2019 : Odile Victor, « Tupeenou », vient de nous quitter…

Ven08Nov201910:20

2019 : Odile Victor, « Tupeenou », vient de nous quitter…

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Hommage d’Alice Bonnahou (Rainette), une des premières cheftaines de l’équipe d’Odile Victor à Tarbes.

(Texte d’Andrée Mazeran-Barniaudy)

 

 

 

C’est au nom de l’association des Éclaireuses Éclaireurs de France que je voudrais apporter ce témoignage. Andrée Mazeran, ancienne responsable nationale du Mouvement, amie d’Odile Victor depuis 70 ans, ne peut pas être présente. Ensemble, nous évoquons notre amie commune.

 

 

 

Pour la « cérémonie » de son centenaire, organisée par Andrée, devant des responsables éclaireurs venus de toute la France, Odile Victor retraçait son passé :

 

« J’ai construit mon parcours dans la relation et la communication avec les autres. J’ai essayé de créer des liens. Mais l’acte fort de ma vie fut l’adhésion aux Éclaireurs de France. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’enfance et la jeunesse perdues, désorientées, avaient besoin d’encadrement pour retrouver la confiance et le sens de la solidarité. Des responsables du scoutisme ont répondu à cet appel. J’étais enseignante, j’ai adhéré aux E.D.F., Mouvement laïque, et j’y ai trouvé un nouveau sens à ma vie… et, depuis, les lignes porteuses du Mouvement sont devenues le pivot de ma vie professionnelle et personnelle.

 

Et si j’avais à recommencer ma vie, je la revivrais semblable, pour tout ce que j’ai découvert et aimé. »

 

 

 

 

Odile a, durant toute sa vie active et même au-delà, à la retraite, assumé des responsabilités dans le Mouvement. Elle a été, pendant de longues années, cheftaine de louveteaux à Tarbes. Quittant son bureau de proviseur, elle enfilait l’uniforme et partait à travers la montagne avec les enfants. Elle a eu des responsabilités régionales, nationales, internationales. Ses week-ends, ses vacances scolaires étaient consacrés à des réunions à Paris, à des stages en France, en Afrique, à des stages franco-allemands…

 

Elle était aussi à l’aise dans le lancement d’un grand jeu avec les enfants de dix ans que dans les débats en Assemblée Générale. On pouvait la trouver aussi assumant avec une parfaite maîtrise le balayage d’une salle ou le nettoyage d’un lavabo. Avec une simplicité impressionnante, la grande intellectuelle s’adaptait à toutes les tâches, toutes les tâches avaient leur noblesse pour elle.

 

Elle savait que son action pédagogique auprès des jeunes, auprès des cadres, s’inscrivait dans la formation civique, un des principes de l’association. Cette formation à la citoyenneté était, pour Odile Victor, indissociablement liée à l’éducation en commun des filles et des garçons. Avec détermination et clairvoyance, elle a été la première dans le Mouvement à créer, en 1948, une meute mixte : la coéducation des filles et des garçons était lancée !

 

 

 

Odile a été, pour tous ceux qui l’ont côtoyée, un exemple de générosité, de dévouement, de rigueur, de modestie, une référence en pédagogie.

 

 

 

Et, dans ses années d’automne, Odile a eu le mérite de prolonger cet exemple de militante, de ne jamais abdiquer, d’avancer par la force de sa volonté, de garder, malgré les ans, la même droiture, la même capacité de distanciation, la même alacrité mis aussi la même sensibilité, la même émotion, le même émerveillement devant la vie, en un mot la même jeunesse. Elle a eu le mérite d’être unique.

 

 

 

Et les reflets qu’elle laisse sur nous sont impérissables.

 

Au nom du Mouvement, je te dis : merci, Odile !

 

 

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