement nécessaire pour le nouveau Mouvement ?


La période étant à la discussion et à la négociation en vue d’une synthèse, la réflexion est portée à la connaissance du Comité Directeur qui va devoir trancher, ce qu’il va faire… à une voix de majorité : il charge l’équipe nationale de trouver un nouveau chant pour tous. Les mauvaises langues auront beau jeu de constater que la voix de majorité en question est celle d’une responsable d’un groupe de sourds-muets qui n’aura jamais beaucoup l’occasion de s’en servir ! Aux dernières nouvelles, l’équipe nationale n’a jamais donné de suite à cette directive du Comité Directeur, et il n’existe pas d’hymne national pour les E.E.D.F..

 

Ces nouvelles orientations ne sont pas toujours immédiatement comprises et/ou acceptées : c’est ainsi que, raconte un membre de l’équipe nationale de l’époque, les choses ne se sont pas passées facilement, dans un congrès régional… Laissons-lui la parole : « Congrès sympathique, enthousiaste pour le nouveau Mouvement mais à forte majorité E.D.F.. J’interviens pour résumer les éléments de la nouvelle orientation, sans réaction négative apparente. Et à la fin de mon laïus, le permanent régional se lève et me remercie chaleureusement en ajoutant : “ et maintenant, tous ensemble, chantons notre chant fédéral, Toujours tout droit… ”… Bien entendu, j’ai dû faire comme tout le monde, mais j’ai repris la parole ensuite : “ … et, comme je vous le disais juste avant, nous n’avons plus de chant national, vous avez bien fait de le chanter pour la dernière fois. ” Ce qui a jeté un certain froid… »

 

Au cours des années qui suivent, la situation se normalise, avec un nouveau logo, une nouvelle tenue… jusqu’en 1968 où le Mouvement vivra, à son niveau, les mêmes événements que le pays…