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1911 : Deux « fédérations » non confessionnelles


Après les premières expériences, est venu le temps de la réflexion pour la création d'une « structure » permettant de faire vivre ensemble tous ceux qui souhaitaient s'intéresser à cette nouvelle approche éducative, quels que soient leurs secteurs d'activité ou leurs objectifs. C'est ainsi qu'un certain nombre d'éducateurs, théoriciens ou praticiens, ont à réfléchir à ce que pourrait être un scoutisme adapté à notre pays.

Le problème n'est pas simple, apparemment pour deux raisons :

- d'une part, la différence d'approche – et de personnalité – entre les deux « promoteurs » initiaux de l'idée, Pierre de Coubertin et Nicolas Benoît,

- d'autre part, l'opposition de la religion majoritaire à cette innovation, qu'elle considère comme une agression.    

Nicolas Benoît et Pierre de Coubertin

 

 

Première expérience de scoutisme à Paris, dans un foyer rue de l’Avre, sur l’initiative du Pasteur Gallienne qui fut par la suite, et pendant de longues années, vice-président des Éclaireurs de France. Il avait correspondu avec Robert Baden-Powell et rencontré une troupe anglaise en août 1910 à Guernesey... D’autres « troupes » ont suivi, dès 1911, dans plusieurs foyers parisiens – dix en octobre 1911. En mars 1911, Georges Bertier, qui deviendra plus tard, et pour de longues années, président des Éclaireurs de France, crée une troupe « non-confessionnelle » à l’École des Roches qu’il dirige. Une autre expérience se situe à Caen avec le Dr Leboucher. Jacques de Marquette, qui rejoindra les Éclaireurs Français où il prendra également des responsabilités nationales, est également parmi les premiers « inventeurs » du scoutisme en France.

Nicolas Benoît, officier de marine, va entreprendre de lancer le Mouvement en France : en 1910, en Angleterre pour un stage, il prend contact avec le scoutisme et, à son retour en avril 1911, il demande à son ministre une mission de quelques mois pour mettre sur pied un Mouvement d‘envergure nationale. Il s’attache à trouver les appuis qui aideraient cette création : André Chéradame, Charpentier, Bertier, Gallienne, Williamson… Chéradame le met en relations avec Pierre de Coubertin, qui, en plus de son action dans domaine sportif, croit à la valeur éducative du jeu et expérimente des méthodes qui ont des points communs avec le scoutisme.

En juin et juillet, le Journal des Voyages publie un appel hebdomadaire pour la « Ligue d’éducation nationale », créée par Pierre de Coubertin, et le scoutisme ; en septembre, Nicolas Benoit fait éditer par le Journal des Voyages une brochure intitulée « Les Éclaireurs de France : plan d’organisation des troupes d’éclaireurs » avec l’insigne de l’arc tendu et la devise « Tout droit ». En octobre, la « Ligue d'Éducation Nationale » présente solennellement à la Sorbonne, sous la présidence du recteur Liard de l'Université de Paris, « les Éclaireurs Français, boy-scouts de France » qui, bien que faisant partie de la Ligue, sont donc la première association de scoutisme créée dans notre pays. (Leurs statuts, en tant qu'association indépendante, seront déposés en novembre 1913.)

En novembre, à un congrès des Unions Chrétiennes de Jeunes Gens, une position est claire : « sans l’esprit évangélique, une tentative d’éducation, si noble soit-elle, échouera piteusement ». Les Éclaireurs Unionistes, réunis en tant que tels, adoptent leur propre insigne et déposent, en mai 1912, leurs propres statuts. Dans le même temps, l’église catholique – ou, du moins, certains de ses dignitaires – critiquent sévèrement le scoutisme pour ses origines protestantes et maçonniques. Et les amis catholiques de Nicolas Benoît tiennent à un Mouvement ouvert à tous… Rien n’est simple !

En novembre 1911, Nicolas Benoît et ses amis des « Éclaireurs de France » se retirent officiellement de la Ligue d’Éducation Nationale et les statuts d’une nouvelle association sont déposés le 2 décembre.  Ce n’est qu’en 1964 que les deux associations non – confessionnelles – se rejoindront pour créer le nouveau Mouvement, les Éclaireuses et Éclaireurs de France.

Jusqu’à la déclaration de guerre, les effectifs des E.D.F. augmenteront lentement mais sûrement : 4800 en 1913, 9600 en 1914. Dès les débuts de la guerre, les E.D.F., comme les E.F., tiennent leur place et apportent leur esprit de service.Le scoutisme garde une connotation de préparation militaire et de patriotisme justifié par la période vécue, comme l'atteste ce chant retrouvé par Jean-Marie Clerte :

À partir de 1916, l’introduction d’« Éclaireurs », traduction française du "Scouting for boys" de Baden-Powell, s’accélère. C’est l’amorce d’un virage… et d‘un retour aux sources du « scoutisme de B.P. ».

