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1943-1944 : L'épopée de Cappy sous l’occupation… - Quand la guerre entre à Cappy

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Index de l'article
1943-1944 : L'épopée de Cappy sous l’occupation…
Présentation
Préface
La liberté confisquée
Une filière pour fuir Paris
La château de Cappy
Une colonie presque comme les autres
La vie de château
L'intendance suit...
Quand la guerre entre à Cappy
La liberté et la paix, enfin !
Témoignages
Toutes les pages

 

À proximité de Cappy, passe une voie ferrée qui relie Paris à Compiègne puis file vers l’Allemagne. Cette ligne est donc stratégiquement importante. Elle sera bien entendu sabotée. Après ce sabotage, les allemands exigent que ce soient des groupes de français qui surveillent la ligne. Si la voie venait à nouveau à être sabotée, les gens chargés de sa surveillance seraient fusillés. Jean fait partie des hommes réquisitionnés pour surveiller la voie.

 

Un jour, une rumeur arrive jusqu’au château : il se murmure que tous les hommes de plus de 16 ans vont être réquisitionnés. Tous les hommes se cachent dans les bois du parc. Quand on y pense ! Dans les bois du parc… Ils sont à 50 mètres de la maison. « Quelle rigolade ! Si tout cela avait été vrai, les allemands les auraient trouvés en deux coups de cuillère à pot », souligne Jacques.

 

En avril 44, Yvonne fait l’aller-retour Verberie-Paris en vélo car il n’y a plus de train. Elle transporte des lettres et des cartes d’alimentation de juifs dans son sac à dos. Un camion allemand s’arrête. « Viens, mademoiselle avec nous. » Elle est exténuée et accepte. Les avions anglais arrivent et bombardent la route. Les soldats allemands la jettent dans le fossé et cachent le camion sous les arbres. En descendant, Mutty aperçoit les caisses sur lesquelles elle était assise. Ce sont des obus de 70 mm. Aucun projectile n’a atteint le camion. Elle l’a échappé belle !

 

Ce qui reste marquant lors de ce séjour, ce sont d’abord les bombardements. Cappy est situé à flanc de colline et domine la vallée de l’Oise. Les américains veulent couper les ponts sur l’Oise pendant l’été 44. Depuis l’esplanade du château, on peut voir, à plusieurs reprises, à 3 ou 4 km, les avions américains tourner en rond et piquer pour lâcher leurs bombes avant de remonter. Involontairement, toute la colonie est donc spectatrice de cette horreur. Là, on prend vraiment conscience de la guerre.

 

Le « grand coup », le seul événement de guerre stressant vécu par les enfants et l’encadrement a lieu la veille de la libération. Le 30 août au matin, une compagnie en fuite de la « flak artillerie », l’artillerie anti-aérienne allemande, se réfugie avec tous ses véhicules dans le parc du château. Ils dispersent les véhicules à l’abri sous les arbres. L’officier allemand qui commande la compagnie se fait connaître auprès de Jean. Il demande comment procéder pour ne pas nous gêner, (!!!). Les Allemands restent planqués toute la journée et repartent dès que le soir tombe. Ils se feront semble-t-il accrocher dans la forêt de Compiègne pendant la nuit. Le plus « drôle », c’est que cet officier allemand, lors de son court séjour, discute avec la seule personne des lieux qui parle allemand. C’est une jeune femme de 30 ou 35 ans, juive autrichienne. Elle a passé tout l’hiver au château avec les enfants. Elle se fait appeler « Tante Edith » et sert d’interprète. L’officier lui aurait confié : « Tout ça, toute cette guerre, c’est la faute des juifs qui nous ont fait tant de mal, moi, les juifs, je les reconnais à 10 km par temps de brouillard… ». La compagnie allemande quitte enfin le château le soir venu. La nuit qui suit est un peu mouvementée. Ça tire, des vitres tombent, l’encadrement ne dort pas beaucoup.