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Association pour l'Histoire du Scoutisme Laïque

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1911 : Les débuts du scoutisme à Troyes

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Index de l'article
1911 : Les débuts du scoutisme à Troyes
Les débuts prometteurs
Une fête locale en 1919
Le recrutement
Les années 20
La vie de la Fédération
Toutes les pages

 

Dès l’origine, le scoutisme est né d’initiatives locales, portées par des individus intéressés – et souvent passionnés – par sa nouveauté et ses potentialités. C’est le cas à Troyes, où une « troupe », adhérant aux Éclaireurs Français, est créée dès 1911 – sûrement une des toutes premières en province.

 

Des Éclaireurs Français aux Éclaireurs de France

 

Nous avons choisi d’en résumer ici les premières années, à partir d’éléments puisés dans la plaquette éditée à l’occasion du 90e anniversaire du groupe et les archives collectées par Guy Wilmes que nous remercions. Mais nous aurons, plus loin, l’occasion de retrouver ce groupe, qui fête, en 2011, son centième anniversaire !

 

« Au printemps 1911, le scoutisme troyen est piloté par un militaire, le capitaine Brunet, officier au 1er bataillon de chasseurs à pieds. Une trentaine de jeunes garçons vont lancer le Mouvement sous le nom de “ Boys-scouts Troyens ”. Le local est installé au domicile même du capitaine ; le groupe adhère aussitôt à la Ligue d’Éducation Nationale de Pierre de Coubertin et prend le nom de “ groupe local de Troyes des Éclaireurs Français ”. La fédération nationale n’existant pas encore, il fonctionnera de façon indépendante jusqu’en 1914 où la troupe rejoindra les Éclaireurs de France.

 

Le scoutisme est, alors, empreint de l’esprit de l’armée et comprend, dans ses activités, une bonne part de préparation militaire et d’“ école de section ”. Cette orientation est à remettre dans l’esprit de l’époque, à la suite de la perte de l’Alsace-Lorraine, comme les “ bataillons scolaires ” dans les écoles. Mais ses caractéristiques éducatives (B.A., service, etc) se dégagent progressivement. Ces jeunes ne cessent de surprendre leurs concitoyens. Leur uniforme, kaki surmonté du célèbre chapeau de la police montée canadienne, le sac tyrolien, les culottes courtes, sont autant de choses étonnantes pour le public de l’époque.

 

 

 

 

 

 

En 1913, le relais est pris par deux éclaireurs formés par les militaires, les chefs Folope et Gouley. Une cinquantaine de garçons font désormais du scoutisme à Troyes, et les statuts de la nouvelle association sont déposés à la préfecture de l’Aube le 15 décembre 1913. Une photo de l’époque, publiée par l’ouvrage La Mémoire de Troyes de Claude Berise  les montre lors d’une rencontre, sur un terrain voisin, avec l’aviation naissante. En 1914, Folope est mobilisé, Gouley prend la direction de la troupe. Quelques aînés ont sollicité l’autorité militaire mais sont trop jeunes pour être enrôlés, ils partent à l’arrière du front lors de la bataille de la Marne et aident les services de santé à l’évacuation des blessés. Les plus jeunes sont mis à la disposition des autorités civiles et militaires pour porter des dépêches, ou pour aider à l’accueil dans les gares ou dans les hôpitaux. Les B.A. prennent ainsi un caractère humanitaire et souvent dramatique. En 1915, les éclaireurs aident, à l’initiative de la Caisse d’Épargne locale, à l’organisation de manifestations et de collectes en faveur des victimes de la guerre. Pour récompenser leur dévouement, le conseil des directeurs de la Caisse leur offre un drapeau qui leur est remis en grande pompe le 30 mai en présence du Préfet, du Maire… et du Trésorier Payeur Général.

 

Assez rapidement, aux exercices à caractère militaire, progressivement abandonnés, succèdent les jeux scouts, l’école de patrouille, l’apprentissage du Morse ou de la signalisation optique, l’étude de la nature, les brevets de spécialités… Les éclaireurs sont maintenant une soixantaine.

 

En 1916, la troupe prend le nom de Nicolas Benoît, fondateur du Mouvement mort au combat. On voit apparaître un dénommé Pierre Wilmes, chef de troupe adjoint. À la fin de la guerre, les éclaireurs sont à l’honneur : ils sont officiellement invités à participer aux fêtes du retour de Metz à la France. La paix revenue, la troupe va se charpenter et participer à la création d’un véritable groupe local ». Nous en reparlerons…

 

Jean-Jacques Gauthé a retrouvé une carte postale témoignant de la création du groupe affilié aux Éclaireurs Français :

 

« J'ai trouvé cette photo dans mes dossiers : les éclaireurs de Troyes, affiliés aux Éclaireurs Français devant un avion militaire. La carte postale est datée du 23 juillet 1914. L'auteur écrit “ Je vous envoie aujourd'hui une carte du premier groupe de la section troyenne des Éclaireurs de France. Vous m'y trouverez. ” »

 

Un autre document retrouvé par J.J. Gauthé :


 

Dès ces débuts, les E.D.F. de Troyes savent se faire connaître :