Source : les E.D.F. de 1911 à 1951


 

Le Livre de l'Éclaireur

Quelques pages du « Livre de l’Éclaireur », édition de 1912

Les pages suivantes présentent :

  • la couverture externe du Livre, édition de 1912 – bien abîmé car il a beaucoup servi !
  • la page d’ « avertissement » ouvrant le Livre proprement dit.
  • le texte du Serment et du Code de l’Éclaireur,
  • la page de titre interne, accompagnée de sa table des matières : on pourra juger de l’abondance et de la variété des sujets traités,
  • une dédicace aux mères de France,

 


"Scouting for boys"… mais pour les Français !

 

Rappelons que les statuts des Éclaireurs de France ont été déposés en décembre 1911. Édité dès 1912, cet ouvrage n’est pas la traduction pure et simple de Scouting for Boys, mais il met bien en évidence les objectifs et modalités de la nouvelle association « Les Éclaireurs de France, boy-scouts français », ses liens avec le scoutisme originel mais, également, ses particularités par rapport à celui-ci, dans plusieurs domaines. Particularités qu’il annonce et énonce clairement :

«  Le premier de ces livres, le "Scouting for boys", celui qui sert de guide à tous les autres, a été rédigé par l’éminent initiateur du Scoutisme, M. le Lieutenant-Général Baden-Powell. Les idées directrices groupées par le général Baden-Powell, et qui caractérisent la forme spéciale du Scoutisme, ont inspiré la rédaction du Livre de l’Éclaireur. Mais notre livre, destiné à de jeunes Français, ne pouvait s’attacher à une traduction littérale, ni même à une adaptation étroite du «  Scouting for boys ». Chaque peuple a son génie particulier. C’est ainsi que Français et Anglais ne peuvent se trouver dans des conditions semblables, quant à la compréhension de diverses choses : ils n’ont ni les mêmes institutions, ni les mêmes mœurs, ni les mêmes habitudes, ni les mêmes traditions. En plus, de profondes différences séparent les méthodes éducatives de l’enfance employées chez les deux peuples. »



Les grands principes :

 

Une particularité s’annonce, dès le départ, tout à fait majeure ; elle concerne le « serment » (qui deviendra, un peu plus tard, la « promesse ») :

« Je promets sur mon honneur :

– d’agir en toute circonstance comme un homme conscient de ses devoirs, loyal et généreux,

– d’aimer ma patrie et de la servir fidèlement, en paix comme en guerre,

– d’obéir au Code de l’Éclaireur. »

Dans cet ouvrage, le texte du serment est accompagné d’une note de commentaire :

« Le serment des Boy-Scouts anglais comporte l’engagement de fidélité à Dieu. Il est évident que cet engagement peut figurer dans la formule du serment prêté par les jeunes gens qui adhèrent à une foi religieuse. Les Éclaireurs de France, souverainement respectueux de toutes les forces morales, n’entendent édicter aucune prohibition. »

On peut considérer que cette affirmation définit ce qui sera, plus tard, la laïcité des Éclaireurs de France, qui s’annoncent, dès l’origine, comme ouverts à tous, croyants ou non, sans aucune « prohibition ». La « promesse alternative » n’est donc pas une invention ultérieure, et le texte de base, ainsi défini dès 1912, n’introduit donc aucune référence religieuse, même s’il ne les rejette pas. Et il semble évident que ce choix a été connu de B.P. et accepté par lui, comme l’atteste la suite de ses relations avec l’Association et ses responsables, en particulier André Lefèvre tout au long des années 20 et 30.

 

Le contenu


Ainsi que nous pouvons en juger d’après la table des matières, le livre est, à la fois, une présentation de l’association et un véritable « manuel de scoutisme » – qui dépasse d’ailleurs très largement le scoutisme proprement dit puisqu’il traite de sujets aussi divers que l’aéronautique, le chemin de fer ou la navigation, mais aussi « les pratiques du tourisme », y compris « comment aller aux colonies ». Cet inventaire situe bien cette émergence du scoutisme dans un monde qui se veut « moderne » et ouvert.

Le titre premier traite de la mission de l’éclaireur, en onze points qui, à partir du serment, évoquent la conscience, la responsabilité, la discipline, la loyauté, la générosité, la cocarde, la belle humeur, la camaraderie, l’honneur et la Patrie. Sur ce dernier point, l’affirmation est claire : « ll faut le proclamer bien haut, c’est en songeant à sa patrie, à sa grandeur, à sa défense, que le général Baden-Powell conçut l’idée première… (…) . C’est le sentiment que la patrie pouvait être menacée, affaiblie, qui créa le Scoutisme ». Scoutisme qui sera utile « si demain le Germain, ou tout autre, tentait de violer notre sol »…

Le titre second traite de « la vigueur du corps », à travers diverses activités, et le troisième des « ressources de l’esprit et l’adresse des mains ». Le quatrième revient à « la générosité du cœur », incluant « les sports de défense » et « soyons bons pour les animaux ». Le cinquième nous installe « devant la nature », le sixième aborde « exercice et jeux des éclaireurs » avec un programme d’instruction, en plaçant « sous la dénomination générale d’instructeurs tous ceux qui participent, à un degré quelconque, à l’éducation et au dressage des éclaireurs ». C’est le dernier chapitre qui traite des pratiques du tourisme.

