1960 : la Maison des Copains de la Villette

Jeu13Jan201108:43

1960 : la Maison des Copains de la Villette

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Cette contribution de Roland Morteveille, ancien responsable E.D.F., raconte une action d'"éducation populaire" menée dans les années 60 à Paris. Comme dans le cas des déficients auditifs, elle a nécessité un "prolongement" par la création d'une association spécialisée, issue du scoutisme laïque, mais bien dans l'esprit du militantisme et de l'engagement de notre Mouvement.

 

Au début des années 1960 le Groupe EEDF Pierre Déjean, implanté sur les XIX° et XX° arrondissements de Paris, avec pour centre géographique la Place des Fêtes, sur les hauts de Belleville, comptait au nombre de ses responsables René Laurent, Chef de groupe, Philippe July, Chef de troupe, et moi-même, adjoint chargé de la gestion administrative.

Philippe July donnait en outre des cours de judo (il était ceinture noire) dans une Maison de Jeunes implantée à la Porte de la Villette, sur l’ancienne zone des fortifications. Le local mis à la disposition pour cette Maison était un baraquement en bois, ancien poste d’octroi de la Ville de Paris.

Philippe nous annonça un jour que cette Maison allait fermer, l’association gestionnaire trouvant trop difficiles les jeunes qui la fréquentaient. Ils venaient d’une part de groupes d’HBM (habitations à bon marché), ancêtres des HLM, construits avant la dernière guerre à proximité des anciens abattoirs de la Villette, et d’autre part de la commune d’Aubervilliers, Il était vrai que ces jeunes étaient « à problèmes », certains déjà délinquants ou pré-délinquants,  et que certaines des activités qui leur étaient proposées les laissaient sur leur faim…

Philippe se refusait à cet abandon, et sollicita notre aide. Nous étions de son avis quant au fait que nous ne pouvions pas accepter cette fermeture, et d’autre part conscients que ces jeunes ne pourraient s’intégrer à la structure, à l’esprit et aux activités traditionnelles des EEDF.

Nous en parlâmes alors à l’échelon national (à René Duphil me semble-t-il),  qui accepta de nous aider financièrement à poursuivre l’activité, en employant Philippe July à mi-temps, le matin, dans les bureaux du 66 Chaussée d’Antin. Des démarches furent parallèlement menées auprès de l’organisme jusqu’alors gestionnaire, qui voulut bien plaider notre cause auprès de l’Administration Municipale de Paris pour que la mise à disposition du local soit officiellement transférée aux EEDF, ce qui fut fait.<