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1911 - 1913 : les échanges entre Nicolas Benoît et André Chéradame - La rupture

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1911 - 1913 : les échanges entre Nicolas Benoît et André Chéradame
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Les échanges qui suivent nous ont paru suffisamment importants pour être reproduits dans leur quasi totalité, en particulier la lettre d’André Chéradame en réponse au dernier message de Nicolas Benoît. Cette lettre, particulièrement difficile à lire, a dû être agrandie pour pouvoir être exploitée.


Ces deux messages mettent en effet en évidence les deux éléments majeurs qui vont conduire à la rupture entre l’équipe constituée autour de ces deux auteurs et Pierre de Coubertin :

- d’une part, l’existence, déjà évoquée de lettres jugées injurieuses pour Nicolas Benoît, envoyées à plusieurs membres du groupe mais pas à celui-ci,

- d’autre part, l’existence de divergences de vues importantes sur la conception même du scoutisme à adapter en France à partir de sa définition initiale. André Chéradame insiste sur le refus « de toute idée de serment », annoncé par Pierre de Coubertin lors de la création de la Ligue d’Éducation Nationale (et des Éclaireurs Français qui en font partie).

 


« Grâce à mon éloignement de M. de Coubertin, au peu de temps dont je pouvais disposer, à l’absence de mes meilleurs amis, il m’est impossible de dissocier (?) la question Coubertin comme je l’aurais voulu. La réponse qui s’est fait attendre jusqu’au dernier moment ne m’a donné qu’une demi satisfaction.
Mais l’impossibilité de me rendre à Paris, l’incertitude où je suis de pouvoir arriver à obtenir de M. de Coubertin une attitude nette, m’ont déterminé à ne pas pousser plus loin l’incident à condition pourtant que M. de Coubertin renonce à me desservir et à condition surtout que je sente que ma conduite vous apparaît claire et que vous me conserviez ainsi que ces messieurs la confiance que vous m’avez témoignée au début. (…)

Mais si mon attitude vous semblait présenter quelques doutes ou si vous jugiez nécessaire de la faire connaître aux personnes qui se sont intéressées au mouvement je remettrais entre vos mains une défense en vous priant cher monsieur de demander la convocation d’un jury d’honneur devant lequel les faits seraient exposés et les lettres échangées lues. (…) J’espère pourtant qu’il ne sera pas nécessaire d’aller jusque-là et que les Éclaireurs vont être lancés (?) définitivement. (…)

Monsieur, je place entre vos mains, si cela est nécessaire le soin de ma défense ( !), et en tout cas c’est avec confiance que mes vœux vous accompagnent pour l’organisation définitive des  Éclaireurs de France. »


Réponse dactylographiée :


« Je vous retourne d’abord ci-inclus la lettre que vous avez bien voulu me communiquer. J’attendais pour vous écrire et répondre que la nouvelle réunion que M. de Coubertin a voulu faire à la Sorbonne ait eu lieu. M. Bertier et ces autres MM. de vos amis étaient d’avis que nous allions y assister. Quant à moi je m’y suis rendu ayant prévenu nos amis que si un seul mot était dit qui pût impliquer pour vous une idée défavorable je protesterai immédiatement et rétablirai la vérité des faits puisque je considérerais qu’en raison du dévouement dont vous avez fait preuve et de votre éloignement nous avions le devoir moral de ne pas laisser porter atteinte à votre honneur. Cette éventualité ne s’est d’ailleurs pas présentée, M. de Coubertin ayant pris grand soin de ne pas faire la moindre allusion à vous.

La Ligue d’Éducation Nationale qui vient d’être fondée présente selon moi le défaut capital de vouloir réduire (?) en France les scouts sans l’esprit complet du scoutisme. On a notamment écarté énergiquement toute idée de serment et cette raison seule aurait suffi pour que je ne puisse donner mon concours à la nouvelle organisation. Ces MM. étaient d’accord avec moi mais après coup M. Bertier a été introduit dans le Comité de la nouvelle ligue et son nom a paru dans cette qualité, dans les journaux. Nous allons d’ailleurs avoir jeudi prochain une nouvelle réunion chez M. Charpentier et nous allons voir ce que nous allons faire eu égard à ces diverses circonstances. Mais je ne vous cacherai pas qu’à mon avis tous les tiraillements qui ont eu lieu pour la mise en place d‘une œuvre essentiellement nationale ne peuvent que lui être essentiellement défavorables. »