Et la dédicace

« Mères françaises, nous vous dédions ce livre. Sans vous, nous ne pouvons rien.

Confiez-nous vos fils, nous vous les rendrons meilleurs, plus forts et plus aimants. »

 


 

Église, franc-maçonnerie et scoutisme

Quelques informations sur l'Église et le scoutisme


Pour « l’écorce de bouleau », organe de notre association d'anciens dans la région Poitou-Charentes, Jean Sabaut a réuni quelques extraits des livres « Le Scoutisme – actes du colloque international de 2000 », sous la direction du professeur Gérard CHOLVY et « Baden-Powell » de Philippe MAXENCE journaliste ex SDF, pour essayer de comprendre les relations entre l’église et le scoutisme depuis la création de celui-ci.


Pour essayer de comprendre...


« Pour essayer de comprendre pourquoi l’union des mouvements de scoutisme se fait plutôt mal, lors du centenaire, alors qu’il y a quelques années tout semblait apaisé, il est bon de revoir, au début des années vingt, l’historique de la constitution du mouvement catholique qui détient la majorité en France.

À la lecture du petit texte ci-dessous, on se rend compte de l’incompatibilité théologique du scoutisme et du catholicisme. Le scoutisme a été adopté par l’église, contre son gré, comme moyen de combat contre les « forces du mal » comme dirait Bush !

 

« Scoutisme et Saint-Siège : lignes d’interprétation1 – Un langage et une vision éducative » (Francesco PIERI – Université de Bologne) :


« Parler de la méthode scoute devant l’Église catholique signifie se trouver, dès le premier instant, face au problème classique du “ naturalisme ”. On connaît bien les réactions, souvent dotées d’une vive animosité, qui ont jailli au début du siècle dans les milieux catholiques intransigeants, au regard d’une pédagogie fondée sur la nature. Cette dernière doit être comprise dans une double acception : une ambiance qui sert d’arrière-plan aux activités et un noyau de valeurs morales qui définissent un certain humanisme, en dehors d’un appel constant et explicite à la dimension transcendante ou à la révélation biblique. La critique courante est celle d’un pélagianisme latent, et d’un optimisme pédagogique de la spontanéité, sur les traces de Rousseau. C’est, en d’autres termes, l’accusation selon laquelle la confiance dans le développement de potentialités innées des jeunes (le célèbre “ cinq pour cent ” de Baden-Powell) cache une méconnaissance de la réalité du péché et une réduction conséquente de la nécessité de la grâce. »


On s’aperçoit que le Vatican a été très circonspect, voire hostile au scoutisme ! Mais, sous la pression des grands bourgeois désirant une éducation « à l’anglaise » pour leurs enfants, et comprenant que faute de scoutisme catholique, les autres formes de scoutisme les accueilleraient, le clergé s’engage dans cette voie.

 

Extrait de « Le Scoutisme – Un Scoutisme catholique est-il possible ? » par Christophe Carichon :

 

« La Fédération Nationale Catholique “ Les Scouts de France ” a été fondée avec approbation de l’autorité ecclésiastique, dans le but formel de combattre le scoutisme neutre et le scoutisme protestant et de les empêcher de continuer à se faire des adeptes parmi les jeunes catholiques (...). »

 

P. Sevin (jésuite et fondateur des SDF) ajoute que :


« La désapprobation de notre fédération catholique causerait la joie de la fédération neutre, qui, dirigée par des chefs catholiques, essaie fréquemment de se faire passer pour catholique auprès des parents et prêtres ; de la fédération protestante qui pourrait se développer sans obstacle, et qui reprendrait l’avantage que nous sommes en train de lui faire perdre ; des sillonnistes qui y verraient leur revanche. »


Pour mémoire, signalons que Le Sillon est un mouvement politique et idéologique français, fondé par Marc Sangnier (1873-1950), héritier du Saint-Simonisme. Il vise à rapprocher le catholicisme de la République en offrant aux ouvriers une alternative aux mouvements de la gauche anticléricale. Remarquons que la mère de B.P. fréquente les « Christian Socialists », inspirés par les travaux de Philippe Buchez, disciple de Saint-Simon ; que Vieux Castor, le rénovateur des EDF, était silloniste.

 

Pour des raisons similaires, l’expérience des prêtres ouvriers est arrêtée par le pape Pie XII. C’est Paul VI qui autorise à nouveau aux prêtres le travail dans les chantiers et les usines. C’est, semble-t-il, une lutte continuelle entre modernistes et intégristes. Après le concile Vatican II et les rapprochements ostentatoires avec les autres religions, on a eu l’impression que la paix régnait et que les guerres « laïques / jésuites » n’étaient plus qu’un souvenir historique. D’autant que des responsables catholiques, cardinaux et évèques vantaient les mérites de la laïcité.

 

Avec Benoît XVI, et le rapprochement avec les intégristes, tout ceci semble remis en question. Les SDF qui avaient refusé, en 1994, sur invitation de Mgr Lustiger, le rapprochement avec les Scouts d’Europe, font maintenant cause commune avec eux. C’est un changement important. (…)

 

Ces réflexions ne mettent pas en cause l’authenticité du scoutisme qu'on pratiqué les garçons et les filles, SDF ou GDF, très loin des considérations théologiques ou politiques du Vatican ou d’autres.

 

Quelques commentaires :

 

Jean Sabaut nous donne une analyse très intéressante de l’évolution des relations entre Scoutisme et Église catholique, pas très éloignée de l’historique proposé par Jean-Jacques Gauthé dans un autre article.

Il est important de constater que le Père Sevin voyait un danger dans le développement d’un scoutisme « neutre » ou protestant, accusant même les EDF de recruter sous couvert de catholicisme, reproche qui ne semble pas très étayé par des faits : l’affirmation de « laïcité » qui est permanente dans les écrits d’André Lefèvre est claire, elle est le refus du sectarisme et de l’endoctrinement de la jeunesse, elle est affichée dans tous les documents émis par le Mouvement.


Jean-Jacques Gauthé nous apporte un complément...

 

À partir de notre voisin belge...


Notre site a traité successivement, à partir de documents qui nous avaient été communiqués, des débuts en France du scoutisme catholique après une longue période de rejet, d’une part, et, d’autre part, de « scoutisme et franc-maçonnerie ». Jean-Jacques Gauthé, fidèle contributeur, vient de nous faire passer le texte d’un article qui présente un « pont » entre ces deux thèmes, dont il nous a paru intéressant de diffuser de larges extraits.

 

Ce lien entre deux apports « historiques » est d’autant plus utile, dans cette étape de préparation de notre centenaire, qu’il met en évidence, également, le parallélisme des réactions – et des réflexions – entre la Belgique et la France, deux pays à majorité catholique. On peut constater une première période de rejet absolu, associant scoutisme, franc-maçonnerie, judaïsme et protestantisme, étayée par des prises de position de hauts dignitaires de l’Église, puis un début de réflexion joliment illustré : « Je sais qu’un dignitaire très haut placé de l’Église le juge (le scoutisme) comme un champignon vénéneux poussé sur le fumier des Loges. Faut-il en cultiver une espèce non vénéneuse et comestible ? » et, finalement, l’acceptation de la méthode scoute et la création de puissants mouvements catholiques, apparemment à partir d’expériences menées en Belgique.

 

Merci à Jean-Jacques Gauthé d’avoir autorisé la publication de ces extraits. Bien évidemment, notre site est prêt à accueillir tous les compléments ou commentaires qui permettraient d’enrichir ce thème.

 

À titre d'illustration : deux caricatures de l'époque, extraites de l'ouvrage présenté par le chapitre suivant.

 

Le scoutisme est bon pour les francs-maçons :

 

et pour les protestants :

… et nous autorise à reproduire un grand article sur ce sujet :

 

Baden Powell of Gilwell ? Un homme dangereux. Motif : il a inventé le scoutisme ! Une institution inutile et dangereuse, voire « pire que les soviets », pour ses plus ardents détracteurs. Au début du XXe siècle, échaudés par les luttes qui les opposent à l’Etat...


Le scoutisme, école initiatique inventée par un général franc-maçon ?


Article paru dans le numéro 7 de mai 2001 du trimestriel « Histoire du Christianisme Magazine »

Auteur : Jean-Jacques Gauthé, animateur régional Nord-Pas-de-Calais des S.D.F., branche scouts de 1982 à 1989, coreg adjoint de la région scoute Nord-Pas-de-Calais de 1990 à 1997.

Animateur de 1907, réseau interdisciplinaires de recherches sur le scoutisme et les mouvements de jeunesse.

Animateur national Réseau des Parents et Amis

 

Lord Baden Powell of Gilwell ? Un homme dangereux. Motif : il a inventé le scoutisme ! Une institution inutile et dangereuse, voire « pire que les soviets », pour ses plus ardents détracteurs. Au début du XXe siècle, échaudés par les luttes qui les opposent à l’Etat, beaucoup de catholiques français ne voient dans le scoutisme qu’une invention protestante et franc-maçonnne. Bref, une école initiatique pour les enfants et les adolescents.

 

« Nous supplions nos amis de repousser énergiquement cette société, les Éclaireurs de France qui n’est qu’une franc-maçonnerie déguisée pour enfants. (...) Nous adjurons nos amis qui seraient invités à souvenir cette œuvre de la combattre énergiquement (...) Leur but, celui des fondateurs du scoutisme, est d’enlever l’adolescence à l’Église catholique et de préparer des générations de futurs francs-maçons. » C’est en ces termes inquiets que la revue catholique « L’Idéal » présente le scoutisme dans son numéro d’octobre 1912.

 

Cet article n’est que l’un de la multitude de ceux qui vont être publiés sur ce sujet entre 1911 et 1914, dans pratiquement toute la presse catholique. Dans la dénonciation du scoutisme, les Semaines religieuses, hebdomadaires publiés par les évêques, seront souvent à l’avant-garde du combat. C’est l’une d’entre elles, la Semaine religieuse de Cambrai, dirigée par Mgr Henri Delassus, infatigable dénonciateur de la conjuration antichrétienne, qui le 21 octobre 1911, publie le premier article dénonçant le scoutisme. La Semaine religieuse ne cache pas l’origine de ses informations sur le scoutisme : il s’agit d’articles publiés par la Correspondance de Rome. Ce bulletin est l’organe de la Sapinière 1, actif réseau intégriste, qui depuis Rome combat par tous les moyens les ennemis de l’Église ou ceux qu’il juge tels. Jusqu’à sa disparition, fin 1912, la Correspondance de Rome ne mentionnera pas moins de dix-sept fois des articles hostiles au scoutisme publiés dans la presse en France, en Belgique, en Allemagne, au Canada, aux États-Unis.

 

L’Agence internationale Roma qui succédera à ce bulletin continuera à publier jusqu’en 1914 de nombreuses dépêches de dénonciation du scoutisme dans le monde entier, des Philippines à l’Uruguay. La presse catholique va abondamment reprendre ces informations. Plusieurs évêques prennent officiellement position contre le scoutisme.

 

Ainsi, Mgr Gieure, évêque de Bayonne, publie, le 10 mai 1914, dans son bulletin diocésain, une circulaire de seize pages. À l’occasion des boy-scouts qu’il qualifie « d’institution suspecte, dangereuse, inutile, réprouvée par l’Eglise ». Mgr de Cormont, évêque d’Aire-et-Dax, consacre tout un développement condamnant le scoutisme dans son mandement de Carême 1913. Plus d’une trentaine d’autres Semaines religieuses publieront ou reproduiront des textes hostiles au scoutisme. Les congrès diocésains des œuvres de jeunesse vont aussi le dénoncer vigoureusement.

 

Le dieu de Baden-Powell

 

La principale critique faite au scoutisme par les catholiques est sa neutralité religieuse. Baden-Powell (1857-1941), général anglais inventeur de cette méthode éducative en 1907, est, circonstance aggravante pour eux, protestant. Certes, l’un des buts du scoutisme est la découverte de Dieu. Mais le dieu de Baden-Powell est plus une divinité supérieure que celui d’une religion déterminée. D’autre part, les membres des Unions chrétiennes de jeunes gens2 sont des promoteurs actifs du scoutisme en France. Et dès fin 1911, une association de scoutisme protestant, les Eclaireurs unionistes, a été fondée. Ne s’agit-il pas d’une tentative de prise de contrôle-le de la jeunesse catholique par les protestants ?

Parallèlement aux Eclaireurs unionistes, deux autres associations ont été fondées à la même époque, la Ligue d’éducation nationale et les Eclaireurs de France. Celles-ci sont neutres au plan religieux, par volonté d’union nationale. Elles se veulent ouvertes à tous les jeunes français, quelle que soit leur religion. Et elles les encouragent à la pratiquer. Un certain nombre de catholiques font de plus partie du comité directeur des Eclaireurs de France aux côtés de personnalités d’autres sensibilités. Mais pour les catholiques d’avant 1914, neutralité religieuse signifie opposition au catholicisme. Dans le passage de son mandement sur le scoutisme, Mgr de Cormont n’hésite pas, à propos de la neutralité, à citer l’Évangile : « Qui n’est pas avec moi est contre moi. »

 

Certains aspects étranges du scoutisme choquent également les catholiques : « Afin de se reconnaître entre eux et de distinguer les grades, les patrouilles, il existe tout un code de signes secrets, d’habillements divers, d’insignes, de cris d’animaux qui semblent bien puérils (...) et ont un vague relent de franc-maçonnerie », affirme la Correspondance de Rome. L’uniforme scout, inspiré de celui du corps de police créé par Baden-Powell en Afrique du Sud en 1900, apparaît d’une grande étrangeté ainsi que les cris de reconnaissance « des patrouilles » (unité de base de la troupe scoute). Et les trois grades du scoutisme (aspirant à la promesse, scout de 2e classe, de 1re classe) qui permettent à l’enfant de mesurer sa progression personnelle ne sont-ils pas un démarquage des trois grades maçonniques d’apprenti, compagnon et maître ?

 

Apprenti franc-maçon

 

La promesse scoute, engagement de l’adolescent à suivre la loi scoute, code moral en dix articles, apparaît tout aussi suspecte. Qu’est-ce que ce serment qui n’évoque pas Dieu, au moins chez les Éclaireurs de France et à la Ligue d’éducation nationale ? Ce serment n’est-il pas celui d’une obéissance passive envers les chefs scouts ? N’y a-t-il pas un parallèle avec le serment fait par l’apprenti franc-maçon ?

 

Enfin, la place que le scoutisme accorde à la nature semble bien suspecte aux catholiques. N’est-ce pas tout simplement du naturalisme, courant philosophique s’opposant à l’existence de Dieu. Pour nombre de catholiques, ces éléments signifient clairement que le scoutisme est contre les catholiques puisque créé à côté d’eux. De plus, ceux-ci rappellent que le pape Léon XIII dans son encyclique du 20 avril 1884 Humanum genus a condamné la franc-maçonnerie et les sociétés secrètes. Or, celles-ci sont celles où il y a la loi du secret et le serment de ne rien révéler. Donc, on retrouve dans le scoutisme une partie des éléments qui caractérisent les sociétés secrètes condamnées par l’Église.

 

La situation des catholiques dans la société française d’avant 1914 explique largement ces prises de position. Depuis les lois contre les congrégations et surtout la loi de séparation des Églises et de l’État de décembre 1905, l’Église catholique a le sentiment d’être attaquée sur tous les fronts. Et c’est un fait que les anticléricaux et les francs-maçons ne lui font aucun cadeau. Les associations anti-maçonniques, souvent liées au monde catholique, sont d’autant plus actives que le pape a officiellement condamné la franc-maçonnerie.

 

L’Église réagit donc avec une mentalité de forteresse assiégée. Dans le combat qu’elle mène contre les forces du mal, la jeunesse représente un enjeu important. Si un général anglais a créé une nouvelle structure un peu étrange pour la jeunesse, religieusement neutre, encouragée par les protestants, c’est bien qu’il s’agit de faire contre-poids à la puissante fédération des patronages catholiques, la Fédération gymnique et sportive des patronages de France (FGSPF) crée en 1898 qui regroupe trois cent mille jeunes.

 

Écho dans l’Église

 

À partir de ces éléments, les associations de lutte contre la franc-maçonnerie vont rivaliser dans la polémique contre le scoutisme. Leur discours va trouver un écho dans l’Église avant 1914 et se prolongera jusqu’à la fin des années 30. Les révélations les plus étonnantes se succèdent : c’est le convent maçonnique3 de septembre 1909 qui a décidé de la création des Éclaireurs de France. Ce qui n’est pas étonnant puisque Baden-Powell est un franc-maçon de haut grade. De plus, parmi les membres du bureau de la Ligue d’éducation nationale, se trouvent « un juif, trois francs-maçons dont l’affiliation maçonnique est certaine et deux membres éminemment suspects d’affiliation maçonnique ». Des polémistes incisifs, tels Paul Copin-Albancelli, Joseph Santo, avant 1914, Mgr Ernest Jouin ou l’abbé Paul Boulin, après 1920 vont multiplier brochures et articles.

 

En 1921, Mgr Jouin découvre ainsi que le scoutisme est l’un des éléments du complot juif contre la chrétienté. En 1924, l’abbé Boulin signale gravement : « Les Soviets font peur. Un danger plus pressant parce que plus subtil, c’est le boy-scoutisme dont personne ne s’alarme. » En 1924, un religieux lié à la Sapinière prépare un dossier très argumenté  en vue d’aboutir à la condamnation du scoutisme par Rome. Il tente de démontrer comment le scoutisme n’est qu’une création de la Société théosophique, organisation ésotérique empruntant au bouddhisme et à la franc-maçonnerie. La tentative échouera mais inquiétera vivement les scouts catholiques.

 

Action Française


La méfiance de l’Église vis-à-vis du scoutisme explique qu’il faut attendre 1920 pour qu’un mouvement de scoutisme catholique, les Scouts de France, puisse se créer. Les changements d’évêques qu’induiront le renouvellement des générations et la condamnation de l’Action française en 1926 permettront de rattraper le retard initial et un développement rapide du scoutisme catholique en France.

 

Deux exceptions notables doivent toutefois être notées : celle du Sillon et celle du diocèse de Nice. Marc Sangnier, fondateur du Sillon, prend en effet très tôt nettement position en faveur de la création de scouts catholiques. « Il me semble que les catholiques auraient mieux à faire que de critiquer et de rejeter en bloc l’institution des boy-scouts. Pourquoi n’y aurait-il pas des boy-scouts catholiques ? », écrit-il dans un éditorial de son quotidien La Démocratie le 28 avril 1912 intitulé Boy-scouts catholiques. Ce journal présente avec sympathie le scoutisme et l’engagement des catholiques en son sein. C’est ainsi qu’il détaille longuement la création à Nice d’un groupe de scouts catholiques au sein d’un patronage catholique animé par des prêtres proches du Sillon. En juillet 1913, ce groupe se constitue en association sous le nom d’Éclaireurs des Alpes. Dès janvier 1914, il regroupe cent cinquante jeunes à Nice et s’organise dans tout le diocèse, appuyé par l’évêque, Mgr Chapon, évêque proche du Sillon. La Semaine religieuse de Nice rend compte également avec sympathie de leurs activités. Enfin, dans un certain nombre de villes (Montélimar, Avignon, Sète, Paris, Mâcon...), des initiatives locales de jeunes catholiques ou de prêtres, souvent liés au Sillon, sans coordination entre eux, tendent à créer des scouts catholiques dès avant 1914. Ce n’est qu’après 1920 que leurs efforts seront couronnés de succès. C’est donc dans les milieux catholiques les plus avancés que l’idée d’un scoutisme catholique chemine dès avant la Première Guerre mondiale.

 

Vénérable de la loge

 

L’idée du scoutisme constituant une franc-maçonnerie pour enfants a donc semblé relever du fantasme... jusqu’au jour où un scout franc-maçon publie des textes allant dans ce sens. En effet, en 1938, la revue maçonnique La Chaîne d’union publie un texte de Pierre Deschamps, commissaire Éclaireurs de France, vénérable de la loge Les Amis du Travail du Grand Orient de France, analysant précisément les points communs entre scoutisme et franc-maçonnerie. En 1952, il revient sur le sujet, toujours dans le même sens, en publiant dans cette revue un autre texte sous le pseudonyme maçonnique de Ben-Hiram. « Quand un franc-maçon s’intéresse au scoutisme, il ne fait que veiller sur la croissance d’un enfant dont les liens de parenté avec la franc-maçonnerie sont certains et que les adversaires de notre Ordre voudrait lui ravir », écrit-il. Il remarque de nombreuses analogies entre la franc-maçonnerie et le scoutisme et définit celui-ci comme une société préinitiatique. Les deux méthodes emploient des gestes rituels et des symboles communs, telle la chaîne d’union4. Mais surtout, la méthode de formation du caractère du scoutisme s’apparente à la méthode ésotérique de la franc-maçonnerie : nul ne s’initie réellement que par lui-même. La promesse scoute est considérée comme le début d’une initiation. Quant à la place de Dieu dans le scoutisme, elle est très comparable à celle qu’elle a dans la franc-maçonnerie britannique : Dieu est indispensable mais chacun adore le sien. D’autre part, le scoutisme et la franc-maçonnerie se définissent tous deux comme des fraternités mondiales animées du désir de servir. Et Deschamps revendique la qualité de franc-maçon de Baden-Powell.

 

Il pourrait être tentant de voir dans ces textes un phénomène marginal aujourd’hui dépassé. Or, dans les pays anglo-saxons, des loges de francs-maçons scouts existent très officiellement. C’est le cas notamment en Grande-Bretagne, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud, au Canada.

 

Compas et fleur de lys

 

Rassemblant des cadres ou des anciens du scoutisme et des maçons s’intéressant à la jeunesse, ces loges combinent dans leur emblème l’équerre et le compas maçonniques avec la fleur de lys du scoutisme. Leurs noms font généralement référence à des éléments du scoutisme : la boussole, la fleur de lys, le foulard, voire à Baden-Powell lui-même. Celui-ci, toutefois, n’était pas franc-maçon quoiqu’il ait pu être dit ou écrit. C’est pourquoi aucune loge scoute anglaise ne porte son nom. Cet usage n’est toutefois pas suivi dans les autres pays. La première loge scoute a été créée le 29 septembre 1930 en Australie, à Victoria. Elle prit le nom du fondateur du scoutisme et fût baptisée Baden-Powell Lodge 488. Baden-Powell lui a rendu visite le 12 mai 1931 et a dédicacé le volume de la Loi sacrée de la loge en y notant : « Avec les meilleurs vœux pour le succès de la loge dans son bon travail, Baden-Powell of Gilwell. » Son petit-fils David Michael Baden-Powell est membre de cette loge. En juillet 1944, la première loge de ce type a été créée en Grande-Bretagne. Les activités de ces loges scoutes peuvent facilement être suivies sur Internet.

 

Le scoutisme, une franc-maçonnerie pour enfants et adolescents ? Le débat ne présente plus aujourd’hui qu’un intérêt limité. Mais avec le recul, il est manifeste qu’un certain aspect ésotérique existe dans le scoutisme. Des francs-maçons y ont (ont cru ?) retrouvé une partie de leur spiritualité. Mais, bien évidemment, le scoutisme n’a pas été créé par la franc-maçonnerie pour combattre l’Église catholique ou protestantiser la jeunesse. Dans les deux cas, des jeunes ou des adultes se sont rassemblés pour, à la fois, venir en aide aux autres et pour se développer sur le plan personnel. Il n’est donc pas étonnant que malgré leurs différences, leurs routes comportent un tronçon commun.

 

1 Fondé en 1907 par un prélat de la curie romaine, Mgr Benigni, ce réseau secret international antimoderniste a beaucoup frappé les imaginations. Regroupant une centaine de membres en Europe, il lutte contre tous les adversaires de l’Église et constitue le noyau de l’intégrisme catholique jusqu’à sa disparition en 1921. Utilisant une correspondance codée, diffusant La Correspondance de Rome jusqu’en 1912, puis les dépêches de l’Agence internationale Roma et Les Cahiers Romains, la Sapinière est soutenue par le pape Pie X. Elle entretient des polémiques impitoyables avec ses adversaires, notamment les catholiques libéraux. À partir de 1911, elle mène un combat incessant contre le scoutisme naissant. « Quant au bar anglais (le scoutisme dans le langage codé de la Sapinière), il faut lui faire une guerre sans pitié (...) mais avec beaucoup d’adresse », affirme une correspondance de Mgr Benigni du 3 février 1913. Cette campagne aura de nombreuses retombées dans les milieux catholiques.

 

2 Les Unions chrétiennes de jeunes gens (UCJG) sont un grand mouvement international de jeunesse protestant créé en 1855.

 

3 Assemblée générale de francs-maçons.

 

4 Les bras croisés devant lui, chaque scout (ou franc-maçon !) donne la main à ses voisins au moment de la fin d’un rassemblement, ce cérémonial s’accompagnant en général du chant des adieux. Elle symbolise l’union fraternelle autour du monde.

 

Questions :

  • A-t-on idée des dates d’autorisation de scoutisme catholique par diocèse ?
  • Y a-t-il eu des évêques qui ont tout d’abord refusé le scoutisme puis accepté après la reconnaissance du Pape ou a-t-il fallu systématiquement que les évêques changent pour que les SdF s’installent ?

Réponse de Jean-Jacques Gauthé :

 

Les évêques sont canoniquement seuls responsables dans leur diocèse. Ce n’est pas parce que le Pape encourage le scoutisme, ce que fait Pie XI dès le début de son régne (1922), que les évêques opposants changèrent d’avis. Le réglement des SDF précisait d’ailleurs que les troupes ne pouvaient être créées dans les diocèses qu’avec l’accord de l’évêque.

 

La génération des évêques qui s’opposa au scoutisme avait souvent été nommée par Pie X. Il fallut souvent attendre leur départ. D’après le « Que Sais-Je ? » de Henri Van Effenterre sur le scoutisme, le dernier diocèse – il ne précise pas lequel – n’admit le scoutisme qu’en 1943. Il s’agit donc certainement d’un diocèse du sud de la France, puisque le scoutisme était interdit au Nord par les Allemands.

 

Le livre de l’abbé Lenoir « Le scoutisme français » paru en 1937 donne la liste des diocèses où les SDF ont des aumôniers diocésains. Cinq n’en ont pas : Cahors, Coutances, Mende, Pamiers et Nantes.

 

Le cas du diocèse de Nantes est exemplaire. Dès 1925, le scoutisme catholique s’y implante. L’évêque est Mgr Le Fer de La Motte, intransigeant proche de l’Action française, qui ne veut pas entendre parler des Scouts de France. Ceux-ci se livrent alors à une étonnante opération. Puisque leur réglement leur interdit de se créer dans un diocèse sans l’accord de l’évêque, il suffit de créer des SDF... qui n’en soient pas. Et dès 1925, ils créent à Nantes l’association Saint-Louis, association de scouts catholiques, copie conforme des SDF. Ce n’est qu’en 1938 que l’association St-Louis intégre les rangs des SDF. Mgr Le Fer de la Motte était décédé le 20 juillet 1936.

 

La même opération eut lieu dans le diocèse de Bayonne où avant que les SDF ne s’implantent officiellement vers 1927-28, en raison de l’opposition de l’évêque, les Scouts du Béarn, « clones » des SDF furent crées. À Coutances, c’est Mgr Louvart qui s’opposa au scoutisme. Il ne semble pas qu’une association « clone » y fût créée. À vérifier, toutefois.

 

L’histoire « officielle » des SDF, pour des raisons diplomatiques, a gommé ces difficultés. Il faudrait avoir des études locales sur toute la France pour apprécier exactement la situation, ce qui n’existe pas encore. Des maîtrises d’histoire peuvent parfaitement remplir cette fonction. Le site de l’association 1907 Histoire-du-scoutisme répertorie toutes celles qui existent. Avis aux amateurs !

 

La nouveauté du scoutisme, son origine étrangère et son caractère bizarre (totems, vie dans la nature…) ont rebuté plus d’un évêque. Mais il ne faut pas oublier aussi que dans l’Église « le dernier venu est souvent le mal venu » comme l’a écrit le professeur Cholvy. Bien des années plus tard, les mouvements charismatiques se heurteront souvent aux mêmes genres de réactions dans les diocèses lors de leur apparation !

 

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Pour en terminer avec cette rubrique : à noter qu’un certain nombre d’intégristes continuent de rejeter le scoutisme. C’est le cas de l’abbé Grossin qui est l’auteur d’une brochure intitulé « Scoutisme et théosophie » et qui affirme « Le scoutisme est une grande œuvre maçonnique de destruction et de pénétration du catholicisme et de l’esprit catholique. » sur le site « Gesta Dei Francos », rubrique « crise de l’Église / Scoutisme : pourquoi une telle tolérance ? ». Et sur le forum du site « Novusordoseclorum »,  « Anti Nouvel ordre Mondial », un long article du Marquis de la Franquerie traite d’un ensemble de sujets liés à des sectes « manœuvrées secrètement par le pouvoir occulte » : les drogues hallucinogènes, le yoga, le Rotary, l’expression corporelle et… le scoutisme.